06.10.2009
Chaussures de Noël
20:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : idée fixe, noël, godasses
19.09.2009
Noël encore
(Mauriac est photographié par Henri Cartier-Bresson)
"...Ces levers avant l'aube dans la chambre glacée, les pieds et les mains gonflés d'engelures, les professeurs hostiles, les moqueries de la classe quand j'étais cloué au tableau noir, ce camarade qui, durant les récréations, abuserait de sa force, rien de cette misère n'altérait le secret de ma joie: l'attente de la sixième heure, du retour à la maison dans une brume qui avait déjà l'odeur de Noël.Ce bonheur refluait sur ma vie d'écolier si sombre qu'elle fût et suffisait à en dissiper l'angoisse.
C'est toujours Noël dans ma pensée et dans mon coeur, à la saison des "matins noirs".Toute messe d'hiver demeure liée pour moi au mystère de la Nativité.
Tout me revient à la fois: la cheminée, dans la chambre de ma mère, où le feu ne s'éteignait jamais, devenait cette nuit-là, une route qui joignait la chambre obscure aux étoiles non plus indifférentes ni aveugles. Quelqu'un viendrait par ce chemin. Nous ne connaissions pas le Père Noël et nous savions bien que ce ne serait pas le Seigneur lui-même.
Maintenant je sais que c'est lui. Le vieillard Siméon le serre contre sa poitrine.
Délivré de la crèche, ressucité de cette première Passion que fut la crèche, l'Enfant dans les bras du vieil homme, va pour la première fois entendre battre un coeur humain; il sera aimé non plus seulement de sa mère, mais du vieillard qui tressaille de joie parce que ses yeux ont vu la lumière des Nations, la gloire d'Israel et parce qu'il va pouvoir s'endormir dans la paix.
Ce Cantique de Siméon c'est la prière de la sainte vieillesse à la sainte enfance, celle de Gertrude, la vieille abbesse à la fin de sa longue vie: "Oh mon amour, amour du soir de ma vie, réjouissez moi de votre vue à l'heure de mon départ. O mon Jésus du soir, faites-moi m'endormir en vous d'un sommeil tranquille"..."
C'est François Mauriac qui écrit cela dans les Nouveaux mémoires intérieurs,
c'est page 39 de l'édition 10/18.
23:55 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : noël, françois mauriac, enfance, vieillesse, prière
18.09.2009
La gare
Il est 7h15 le matin quand j'arrive à la gare les jours où je pars faire cours. On voit bien sur cette photo prise hier en partant -que plus près de l'été qui finit que de Noël qui approche très au loin, Noël semble pourtant plus proche.
C'est l'automne qui fait ça, puisque ça sera mardi.
On voit bien à gauche la jolie petite gare qui fait très gare d'autrefois. C'EST une gare d'autrefois où peut-être Tourgueniev est passé quand il rejoignait Pauline Viardot en bas près de la Seine. C'est vraiment une jolie gare au toit pentu, bordé d'une frise en bois. Pourvu qu'elle ne soit pas un de ces quatre remplacée.
On ne voit pas bien en bas du bâtiment blanc la boulangerie où comme dans plein de boulangeries dans ce pays le pain est si bon, la boulangère compte ses centimes avec un oeil perçant, et les apprenties montrent toutes des plus jolis seins les unes que les autres.
On ne voit pas bien juste devant le bâtiment blanc le café devant la gare où Guillaume Depardieu qui a aussi une fille qui s'appelle Louise, en buvait souvent un, et qui n'est plus jamais là puisqu'il est mort depuis presque un an et c'est triste de ne plus jamais le voir là.
On ne voit pas non plus le long du quai, derrière un grillage, les herbes, les branches, les sureaux, tout le charme de cette campagne qui s'accroche, qui résiste, à 25 minutes et pas plus, de Paris.
On ne me voit pas non plus sur le quai, forcément, qui regarde cette photo sur mon téléphone en attendant le train, et qui trouve beau le ciel bleu du matin qui se lève, et belle la pancarte bleue lumineuse du nom de la ville et qui brille ainsi, comme si c'était Beaugency Notre Dame de Cléry Vendôme Vendôme, comme loin très loin un nom de village qui serait égréné par Péguy. On ne me voit pas non plus qui regarde sur la photo les nouveaux lampadaires si moches, trop hauts, qui ressemblent sur la photo à des miradors. On ne me voit pas qui ne peut pas voir, jamais, le coeur complétement tranquille une gare la nuit.
