04.01.2009
Popeye, mais tu veux quoi, là?
- "Albert! Fénelon! Continuons notre apprentissage par les marins!" (je me force à prendre un air...euh...primesautier, oui, voilà, primesautier)
- Mais pourquoi? (c'est peu dire que de toute façon ils sont pas emballés, déjà les bulles ça les a bien saôulés)
-Parce que c'est comme ça! Parce que mon papa était marin! Parce que dans Le Monde ce soir il y a une page entière sur Popeye, je vous jure! Parce que son image est tombée, non pas de l'éventail, mais dans le domaine public -misère, on s'en fout! -Et voilà! na! D'accord les gars?
Et donc c'est parti. Après les bulles, les marins.
3 marins. Popeye. Haddock (capitaine). Et Corto (insupportable aventurier cher au coeur des jeunes hommes, identification, tout ça, ennuyeux au possible, bref)
- Pas de femmes? demande Albert
- Malheureux! les femmes à bord portent malheur! Bon, donc Popeye.Ceci dit Popeye a une femme qui s'appelle Olive.
- Putain, c'est chiant, je m'en doutais, soupire Fénelon.
(En plus, il a donc une gastro, c'est Solko qui m'a soufflé ça, ça n'arrange pas son humeur. A Fénelon. Pas à Solko. Suivez. Merci.)
Mais moi je continue. J'en ai vu d'autres. Fénelon, s'il te plait, écoute quand même la devise de Popeye: "Je suis ce que je suis et c'est tout ce que je suis". ("I am what I am and that's all what I am")
Hein, c'est pas beau ça?
Fénelon hausse un sourcil.
Bon. Popeye est né dans the New York Journal en 1919 (il apparait comme un personnage secondaire) et en 1931 il donne son nom tous les jours à ses aventures + une page en couleurs le dimanche.
Il a l'oeil crevé (pop eye) et c'est le héros du peuple, toujours prêt à défendre la veuve et l'orphelin et à en découdre physiquement (moi j'aime bien!).
"Et il mange des épinards" ajoute Albert. (Faut toujours qu'il fayote un peu, lui)
Fénelon regarde Albert avec commisération.Et déclare :"C'est vraiment très très chiant".
(Zut, je suis d'accord!)
Comment faire pour rendre Haddock et Corto un peu attrayants?
En plus je n'ai pas le temps d'y penser, je retourne à la lecture du Soulier de satin, c'est pour ça que je n'y suis pas, là!
A part cette lecture, - et je me garderai bien d'en parler- tout m'indiffère. En fait.
00:30 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : popeye, soulier de satin, claudel, fenelon, thibaudet, corto maltese
29.12.2008
2008: quelle belle année! (l'heure des bilans a sonné)
Janvier: le 7, Fénelon est mort à Cambrai, je ne porte pas le deuil longtemps, dès le 10
il sonne chez moi, et m'apporte délicatement un boa en cygne rose que je suis un peu
obligée de porter autour du cou (il gratte) quand nous dinons en ville. Jacques, toujours
gracieux, qui a fondé l'Ecole de la Cause Freudienne ce même mois de janvier m'a dit:
"Et en plus, il est moche" (le boa)
Février: le 12, Alfred a été élu à l'Académie Française; il adore, sauf "supporter ce raseur
d'Erik Orsenna". Ah ben tant pis pour lui! Donc je lui ai dit: "Alfred, tu l'as bien cherché,
maintenant faut assumer!" Sa hantise c'est aussi que Noël Mamère le repère, à cause de
l'habit vert. C'est que du souci, d'être à l'Académie.
Mars: le 14, Honoré a épousé Madame Hanska, je suis ravie, enfin l'amour triomphe.
Chut, laissons-les s'aimer.
Avril: le 1er, exquis poisson, Albert, sacré farceur, est né. Le 8, François-René a embarqué
pour l'Amérique, ce snob ne prend jamais l'avion depuis que le Concorde ne vole plus. Il prétend
qu'il n'a aucune chance de rencontrer Naomi Campbell sur un vol ordinaire, seulement des Atala
ou des René en tong et survêtements marqués I love New York ou Yes we can , donc ça l'intéresse
pas. François-René mon grand, fais attention, le monde a changé.
