02.12.2008

Ne plus tenir debout

 

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J'aime le métro, j'aime les mac do, j'aime tous les endroits où le corps s'avachit, où il n'est plus en représentation.

J'aime l'intérieur des manifs quand on ne sait plus où est le début ni la fin et quand

Paris prend un son qu'il n'a jamais: débarrassé du bruit des voitures.

J'aime la pluie quand tout le monde se plaint d'elle et que je l'aime à en être lynchée si

je le dis, comme si de l'aimer j'avais le pouvoir de la faire tomber!

J'aime les cuisines quand il y a eu tellement de monde à manger qu'on ne sait vraiment

pas pour la vaisselle par où commencer.

J'aime quand une femme est belle et qu'elle est très très fatiguée.

J'aime que mes jambes ne me portent plus quand je vais me coucher.

J'aime quand lorsqu'ils sont complètement épuisés, les hommes qu'on aime ont  un certain

air abandonné, assez vite ensuite effacé.

J'aime par dessus-tout ne plus tenir debout.

23.11.2008

La manif d'hier par un enfant du siècle

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Je m'appelle Alfred de Musset. Bon, d'accord. N'empêche que j'étais à la manif

contre la privatisation de la poste. Nous partîmes 500, mais par un prompt renfort

nous nous vîmes douze mille (2150 d'après la police) en arrivant au port.

Cinq fédérations syndicales me soutenaient. Des usagers aussi. Ouais.Parait

que je rentre dans la case usager pas encarté. M'en fous du nom.

Car s'cusez, l'important, c'est ça: suis révolté, moi, par l'allure de nos postes!

Pas vous? Bon sang, quand d'aventure je vais poster une lettre à George en recommandé,

si par exemple je lui envoie non seulement une lettre mais aussi un livre, une boite de

calissons -dont elle est dingue- ou une surprise, je ne sais pas moi, c'est pas votre

affaire non plus!-  bref, je suis écoeuré.

Ce n'est plus une poste, c'est n'importe quoi. Et pourquoi? Parce qu'il est prévu que

le capital soit  ouvert le 1er janvier 2010 à 30%. La poste deviendrait une société

anonyme, fermant -c'est déjà commencé- ses bureaux dans les campagnes.

Le gaz, le téléphone... et maintenant la poste! putain de merde!

Alors voilà, je battais le pavé hier. Oh, c'était pas la manif du siècle. M'en fous.

J'en suis, moi. Je suis un enfant du siècle. J'aime les manifs. On est dans la rue.

Il fait froid. On se tient le bras. On est beaucoup. On est une vague.On

est tous. Me prend alors au ventre la rage qu'on s'y mette vraiment, tous, à gueuler,

à pas rester là sur le trottoir à regarder passer les cortéges, et la vie. Je suis

dedans, je suis là, moi, Alfred, j'y suis, libre, j'y suis fier !

Vous dites? ça manquait de panache?

Que dalle! Le panache est dans nos coeurs les amis!

On ne badine pas avec la manif! Hein Jacques? (Vous avez vu comme Jacques m'a

cassé les pieds et je suis poli, hier au diner chez Sophie L.L avec son...son Verbe!

Ravagé, Jacques! (Pas vu à la manif, d'ailleurs)

A bientôt avec vous,

Alfred  ( PS:et je vous vois là, à chipoter sur la photo et le drapeau que vous regardez

à la loupe. Prenez de la hauteur! Ici, aujourd'hui c'est une image! Admirez plutôt les galurins,

merci! Kiss. Alfred)