25.10.2009
Vies
Dans une maison beaucoup trop souvent fermée il y a cette salle à manger.
Autrefois c'était une cuisine. On faisait à manger dans la cheminée. Enfin, je veux dire on faisait
cuire ce qu'il y aurait à manger. Je n'ai pas connu ce temps. Ensuite la cheminée n'a plus servi.
Mais elle n'était pas encore bouchée.
Le vent y gémissait. Parfois des oiseaux tombaient dans le foyer.
Puis dans les années 70 la cheminée a été bouchée. Un gros poële à mazout y a été installé.
Vers les années 2000 le poële a été enlevé.
La photo date de cet été.
C'est sans doute la photo la plus intime jamais exposée ici.
Il est probable que mes raisons de l'y montrer sont celles qui m'ont fait ouvrir l'éventail.
Il est probable que mes raisons dans quelques minutes ou quelques heures sans doute
de l'y enlever seront celles qui un jour me feront fermer l'éventail.
Tout ce qui agite un coeur est là, confronté comme tous les coeurs aux silences,
dans tous les sens.
00:00 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : maison, passé, silence, intimité, vent, oiseaux
24.10.2009
Les poires dans les champs
Tous les jours je prends le train ici ou à la gare suivante. L'autre jour un homme, un vieil homme
certes mais un homme vaillant, qui attendait devant cette gare le même bus que moi, s'est approché
de moi et m'a dit brusquement - nous étions seuls, je ne le connaissais pas-: "Autrefois ici il n'y avait
rien. Ah si, il y avait des champs.Mais pas de gare."
Il a fait un grand geste. "Partout ici c'était des champs."
J'ai demandé de quand datait la gare à son avis. Il n'a pas répondu mais m'avait très bien entendue.
A ses yeux je crois que j'étais comme la gare.
"Partout c'était des champs" a-t-il répété. "On achetait pas des fruits au marché. Il y avait partout des
poiriers. On mangeait les poires dans les champs".
On est restés côte à côte silencieux.
J'avais affreusement envie de pleurer.
Après en montant dans le bus on s'est souhaité une bonne journée.
17:23 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : champ, pingouins dans les champs l'hiver sera méchant, poire, inconnu, autrefois, train, silence, pleurer
13.10.2009
Très clair
("Ulysse", un tableau de H.J Draper, vous l'avez reconnu)
En faisant des rangements, je tombe quelque part sur ça: " Au moment où Freud conçoit la pulsion de mort, Wittgenstein, qui ne l'aimait pas, mais aimait la musique, que Freud n'aimait pas, écrit: "Qu'un événement réduise au silence mon désir, ne signifie pas qu'il le comble".
22:04 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ulysse, sirènes, charmes, silence, freud, h.j draper, musique, chant des (sirènes)
11.10.2009
Comme je m'en fiche finalement des saisons
(c'est un tableau d'Elizabeth Vigée-Lebrun. Je ne sais pas comment il s'appelle. Je ne sais pas qui est peint ici. Un parmi vous, saurait?)
Comme je m'en fiche finalement de parler des saisons... (mais pas bien sûr en vrai des saisons)
C'est d'autres choses souvent que je voudrais parler.Que nous voudrions parler.
De la peur, de la déception, de l'horreur, du dégoût.
Des masques, des simagrées, des moments où on peut à peine respirer, de tant de vulgarité, des vautours.
Mais aussi du Ciel qui nous bénit parfois, de l'amour, puissant quand il ressemble à rien.
Mais c'est difficile d'en parler.
Et encore...Pas tant que ça ici, et c'est pour ça aussi que j'ai besoin que l'éventail se déplie...Mais ailleurs, dans la vie...
Alors je parle de l'hiver, de l'été, même ici...Bon, merci les saisons qui me permettent de babiller.
Merci les saisons, si con bon sujet de conversation.
Parlons des saisons, où on dit tous, tous la même chose et son contraire.
Bonjour ce billet qui va encore pas être très clair.
Enfin, quand même, si, qui parle de babiller donc; et de se taire.
06:57 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : saisons, déception, silence, simagrées, difficile de parler, amour
27.09.2009
Parking sous la neige
Comment faire au milieu de toutes ces paroles inutiles que nous disons pour qu'il y en ait quelques unes de sensées?
Comment faire parmi tous ces mots que nous écrivons pour qu'il y en ait quelques uns qui soient justes?
Comment faire dans ces billets en vrac que je flanque sous l'éventail pour qu'il y ait une ligne qui dise les choses et que cette chose ne soit pas que tous ces mots ne servent à rien?
Comment dire la douceur que j'éprouve en ce moment pour ceux qui comprennent ce que je veux dire?
20:01 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mur, silence, parking, douceur, comprendre, farce, piège, amour



