12.12.2008

Genre de petite marchande aux allumettes

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Bon, j'ai déjà parlé de mon amour, ô combien coupable ! des mac do, - à

condition qu'ils soient bien minables-, je n'aime pas les mac do clinquants,

parlé hier de cette grande roue à Lille, et tout à l'heure il s'est passé le même

truc à la tombée de la nuit avec ce marché de noël saugrenu, en plein parvis

glacial de La Défense.

Je sortais d'un gratte-ciel, je tombe sur ce marché avec des gaufres dans

le froid, des marchands frigorifiés.

Il y a de la douceur maintenant dans ces endroits que je fuyais.

Il y a de la grâce qui me tombe dessus, va savoir pourquoi, dans ces endroits-là.

C'est comme quand on a le mal de mer et on arrête à un moment de lutter contre les vagues

et on n'a plus le mal de mer.

Comme si j'avais besoin d'aller quand je suis très fatiguée, seule, dans la fatigue des autres.

De mélanger mon épuisement aux autres épuisements- comme ce jour il y a quelques mois sur

un banc à Vincennes.

Un jeune homme est sorti de son stand, est venu vers moi, et a mis dans ma main glacée une

minuscule matriochka rouge, il avait un accent russe, peut-être plutôt polonais,  à couper au couteau.

Il a dit que c'était pour moi.

Je serais partie au bout du monde avec lui.

Si on referme ma main sur une noix, ou une toute petite matriochka, ou un escargot vivant,

ou une plume, ou n'importe quoi, ça me fait cet effet-là.

 

 

30.11.2008

Sous la nappe

 

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Comment dire cela? Comment exprimer mon malaise?

Je crois que c'est dans les mac do pourris que je me sens le mieux,

là où je pourrais passer la serpillière au milieu de ceux qui mangent

et où ceux qui passent la serpillière rient et parlent exactement

comme tous ceux qui sont là, qui eux-même parlent à la fille ou

au gars qui passe la serpillière entre les chaises.

Ils honnissent les mac do (comme si leur haine était productive de quelque

chose !) ceux qui  mourraient d'y mettre les pieds, pauvres petits qui n'aiment

pas la pauvreté. (Ou le ketchup, moi non plus d'ailleurs !)

Dégueu en général ce qu'on y mange, d'accord. (Quoique les frites...même si

elles ne valent pas les miennes!). Mais ailleurs, trop de choses, vraiment

trop de choses,  me restent sur l'estomac.

Ainsi, manger avec un homme vers qui tout (ou rien d'ailleurs, or le désir mystérieux),

vous pousse, tue l'amour - je trouve- dans un restaurant aux chandelles, aussi sûrement

que si cet homme était pourvu d' une voix de crécelle, d' une american express, ou d'un

coeur en sac poubelle. (ou les trois!)

Bien sûr  je mange souvent dans des restaurants "normaux"; mais de plus en plus j'y

éprouve ma lâcheté. Et cette lâcheté je l'espère, va bientôt me lacher.

C'est que "Mac Do, quelle horreur,  c'est l'usine" dit-on. Ben justement: dans les usines, la

force syndicale a arraché des conventions d'entreprise beaucoup plus favorables que dans les

petits établissements où, protégés par personne, les employés soumis aux heures supplémentaires

obligatoires non déclarées et... non payées, font le bonheur du patron et de la patronne si

sympathiques aux aveugles.

Hypocrisie, ou  angélisme, que ces louanges aux "indépendants" et au "made in france" !

Enfin donc voilà, j'ai un problème: sous la nappe, damassée et immaculée ou à carreaux rouges

et blancs , il y a toujours un patron, et pour prendre la commande quelqu'un qui travaille pour enrichir

ce patron.

C'est terriblement embêtant.

Car j'adore aller au restaurant.