Mai: chic, Gustave est rentré de son voyage en Orient.On va pouvoir reprendre nos parties de
scrabble (endiablées)
Juin: le 16, Jacques qui participe au Veme symposium international sur Joyce, a prononcé
une célèbre (et courte!) et très inspirée allocution "Joyce le symptôme", en hommage à
celui qu'il considère comme un génie. Depuis, il estime acquis de se resservir 3 fois
de charlotte au chocolat et se montre exécrable avec ses camarades. Un bien mauvais exemple.
A méditer.
Juillet: tout le monde part en colonie de vacances
Août: l'éventail a vu le jour, le sort de l'humanité en sera changé. Mais pas celui de "l'Humanité"
( 532ème souscription). Ceci dit, c'est aussi un peu la fin des haricots. On sait pas. C'est brouillon
tout ça.
Septembre: comme tous les écoliers, Victor reprend le chemin de l'école et écrit quelques
sublimes Contemplations respectant le programme, maths, grammaire, etc:
"Marquis, je m'en souviens, vous veniez chez ma mère.
Vous me faisiez parfois réciter ma grammaire;
Vous m'apportiez toujours quelque bonbon exquis;
Et nous étions cousins quand on était marquis.
Vous étiez vieux j'étais enfant;...."
Octobre: le 7, Bob, le cousin de Robert Louis Stevenson vient habiter chez sa famille et devient
un merveilleux compagnon de jeux pour lui. Ensemble ils inventent mille histoires, portent des
lanternes, chassent des trésors, montent sur un âne, font les foufous.
Novembre: le 9, Jacques-Bénigne écrit son "Sermon sur l'Unité de l'Eglise". L'impact est immédiat:
numéro 1 des ventes à la fnac et chez virgin. Ce succés tapageur lui monte à la tête, ça ne lui
suffit pas, il cherche querelle à Fénelon, il se conduit comme un con. (je ne lui pardonnerai jamais
de toute façon)
Décembre: le 12, George est partie avec Alfred à Venise, je leur ai dit: "c'est ballot: à Noël tous les
hôtels vont être complets". "Bah, a dit George, n'importe quoi plutôt que se farcir le réveillon avec
mes beaux-parents" .Encore un bel exemple pour la jeunesse, tiens.
(tous les jours de l'année sont exacts.Dingue, non? L'éventail montre ainsi son indiscutable sérieux
scientifique. A l'heure où tous les repères s'effondrent)
15:00 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : fénelon, balzac, thibaudet, chateaubriand, lamartine, george sand, musset
19.12.2008
Habillée pour l'hiver ?
J'ai beau empiler les crinolines les unes sur les autres, j'ai de plus en plus froid.
J'ai froid, j'ai froid, c'est comme ça.
Et c'est pas la fréquentation d'Albert T. qui va me réchauffer, avec son CDD
chez Picard Surgelés.
D'ailleurs on est un peu brouillés le cygne rouge et moi, depuis qu'il, comme il
dit "tient" un blog, -il le tient bien- le sien, je vous rappelle son nom: "La république
des cygnes rouges" .
- Tu m'excuseras, mais j'ai d'autres chats à fouetter que bavasser avec toi" m'a-t-il dit.
- Ah?
- Je construis mon système d'archives, répond très sérieusement le cygne.
- Ton système d'archives?! Mais euh, t'as juste écrit deux billets et tu n'as pour l'instant
qu'un commentaire, Albert!
- Moi je construis, toi tu dis n'importe quoi, chacun ses choix !
Bon. Dont acte.
Après j'ai pleuré dans les cabinets car le dont acte, ça se fait pas comme ça, rigolez pas.
Fini le Albert qui faisait le foufou.
Bon. Dont acte je vous dis.
Reprenons. Donc pourquoi j'ai froid aussi? Voyons, voyons...
La faute de Fénelon? La faute à Voltaire? La faute de Fénelon oui! Hier il m'apporte
une coupure de journal. Lis-ça me dit-il.