On ne me voit pas qui attend le train en me demandant: ils vont être comment ces quatre vingt élèves de brevet professionnel auxquels je fais cours pour la première fois de l'année scolaire, aujourd'hui? On ne me voit pas essayer de chasser mes idées reçues, mes préventions, mes déjà exaspérations, alors même que je ne les ai, eux, jamais vus. On ne me voit pas être là si inquiète si vivante si heureuse.
09:53 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gare, matin, automne, charles péguy, guillaume depardieu, ivan tourgueniev, pauline viardot, noël
30.08.2009
Vive les chipsologues !
Donc hier c'était le réveillon. Puisqu'aujourd'hui c'est Noël. Nous sommes tous
bien fatigués. Mais il fait un temps merveilleux. C'est l'avantage de Noël à la fin
du mois d'août, sous l'éventail. Et tout à l'heure, après le déj' de noël, on va tous
en haut de la tour Eiffel. C'est un temps à aller en haut de la tour Eiffel. (On a voté).
On emménera nos jouets neufs!
Bon. Donc, le réveillon. Homard donc (je l'avais dit, hein!) servi avec des chips goût
barbecue. (On a parlé de chips d'ailleurs, un éminent chipsologue étant parmi nous)
et puis un plateau de fromages -on a crié en choeur : "que ceux qui ne font pas de
régime dissocié se servent!", on a parlé de tout, de rien, c'était bien, de bouffe surtout
je crois à vrai dire! de la mer aussi, de l'été qui est une si douce invention, et puis
ah oui le dessert: gigantesque salade de fruits, des vrais avec même des morceaux de
melon d'eau dedans, des framboises, du vrai ananas, des figues. Et puis on a mis le
petit santon de Jésus dans la crèche à minuit pile, on a pensé tous ensemble qu'on ne
remerciait pas assez le Ciel, pour tout, pour ça, pour tant de choses, d'être là, et on
a mis les cadeaux dans nos godasses, et on est allés se coucher.Et là je prépare le
déjeuner. C'est vraiment bien Noël. On le refait aussi à la fin de l'année.
11:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : réveillon, noël, chips, homard, tour eiffel, jouets, godasses, ciel
29.08.2009
Rappel
Donc demain c'est Noël.
21:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : noël
26.08.2009
Noël c'est dimanche
Hier dans quatre mois c'est Noël. On ne pensera plus aux fourmis volantes, ni aux robes d'été.
Noël dernier est déjà si loin, si éloigné, comme vraiment un moment du passé, du passé reculé.
Il faudrait que Noël soit ce dimanche tiens, le dimanche avant la rentrée. J'ai une furieuse envie
que ça soit Noël maintenant. Sans tralala, sans compte à rebours, sans écoeurement, sans y
penser.
Oui dimanche. Une dinde -ça doit bien pouvoir se trouver- ou du homard; voilà oui du homard,
qu'on aille me pêcher un homard! , et puis des figues, c'est la saison, et une tarte aux mirabelles
comme celle que j'ai faite ce soir, et on met tous, nos godasses sous le sapin et on a tous, des
cadeaux charmants et voilà oui c'est ça: on fait ça dimanche, on se donne du courage avant la
rentrée.(et on se débarrasse tout de suite d'une bonne corvée!)
Qu'on se le dise: dimanche sous l'éventail c'est Noël!
(D'ailleurs chez une très charmante vieille dame que je viens de rencontrer, j'ai tout vu: dans son
immense armoire, les santons sont là, tout près, tout prêts, prêts à bondir! CQFD)
00:44 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : noël, homard, santons, rentrée
28.12.2008
En retard et c'est beau
Quand Noël est passé, quand enfant, Pâques de toute façon semble si loin,
ne peut même pas s'envisager, quand toute cette effervescence de décembre
est terminée, ce n'est pas rien que les rois mages arrivent quand plus
personne ne regarde dans la direction de la crêche.
Pourtant leurs santons, depuis que la crèche est installée, étaient là, posés très loin,
à l'horizon, dans le lointain ou même sur le rebord de la cheminée ou sur une étagère.
Mais on ne leur prêtait aucune attention.
Et puis longtemps après la bagarre, ils arrivent. L'un est noir. Ils sont rois. Ils se sont
tapés tout ce chemin.Les parents -et le caté!- expliquent ça: ils viennent de très très loin.
