10.09.2009
Aparté
Les tronc d'arbres sur la plage du Sillon à Saint-Malo sont plantés là pour résister à la mer, pour que les vagues en se brisant, frappent moins fort la digue. Ces troncs d'arbre à la fois mangés par l'eau de mer et indestructibles ont un nom que j'ai oublié. Peut-être que ça me reviendra.
J'aimerais bien avoir des espèces d'arc-boutants comme ça dans moi (si je puis dire... Mon dieu ce que j'écris!) pour résister aux choses. C'est pratiquement une chanson de France Gall, tiens.
Je veux dire résister aux choses importantes qui démolissent. Faut dire les choses comme elles sont.
Alors voilà, titre du billet tout trouvé: "Résister"
Ah mais non zut, je suis en train d'écrire à peu de choses près le même billet que "Restes"!
Hein comme quoi.
Et pendant que j'y suis, j'ajoute que la tarte n'a pas fait long feu, qu'elle n'a pas résisté? Et que les dernières roses aussi depuis la photo ont fané?
Ouais ouais, facilités. Un billet plein de facilités!
PS:dans le lexique de Jean Glorieux il y a même des mots que je connais. Par exemple aujourd'hui: Aparté. Mais voyez ce que Glorieux fait d' "aparté"= "Confidence émise par soi-même par un personnage, mais que peut entendre par convention, le spectateur: "Allons marquis, montre de la vigueur!"J-F Regnard, Le joueur".
"Allons marquis..." me ravit. Et "par convention" me laisse...bah... songeuse. Pourquoi "par convention" ?
22:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aparté, saint-malo, jean glorieux
Restes
Oui, cette photo a déjà servi pour un billet.On voyait déjà cette belle part d'aphérèse.
Avant-hier.
Mais tout d'un coup je me suis dit: et si je n'avais plus qu'une seule photo pour l'éventail? Et mettons que ce soit celle-là? Et si toutes les photos avaient été contaminées par la grippa, sauf celle-là?
Et je me suis dit que je pourrais écrire plein de billets avec toujours la même image. Tellement de toutes façons c'est pas l'image qui compte -ah ah- mais les mots, et tellement aussi c'est pas les mots qui comptent mais l'image.(Vous me suivez j'espère?)
Et tellement au fond c'est pas ce que j'écris qui compte -sans blague!- mais ce que chacun poursuit quand il lit les mots des autres.
En tout cas moi quand je lis. Bon. Je vais pas faire des généralités non plus. C'est pas mon genre!
Bref.
Eh bien ces deux roses ce sont un morceau d'un bouquet beaucoup plus gros, et ce sont les dernières qui n'ont pas fané, qui restent, vaillantes, de ce bouquet.
Eh bien le petit vase ancien , très joli, on voit pas bien là, dans lequel elles sont c'est la seule chose qui me reste de ma grand-mère maternelle.
Eh bien l'image de cet endroit à Saint-Malo c'est ce qui me reste dans la cuisine, de Saint-Malo où je suis allée si souvent pendant vingt ans.
(On s'en fout!)
Et pour le morceau de tarte c'est ce qui en reste. Donc zou un billet "Restes" avec cette image.
Et si vous êtes finauds, "restes" sans point d'exclamation autoritaire c'est aussi un mot d'amour simple et doux. Ainsi sur l'éventail on peut imaginer un seul titre "Restes". Hé d'ailleurs, le frère jumeau méconnu de Roland Barthes ne s'appelle pas Robert Restes?
06:42 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : restes, saint-malo, roland barthes, robert restes
07.01.2009
Soir d'été
Soir d'été. Vers 22heures. A droite, hors-écran, Saint-Malo. Sur ce bateau (affreux), rentrent des passagers partis passer la journée à Jersey (affreux) pour y acheter des cigarettes (les affreux).
(d'autre part, ma main expire, l'entorse empire, je ne peux plus écrire, bon débarras vous allez dire, oui, cette fois, ça y est, je ne peux plus écrire! -photo perso)
11:26 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : saint-malo
30.11.2008
"la puissance d'un langage inutile"
Donc François-René est là-bas, sur le grand Bé, à gauche sur la photo, sa tombe tournée bien sûr vers le large. A marée haute, il est séparé de la ville.
Je ne cesse pas depuis deux mois de penser à lui.Sans savoir pourquoi, mais l'explication m'est venue soudain ce matin. Explication personnelle évidemment comme tout ce qui nous meut (j'hésite un peu quand même à écrire meut!) : sans doute parce que mes parents vivant depuis longtemps à Saint-Malo mais ayant déménagé il y a deux mois près de chez moi près de Paris,je sens François-René abandonné. C'est un raccourci, ce n'est pas tout à fait ça, mais c'est ça aussi, et bon, passons.
En fait je vais être brutale avec moi, c'est un raccourci entre sa tombe à lui et celle à venir de mes parents, mais je crois aussi que c'est ainsi qu'on lit, avec ce va et vient entre le texte et nous. J'en suis sûre pour moi en tous cas.
Donc je lis et relis et lis Chateaubriand.
Et "La vie de Rancé" que j'avais oubliée, qui ne m'avait pas beaucoup touchée et qui désormais, en superposition: François René + Rancé, ne me quitte plus.
Et du coup je viens enfin de lire la préface que Barthes a écrite en 1965 pour la collection 10/18. On la trouve maintenant dans le tome IV des Essais critiques au Seuil.
Cette préface , Barthes l'a titrée "La voyageuse de la nuit", car c'est ainsi que Chateaubriand appelle la vieillesse et Barthes s'arrête à ces mots sublimes de François-René. Solko disait ici dans un commentaire l'autre jour que ce n'est pas pour rien qu'on appelait (qu'on appelle?) Chateaubriand "L'enchanteur" ce que je ne savais pas.
La préface de Barthes est brillante et en même temps tremble. C'est beau, c'est fou.
"(...) A quoi sert de dire chat jaune au lieu de chat perdu? d'appeler la vieillesse voyageuse de nuit(...) Nous ne savons pas si Chateaubriand reçut quelque plaisir, quelque apaisement, d'avoir écrit La vie de Rancé; mais à lire cette oeuvre et bien que Rancé lui-même nous indiffère,nous comprenons la puissance d'un langage inutile(...) Par rapport à la difficulté d'être, dont elle est une observation continuelle, la Vie de Rancé est une oeuvre souverainement ironique (...) N'est-elle pas un certain "détachement" appliqué par l'excès des mots (toute écriture est emphatique) à la manie poisseuse de souffrir?"
(pour une fois, c'est une photo "maison")
22:25 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, saint-malo, vie de rancé, roland barthes, chat jaune