Je lis ça, je lis exactement ça sur le journal plié que Fénelon m'a tendu:
"Il a perfectionné le froid. On ne savait pas que le froid était si glacial, si gelant, si...
communiste, avant de l'avoir lu. Derrière le Mur, le fameux mur, il a observé
tout un monde de crapauds, de ronds-de-cuir, de curés défroqués, de flics catharreux, de
délateurs atteints de cirrhose: c'était donc ça l'univers scintillant de l'espionnage?
Selon lui James Bond était une pute, et OSS 117 un con. Pour lui derrière le Mur, les gens
mouraient.
Les espionnes n'avaient pas "les cuisses longues et les seins en poire" .
Et les Vopos tiraient à vue..."
Mais après je sais pas, l'affreux Fénelon m'a embrassée dans le cou et
ça m'a réchauffée. Un peu. Pas beaucoup.
Enfin, le Mur, tout ça, ça m'a fait froid.
Pas spécialement le Mur avant, croyez pas ça. Le Mur depuis qu'il y a plus de mur surtout.
Et après, je me suis dit: de toutes façons par les temps qui courent, déployer mon éventail,
est-ce bien de saison?
Je fais quoi? Je le ferme l'éventail?
Car parfois on est tout à la fois: nue, et, habillée pour l'hiver.
12:53 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : thibaudet, john le carré, éventail fermé
02.12.2008
Confitures (par Thibaudet)
Encore un tableau de Louise Moillon.
Quant à ces lignes d'Albert...
"(...) Les parchemins des Bénédictins (ce qui en avait échappé aux feux de la place du Merle),
carrière exploitée après la Révolution, ont fourni, jusqu'à ma grand-mère, à trois générations
de ménagères, des milliers de couvercles pour ces confitures dont le parfum, quand elles cuisaient,
faisait de nos maisons un intérieur capiteux de ruches : Evrad, de la Sainte Chapelle, n'eût point
déploré cet usage, et c'est dans la bouche d'un chanoine que Boileau a mis les vers où j'ai vu se
résumer la vie d'un bourgeois de Cluny.
Pour moi, je lis la Bible autant que l'Alcoran.
Je sais ce qu'un fermier nous doit rendre par an,
Sur quelle vigne à Nuits nous avons hypothèque.
Vingt muids rangés chez moi font ma bibliothèque!
Ces muids sont les in-folio et les Pères de la bibliothèque bourguignonne; les pots de confiture de
ma grand-mère en étaient les in-18 et les feuilles légères. Hélas! si l'esprit de la consommation a
succédé à celui de la production, il connait aussi son déclin; le phylloxera et le Noah sont venus,
les confitures s'achètent chez l'épicier. La ruine des celliers suit la ruine des églises.
N'arrêtons pas l'histoire, regardons la couler et laissons passer la justice.
Ici nos grand-mères du XIXe siècle ont employé pour leurs confitures les chartes abbatiales et les
parchemins bénédictins. Qu'elles reposent en paix! Mais des belles feuilles d'antiphonaires,
à miniatures et à dorures, les enfants faisaient des cerfs-volants, que des anciens se souviennent
d'avoir lancé, sur le Fouëtin et la place Notre Dame, dans le ciel pommelé des heureux étés. Si la
dévastation et l'incendie sont passés par là, il en sort ce filet de fumée bleue. Elle se confond avec
l'âme de ce XIXe siècle, que l'humanité embellira de légende et de regret comme le siècle des
Antonins. Et sous ce nom de Cluny, je ne fais que délivrer dans un ciel jeune et frais mes trois
faibles cerfs-volants de signe bénédictin, les trois Cluny d l'un à l'autre desquels je vais sans me
fixer. Le Cluny vécu des jeunes années. Le Cluny libre et aéré de verdure épaisse, de promenades,
de terrasses, de pensées. Le Cluny, enfin, historique, et monacal, que nous n'avons pas
détruit parce que nous ne l'avons pas remplacé, et qui, comme l'Antonin mourant, nous transmet
le mot d'ordre mal entendu auquel le salut de l'Occident est lié. (...)"