Ils arrivent en retard mais pour eux ça n'a pas d'importance, ce qui compte
c'est d'arriver. On ne les a jamais vus faire une crise de nerfs parce qu'ils
n'étaient pas à l'heure!
Et voilà, je voulais juste dire ça, ils se placent dans une chronologie qui a drôlement
un sens pour un enfant: ils arrivent après. Persévérance!
Ils adorent, eux les rois, un enfant pauvre. ben mince alors, ce n'est pas rien.
Ils sont venus avec des cadeaux précieux incompréhensibles: la myrrhe, l'encens...
Alors il peut y avoir des cadeaux importants autres qu'un jouet?
Ils ont des noms qu'on répète en boucle, Gaspard, Melchior, Baltazar, lequel est Melchior?
On dit: est-ce le noir? Ils sont très intimidants. Ils s'approchent. On les pose agenouillés
à côté de Jésus, du boeuf, de l'âne.
Et une voix de grande personne raconte ou quelqu'un rappelle qu'ils ont suivi dans le désert
l'étoile du berger. Et c'est merveilleux. On la cherche ensuite avec les autres étoiles dans
la nuit, et toute la vie on se souvient de ça, que même dans les pires détresses, elle est là
dans la nuit, eh bien tout ça, moi je dis c'est pas rien!
11:04 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : noël, pâques, rois mages, chronologie, persévérance
26.12.2008
Mes cadeaux de Noël vus par Jacques (Lacan)
En plein milieu du déjeuner de Noël, Jacques m'a dit (Jakadi): "Dis voir un peu tes cadeaux
de Noël..."
- Mais quels cadeaux? Quand? Mes cadeaux de cette année?
- Les cadeaux de Noël dont tu te rappelles, ceux de ta vie jusqu'ici, quoi, je voudrais voir
quelque chose...
- Jacques, chapon chéri, tu as trop bu, j'aime pas quand tu fais ton Elisabeth Tessier
Jacques a soupiré: " Putain, on peut plus s'amuser ici"
- C'est depuis Sarkozy, a gloussé George, qui mangeait beaucoup trop de marrons
- Je te dis qu'elle est vulgaire, a soufflé Fénelon à propos de George à Albert (Fénelon a en
horreur les discussions de comptoir de café, horreur qu'on dise le mot "Sarkozy" -même si je
n'en pense pas moins" rajoute-t-il toujours, il trouve ça éminemment vulgaire, bon c'est Fénelon,
on l'aime comme ça, et il a souvent raison)
- Et si on passait aux fromages? a proposé Albert
- Et ma bûche, et ma bûche? a demandé Alfred? (c'est Alfred qui a fait la bûche cette année)
- Tu veux qu'on mange d'abord ta bûche et ensuite le fromage? a demandé François-René offusqué
- J'ai jamais dit ça, a grogné Alfred, je m'inquiète juste qu'elle soit trop froide, je la sors du frigo?
- Bon, dit Jacques, tu sors ta bûche Alfred, je ne ferai aucun commentaire, trop facile et en échange
tu nous fous la paix d'accord (oh oh, renversement de situation, c'est Jacques qui dit ta gueule
à Alfred) alors tes cadeaux, tu nous dis?
- Devant tout le monde? C'est pas très déontologique ça Jacques,dis-moi!
- Rhoo, c'est pour rire
- Bon j'y vais, mais vous me direz aussi
- D'accord! D'accord! (grande cohésion d'équipe: ils étaient tous d'accord pour parler de
leurs cadeaux, alors ça c'est surprenant. A suivre! Bref!)
- Premier cadeau dont je me souvienne: "Les mémoires de Sophie" ,premier livre lu!
- Pff je le sais depuis longtemps, (Jacques haussa les épaules) De l'inédit, merde!
- Un petit lit de poupée en bois, fabriqué par mon papa, peint en bleu ciel, oh comme il m'avait plu!
- Très intéressant! Très intéressant! le lit de son papa!
- Jacques t'es pas drôle, tu respectes rien...
- M'étonne que je respecte rien! Continue, t'es bien partie... (Les autres avaient commencé le
fromage, un saint-marcellin à mourir, un brillat-savarin de toute beauté, une boulette d'avesnes
à se damner...)
