03.01.2009

"On renie souvent ces maîtres suprêmes"

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(photo perso. Quoi,ça se voit?! François-René est enterré sur l'ilôt au fond, mais il est partout là-bas. Il marche par exemple pieds nus sous le Sillon,là premier à droite après l'ombre du réverbère, il a un pull bleu marine page 365 des Trois Suisses référence FRC et un pantalon beige de quand il avait dix-sept ans, vous le voyez? il a les mains dans les poches, il médite: baguette cuite ou bien-cuite? et vous avez vu la lumière de ce jour-là?)

 

 

 

"...Shakespeare est au nombre des cinq ou six écrivains qui ont suffi aux besoins

et à l'aliment de la pensée; ces génies-mères semblent avoir enfanté et allaité tous

les autres. Homère a fécondé l'Antiquité: Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane,

Horace, Virgile  !ùsont ses fils. Dante a engendré l'Italie moderne,

depuis Pétrarque jusqu'au Tasse. Rabelais a créé les lettres françaises;

Montaigne, La Fontaine, Molière viennent de sa descendance.

L'Angleterre est toute Shakespeare, et jusque dans ces derniers temps

il a prêté sa langue à Byron, son dialogue à Walter Scott.

On renie souvent ces maîtres suprêmes; on se révolte contre eux; on compte

leurs défauts; on les accuse d'ennui, de longueur, de bizarrerie, de mauvais goût,

en les volant et en se parant de leurs dépouilles; mais on se débat en vain sous

leur joug. Tout tient de leurs couleurs; partout s'impriment leurs traces, ils inventent

des mots et des noms qui vont grossir le vocabulaire général des peuples; leurs

expressions deviennent proverbes, leurs personnages fictifs se changent en personnages

rééls, lesquels ont hoirs et lignées. Ils ouvrent des horizons d'où jaillissent des faisceaux

de lumière; ils sèment des idées, germes de mille autres; ils fournissent des

imaginations, des sujets, des styles à tous les arts: leurs oeuvres sont les mines ou

les entrailles de l'esprit humain..."

 

Mémoires d'Outre-Tombe, Livre XII, chapitre 1, Londres, avril-septembre 1822

 

23.12.2008

Eternel féminin (la fin....enfin)

Imperturbable dans cette atmosphère de tripot, (chez moi, avant-hier soir),

Chateaubriand poursuivit, appelant à la rescousse Shakespeare, ce qui

fait toujours bien :

-...Ces aimables enfants, dit le grand tragique, étaient couchés ensemble;

ils se tenaient entourés de leurs bras innocents et blancs comme l'albâtre.

Leurs lèvres semblaent quatre roses vermeilles sur une seule tige, qui

dans tout l'éclat de leur beauté, se baisent l'une l'autre" Hého vous suivez?

Fénelon, qu'est-ce-que j'ai dit? Gustave! réveille-toi (c'est François-René qui

admoneste,là, vous suivez vous aussi? Ce n'est pas moi!)

- Grand tragique toi-même! lança Alfred

- Faut un peu nous comprendre François-René, il est où l'éternel féminin? il vient? essaya

de temporiser Albert, plus diplomate peut-être.

Les autres s'étaient endormis. Même Tang (ainsi est-il scientifiquement prouvé qu'il ne dort

pas que dans le bus 183)

- Albert, tu me fais honte, soupira François-René, ce que je cite c'est dans quoi?

- Richard III, acte 3

- Ah ben quand même yen a qui suivent, re-soupira François-René. Les autres, on les réveille?

C'est maintenant le meilleur.Fin du chapitre 5 livre X de mes Mémoires.

- Non, chut, ils vont entendre dans leurs rêves, ça sera aussi bien comme ça, dit Albert.

Le silence s'était donc fait. Total.

- Mais Dieu ne m'envoya pas ces âmes tristes et charmantes; mais le léger fantôme

d'une femme à peine adolescente parut portant une lumière abritée dans une

feuille de papier tournée en coquille; c'était la petite sonneuse de cloches.

J'entendis le bruit d'un baiser, et la cloche tinta le point du jour. La sonneuse

fut toute épouvantée lorsque je sortis avec elle par la porte du cloître. je lui contai

mon aventure; elle me dit qu'elle était venue remplir les fonctions de son père

malade; nous ne parlâmes pas du baiser"

Ils dormaient absolument tous. François-René avait l'air dépité.

Alors je l'ai doucement embrassé.