Albert Thibaudet ("Cluny" -1928- )
22:50 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : confiture, cluny, thibaudet, cerfs-volants, occident
Albert et Fabien, ça ne va pas le faire
- Mais arrête, fais pas la gamine, tu sais bien qu'il s'appelle pas Fabien! s'agace Albert
- Si, si, c'est Solko qui l'a dit, Pascal Adam aussi
- Pfff, reviens sur terre!
- Alors là, trop fort! C'est toi qui me dit ça Albert! (je vous rappelle qu'Albert est mort en 36)
- Bon (visage lassé d'Albert) d'accord, il s'appelle Fabien, mais pas Bartez, Fabien Barthes avec un "s"
- Tu crois?
- J'en suis sûr, tu connais "S/Z" rassure-moi ? eh bien S/Z c'est ça ! le "s" de Barthes, le "z" de Bartez
- Albert t'explique trop bien! Et "Le degré zéro de l'écriture alors"?
- Ben c'est pareil, c'est S/Z, c'est le niveau pas jojo de ton orthographe si tu préfères
- T'exagère, là! Et "Système de la mode", hein, hein?
- "Système de la mode", écoute bien, prends le "Elle" de cette semaine, que vois-tu sur la couverture?
Les 50 femmes les mieux habillées du monde. Bon. Ouvre-le."Ceinture de cuir au-dessus de la taille
piquée d'une rose" ou "pendants d'oreilles en or blanc sur top en velours", eh bien tu vois ce sont des énoncés
creux, vides de sens,devant lesquels Fabien s'émerveille et où il nous montre son échec à fonder le système
sémiologique qu'il voulait démontrer, il reste juste là comme Proust qui détaillait les robes d'Albertine...
- Tu parles qu'il se plante, belle plante!
- Mais quand même...
- Mais quand même rien du tout
- Mais "Le plaisir du texte"?
- Ah que veux-tu je suis peut-être de parti-pris, mais réduire le vin à un mythe! déclarer la mort
de l'auteur! ergoter des heures sur le Non-Vouloir -Saisir!
- Albert, ne sois pas si obtus, Fabien jouait Debussy au piano et Fauré et Schumann
- Mais ce délire sur la langue "fasciste" a-t-il dit!
- Remarque c'est quand même à cause de la langue italienne que Zidane...
- Stupid girl! (Quand Albert parle anglais, c'est grave, mais je continue)
- Fabien est mort renversé par une camionnette, il n'a pas été tué sur le coup, il s'est laissé mourir,
la vie dit-on s'échappait de lui comme le lait d'une bouteille renversée, il n'admettait pas qu'on puisse
faire un reproche à quelqu'un qu'on aimait, un ami, un amour, et n' ayant donc jamais reçu un seul reproche,
une seule observation, de sa mère dit-on, était très susceptible...
- ...et ressemblait tant que ça à Bruno Cremer?demande Albert
- Non, sur cette photo un peu, et comme il a l'air triste, non?
- Tu l'as trouvée dans France Football? se moque Albert
(Fais ton malin, Albert!)
- Non monsieur et je la trouve formidable, le palmier, la cravate noire, on se croirait à un cocktail
d'éditeurs sur la côte d'azur, euh non, tiens, devant la chartreuse de valdemossa, Fabien vient
rendre visite à George et à Chopin, ils parleront poumons (oh ça, c'est de très mauvais goût!)
15:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : roland barthes, thibaudet, "elle", bruno cremer
27.11.2008
Quand il fait froid
(à Alex, qui a du lilas dans son jardin)
Quand il fait froid, quand je gèle, quand j'attends des heures, des trains,
des bus, (" te plains pas , me dit Thibaudet (*), moi je caille tout le temps";
rooo, c'est pas parce qu'il est mort, soyez pas lugubre, c'est parce qu'il
bosse chez Picard), donc quand il fait froid je pense à une seule chose,
je pense au lilas, aux quinze jours où le lilas fleurit, je pense à tenir jusque
là et qu'Albert tienne aussi.