- Bon, un horrible cadeau qui ne m'a pas du tout fait plaisir, un album de timbres mais sans les
timbres
- Et pourquoi horrible?
- Il était affreux, tout vide, avec ses pages toutes noires, et moi je m'en fichais complètement
des timbres
- Timbrée chérie, dit Albert gentiment en me prenant par le cou
- Albert, - Jacques grondait Albert maintenant! - change pas la conversation, et alors, après l'album
de timbres?
- Le compas
- Pitié, tu nous l'as déjà raconté! (ils s'étouffaient dans leurs fromages -sauf George qui se
remaquillait les yeux)
- C'est vrai, je suis au courant répliqua Jacques doctement. C'était d'ailleurs confondant. Passons.
Et puis?
- Et puis un sac bizarre, qui m'avait affreusement déçue
- Jamais contente! Comme George, dit Alfred
- Bon Jacques on arrête, on embête tout le monde, regarde ils sont tous dans la cuisine
- Mais si! Je vérifie, je vérifie, tu te rends pas compte!Un sac tout le monde sait ça, c'est très
symbolique
- Mais t'es au niveau d'un "Marie-Claire" là, Jacques! Tu vérifies quoi au juste ?
- Dis-moi un cadeau qui t'a plu, un cadeau qui t'a enchantée, un cadeau qui t'a bouleversée et je
te dirai
- Jamais Jacques, jamais!
- Dis-moi en un, un seul! ce sera l'exemple le plus tangible de ce qe j'appelle l'action nachträglich
du signifiant
- La bûche, messieurs-dames, la bûche annonça alors Alfred, portant celle-ci sur un plateau
(de pur argent bien sûr)
- Oh! fit tout le monde
- Oh! fit Jacques
C'était une bûche ravissante, en forme de gondole vénitienne, avec des petits nains habillés
en gondoliers pour décorer
C'est là que George tomba dans les pommes.
-Du champagne pour George! Vite! Vite! cria Albert
- Quelle emmerdeuse! dirent certains
- Chère vieille emmerdeuse... dit Gustave tendrement
- Faut appeler le Samu dit Fénelon (le gars toujours optimiste)
- Ma bûche ramollit! s'angoissait Alfred!!!
- Régression topique! Désir barré! Perspective Kleinienne! braillait une fois de plus Jacques.
Ouf, il m'avait oubliée. De toutes façons, jamais je ne le dirai, ce qui m'a bouleversée.
Ni ce qui me bouleverse. Il n'a qu'à le deviner. Si ça l'intéresse.
23:43 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : noël, lacan, chapon, fenelon
28.11.2008
Compas en majesté
Depuis toujours les objets tranquillement,
se détachent de moi, disparaissent, se cassent
(dans les deux sens du mot), ou s'évanouissent,
au pays des objets envolés.
C'est fou quand j'y pense la quantité de choses
que j'ai perdues dans la vie. Tsss, nul doute que je
finirai par perdre la vie, partie comme je suis.
Hier pour la millième fois je rachetais des compas
à mes enfants.
Enfin pas cinquante compas non plus, un compas à
chacun. Soit ils font un trafic de compas depuis des
années, -aux portes du collège et du lycée, hé, p'tit
t'as du compas ?, ouais j'en ai, du beau, du lourd,
- soit c'est la vengeance de la 25eme heure
des compas, j'ai une histoire avec les compas.
Une vieille histoire. Blottissez vous autour du feu, je
m'en vais vous la narrer.
Noël il y a très longtemps.J'habite dans une île. Ouh ouh font les cornes à brume des bateaux.
Ouh ouh fait le vent. Les thoniers chavirent. J'ai 7 ans et déjà comme un signe annonciateur, j'ai
vu près de mon lit une fourmillière dans le plancher.
25 décembre. Le Père Noël m'a apporté un compas! Aucun mot de la langue française n'illustrera mieux que ce compas ma plus
primitive déception, celle qui remonte dans la gorge à la vitesse d'un tuyau percé qui se met à gicler, vous voyez?
Pourtant, là, quand je le regarde celui-là sur l'image, je le trouve ravissant. "On dirait Françoise Hardy" me dit Fénelon.
Il a raison. Quant à Jacques (pas Dutronc), il jubile: "Tiens, tiens. Compas?Con-pas? Pas con?"
Allez, tous en choeur: "Ta gueule, Jacques!"
23:35 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : compas, noël, françoise hardy


