16.10.2009
"Admirable tremblement du temps"
A la fin de sa vie, Renoir cherche une nouvelle façon de peindre, il a abandonné
depuis longtemps l'impressionisme.
"...Il cherche à appréhender la réalité d'une manière autre, qui prend en
considération les limites physiques imposées par l'âge.
"Admirable tremblement du temps" - pour reprendre l'extraordinaire description
que Chateaubriand donna du style tardif de Poussin et le beau titre que Gaëtan
Picon lui emprunta pour son livre sur l'âge mûr des artistes-, il y a de cela dans
le Renoir des années 1890 et des premières années du XXème siècle.
Mais Renoir tardif est aussi un maître pour lequel la tradition, sinon l'académisme,
prend une signification nouvelle. Renoir dans ses vieux jours interprète tour à tour
Watteau ou Vélasquez et rend hommage à Courbet, et ce n'est pas l'un des
moindres paradoxes du peintre que de rechercher la modernité dans cette nouvelle
interprétation de la peinture ancienne. Si le jeune et impressioniste Renoir avait
lancé un défi à l'Académie, le défi de Renoir tardif est dinventer un idiome purement
moderne pour traiter sujets classiques et compositions inspirées de maîtres anciens.
(...) "
(C'est dans la préface du beau catalogue de l'exposition).
18:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nu dans une chaise, renoir, chateaubriand, tremblement du temps
15.10.2009
Christine Lerolle brodant
Bien sûr il y a un fossé profond entre cette image et le vrai tableau (qui date de
1897).Mais bon.
"Gabrielle Lerolle brodant" est un tableau dont je ne connaissais pas l'existence ce
matin. Il appartient à un musée de Los Angeles.
Je me suis extasiée pendant toute cette visite, presque tous les tableaux m'ont
vraiment émerveillée, m'arrachant des "oh" et des "ah", au fur et à mesure de l'avançée dans les
salles du grand-palais.
Moi qui aime tant le rouge (le rouge bougie de Georges de La Tour, le rouge sang de Vigée- Lebrun,
le rouge divin du Gréco...) j'ai adoré ces rouges-là, des rouges heureux.
Ici il y a un côté dentellière de Veermer, vraiment d'une douceur, d'une intimité, ah la la...
Et le tableau est si profond -avec Lénine qui regarde les tableaux derrière- (décidément
qu'est-ce-que j'ai mauvais goût, n'est-ce-pas!) que je l'ai presque touché pour vérifier que
la toile est plate, tant elle semble... en trois dimensions? comme l'intérieur d'une maison peinte
par Veermer...Comme ses intérieurs à l'intimité tranquille...Comme nos maisons. Puisqu'il nous
reste ça, l'intimité de nos maisons, pour tenir encore le monde à distance, et c'est heureux.
(à suivre)
L'exposition Renoir au Grand- Palais
13:21 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : renoir, ozimpo
24.09.2009
Vous les voyez tous ces parapluies au-dessus de nos têtes?
Je lis ça, dans un journal, ce qu'écrit Renoir en 1881, dans une lettre à son marchand, Paul Durand-Ruel:
"Je suis comme les enfants à l'école, la page blanche doit toujours être bien écrite et paf! un pâté. J'en suis encore aux pâtés, et j'ai quarante ans. J'ai été voir les Raphaël à Rome. C'est bien beau et j'aurais dû voir ça plus tôt. C'est plein de savoir et de sagesse. Il ne cherchait pas comme moi les choses impossibles, mais c'est beau. J'aime mieux Ingres dans les peintures à l'huile. Mais les fresques c'est admirable de simplicité et de grandeur".
Aussi -je le lis, je ne le savais pas, hein- quand il rentre de ce voyage en Italie il reprend "les parapluies", cette toile qu'il a commençée l'année d'avant. C'est pourquoi elle porte la date 1880-1885.
On voit bien dans le tableau ces deux façons de peindre,et l'influence de Ingres; ça fait quelque chose cette coupure visible comme ça sous nos yeux, dans la "manière" de peindre: la petite fille avec son cerceau, très "impressionniste", et puis la jeune femme à gauche, précise comme les parapluies au-dessus, presque comme s'il y avait eu deux peintres différents. (Ma phrase est mal tournée. Bref.)
Je ne sais pas si on peut voir ce tableau, qui d'habitude est parait-il à Londres, dans l'exposition qui vient de commencer au Grand Palais.
Voyons aussi le bras à droite de cet homme qui tient plus haut que les autres son parapluie et dont on ne connaîtra jamais le visage (d'ailleurs on ne comprend pas en fait où il peut être, ce visage, et c'est très bien).
Et bien sûr ce panier, vide, si grand, et si profond.
Et j'aime bien mon titre.
Et voilà.
09:35 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : parapluies, renoir, voir, pas voir, changer
14.09.2009
"Jeune fille au chapeau bleu"
Je regarde des reproductions de tableaux de Renoir, en me réjouissant de voir bientôt cette exposition qui commence le 23.
Et je tombe sur ce tableau, que je ne connaissais pas.
Peut-être, sûrement, que la vie serait différente avec un chapeau.
Si on avait toutes un chapeau dans ce genre-là dans le métro.
Ou comme celui-là ?
Enfin, un joli chapeau quoi.
23:49 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : renoir, chapeau, métro
13.09.2009
"La fille à la collerette rouge"
On va la voir partout la "fille à la collerette rouge" de Renoir car l'expo commence au Grand Palais le 23 septembre et la fille est sur l'affiche.
D'habitude elle est au musée de Philadephie. Le tableau date de 1896. L'expo s'appelle "Renoir au XXème siècle". (Bon, on va pas chipoter pour quatre ans)
" Je commence à savoir peindre. Il m'a fallu plus de cinquante ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore" dit-il en 1913 (il meurt en 1919)
Apparemment l'idée de l'exposition c'est ça: montrer son travail à la fin de sa vie, au moment où le cubisme et l'art abstrait dominent, et alors que Picasso justement admire son art.
Il y a ça par exemple dans l'expo (d'après ce que j'ai compris):
Oui d'habitude ce tableau est pas loin, à l'Orangerie. Mais il sera sûrement très agréable de voir cette splendeur ("Gabrielle et Jean") avec d'autres tableaux venus de partout dans le monde.
Moi je vais me précipiter ventre à terre. Bon, certains diront que ça fait couvercle de boîte de chocolats...
Mais depuis quand j'aurais quelque chose contre les boîtes de chocolats?
09:41 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fille à la collerette, renoir, gabrielle et jean, boîte de chocolats