(*) c'est bête je ne l'appelle plus "Albert", car des lecteurs ont cru que je parlais du prince
du rocher, ou qu'Albert était vraiment, euh, mon mari - ouaf ! - bref: what a mistake s'est
marré Albert, bon prince (ah, ah!)
21:46 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lilas, thibaudet, picard surgelé
26.11.2008
La jeunesse se radicalise
Thibaudet, Fénelon, George, Musset: "Y en a marre, on est pas tes peluches!"
et Lacan: "je dirais même pluche, on est pas tes p'luches!"
19:06 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lacan, thibaudet, fénelon, musset, george sand
23.11.2008
Quel lapin suivons-nous?
Mais pourquoi Albert Thibaudet travaille ici chez Picard Surgelés?
Est-ce que je "suis (du verbe suivre) le lapin", comme dirait Marc ?
En supposant qu'il s'agit bien du lapin d'Alice au pays des merveilles?
Et d'abord pourquoi Lewis Carroll a choisi un lapin?
Quel fil nous suivons? Un lapin chez Picard? Un lapin dans des sachets vapeur?
(Aujourd'hui sur le site de Picard, cette vraie -ou fausse- et si elle est fausse,
c'est encore mieux!- question de client:" J'ai essayé vos mélanges de légumes
en sachet vapeur: après quelques minutes dans mon micro-ondes, les sachets
sont très gonflés, et émettent un sifflement. Ne faut-il pas percer les sachets
avant de faire cuire ces produits?" Ben à ton avis, banane! Ainsi beaucoup du
charme de ces lignes -à mon avis- se tient dans "émettent un sifflement"! , mais
le comique réside dans l'intention de l'auteur, si c'est une fausse question écrite
par un cadre marketing survolté de Picard, ou dans l'intention du benêt qui écrirait
à Picard -j'en doute, mais, comme dirait Alfred, il ne faut jurer de rien!-)
Marc a choisi le fil des villes en "T", mais quel lapin il suit, lui? Le fil du T ne nous
enseigne rien d'autre que ce "T". Vous êtes d'accord?
Bref, quelles sont les intentions de l'auteur?
Tiens par exemple, quelles sont les intentions de... l'énigmatique (sic) Pascal Adam ?
Gonflée comme les sachets vapeur je suis, d'aborder cette périlleuse question....
Hein, voilà la question!
Celle qui sépare les anciens des modernes, "débat houleux et véhément,le point
le plus controversé dans les études littéraires" écrit Antoine Compagnon dans "Le
démon de la théorie" :"L'idée reçue moderne dénonce la pertinence de l'intention
de l'auteur (...) Le formalisme russe, les New critics américains, le structuralisme
français l'ont répandue. Les News critics parlaient d'intentional fallacy ou d'illusion
intentionnelle : le recours à la notion d'intention leur semblait non seulement inutile
mais même nuisible dans les études littéraires (...) "
Et en même temps, c'est compliqué (cette blague!) : quand je lis "Autant en emporte
le vent" , peu me chaut l'intention de l'auteur, je suis suspendue au destin de Scarlett,
je veux seulement savoir si Rett Butler c'est avec lendemain ou sans lendemain (se
précipiter sur Frehel chez Solko, vite vite! billet d'hier 22 novembre; j'ai écouté 1147
fois "Sans lendemain" depuis hier. Quand j'étais petite, on disait "c'est une scie" ! tiens,
je ne m'en souvenais plus de ça: c'est une scie)
Vous allez me dire: tout ça ne nous dit pas pourquoi Albert travaille chez Picard!
Eh bien, j'ai une idée fumante: dés qu'il sera là, interrogeons Albert....(non, il ne
travaille pas le dimanche, il est farouchement contre le travail le dimanche, il est
chez Alfred qui lui raconte la manif d'hier.)
14:53 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : thibaudet, picard, lapin, lewis caroll, banane, antoine compagnon
22.11.2008
Ravagés par le Verbe
La scène se passe en début de soirée chez moi. Fénelon, Musset, et François-René
sont là. Jacques L. aussi. Qui fait la tronche, parce qu'on n' est pas encore passés
à table. Il est 21h. Il dit qu'il crève de faim. Mais nous attendons Albert. Je vous ai
dit je crois que cet astre de ma vie a un petit temps partiel chez Picard Surgelés?
Et moi, je ne commencerai pas à manger sans Albert.
Jacques ricane:
- Il t'embobine! Je fais de Kant une fleur sadique. Mais ton gus je vais en faire une...
- Oh ça va Jacques, il finit à 8 heures, laisse-lui le temps d'arriver...
- Oh Unbewusste!
- Arrête Jacques! crient-ils tous.
Jacques insiste, Jacques a envie d'en découdre, il se tourne vers les autres:
- Vous trouvez ça normal, vous autres?
Les autres soupirent en haussant les yeux au ciel. Fénelon se dévoue:
- Ecoute Jacques, chaque fois que tu viens, tu fous le bouzin
Musset surenchérit:
- Je sors de la manif de la poste, j'en ai plein les pattes, retourne au Réel, Jacques!
- C'est vrai ça, ajoute François-René, qui prend sa respiration et précise:
- Bouffer avec toi c'est la croix et la bannière
- Toi ta gueule le génie du christianisme, lui lance Lacan furibard
(moi) - Mes amis, mes amis, allez, on se croirait au PS!
Ils se marrent (ils sont indulgents avec moi, c'est pour ça que je les aime!)
Ouf, sauvés par le gong, voilà Albert, tout faraud
- Hello, la compagnie
- (moi) bon, ben, pas de salamalecs, à table
- Vous faites de ces têtes, dit Albert.
- Albert ça va, n'en rajoute pas, demande Fénelon, sers-nous à boire, va
- Mais on peut parler quand même! s'exclame Albert
- Ah on peut parler! rugit Jacques.On peut. Vous pouvez. Tous ravagés par le Verbe!
- Et c'est reparti, soupire Alfred. Mais pourquoi on te laisse parler? Tu nous les brises!
- Mais parce que le drame commence quand le Verbe s'incarne!
- (moi) Jacques tu es intenable! je te préviens c'est la dernière fois, je ne t'inviterai plus!
- M'étonnerait! vous jubilez, vous, tous, là. Du Verbe, c'est que vous vous en payez
une sacrée tranche
Je jette un oeil sur Fénelon, Musset, François-René, Albert. J'ai apporté sur la table le
saumon. (C'est un diner russe) Menu: saumon + blinis, pirojki, bortsch,vatrouchka.
- A propos de tranche, passe-moi le saumon dit Fénelon.
- Et c'est pas du Picard! se marre Albert
La soirée va être bonne.
19:41 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : saumon, fénelon, musset, thibaudet, vatrouchka
21.11.2008
Avant-garde
Albert du fond de son fauteuil en osier où il lit depuis un moment:
- Ecoute, écoute ça!
Nous sommes dans le jardin.Les dernières feuilles tombent des arbres.
J'emporte dans la véranda pour les abriter de l'hiver, les palmiers en pot.
C'est moi qui fais tout ici!
- T'écoute? Bon. "La marquise de Cambremer, née Legrandin, parce qu'
elle se croyait "avancée" (et en art seulement) "jamais assez à gauche",
se représentait que non seulement la musique progresse, mais sur une
seule ligne, et que Debussy était en quelque sorte un sur-Wagner, encore
un peu plus avancé que Wagner"
- C'est qui? C'est Proust?
- Touché torpilleur, crie Albert gaiement. Tu fais quoi?
(il s'avise que je m'agite)
- Je rentre les palmiers pour l'hiver
Une ombre passe dans les yeux d'Albert. Il la chasse.
- Et qui a gagné?
- Qui a gagné quoi?
Je sais très bien ce dont il parle!
- Ben, au PS là, les marquises de Cambremer?
Ah cher Albert, je te voyais venir gros comme une maison!
15:59 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : proust, marquise, thibaudet, palmier









