22.01.2009
L'histoire de Jacques: 2- Joyce (encore)
Lacan était beaucoup, beaucoup moins joli à regarder que Marilyn,
ça c'est incontestable.
Mais il avait ça de commun avec elle: d'être complètement fasciné par Joyce. (On voit sur
une photo déjà parue sous l'éventail, Marilyn, adorable, plongée en pleine lecture d'Ulysse,
j'ai pas beaucoup de principes dans la vie mais j'ai celui-là: je n'utilise jamais ici deux fois la
même photo! Pas grave, suffit de taper Marilyn sur Google - ce qui n'est pas la même chose
que se taper Marilyn je vous assure, car je préfère le dire moi-même avant que d'autres le
disent, bref)
Très jeune -je crois qu'il n'avait même pas 20 ans- il l'avait rencontré (Joyce, pas Marilyn)
dans la librairie d'Adrienne Monnier rue de l'Odéon. Et avait assisté dans une autre librairie
mythique, Shakespeare and Co, à la première lecture d'Ulysse. Complètement époustouflé.
Cinquante ans plus tard, oui! cinquante ans plus tard, il revient à Joyce, lit tout ce qui le
concerne, et intervient pour la première fois en public à son sujet. C'est à la Sorbonne, en
1975.
Il ne parle pas longtemps. Mais ce qu'il a préparé s'appelle "Joyce le symptôme", et ce n'est
pas de la gnognote.
Alors zou, pendant tout son séminaire de l'année qui suit, il ne parle QUE de Joyce.
C'est que tout chez Joyce le retient.
D'abord, mais pas forcément dans cet ordre, -là je sais pas-, ce qui l'intéresse chez Joyce ce
sont les mots-valise qu'il (Joyce) "invente" et dont il (Jacques, cette fois) fera force usage.
Ce sont d'ailleurs ces jeux sur le langage qui ont rendu Lacan célèbre, - ses rapports à l'argent
aussi?- Ayant tout fait pour se rendre célèbre ainsi, cela lui vaudra d'être ridiculisé, sa pensée
s'apparentant et se limitant du coup pour beaucoup, à un joyeux et méprisant foutage de gueule.
Et moi toute petite confarfe, je trouve que c'est bien tragique: il l'avait vraiment cherché. Mais
sans l'avoir vraiment voulu.
Je me comprends. Jacques est un enfant perdu.Bon.
On disait? On disait quoi? Ah oui, que sont les calembours de Joyce qui ont subjugué Lacan.
Comme dans une cour d'école maternelle: c'est Joyce qui a commencé le premier! Par exemple
en écrivant Rothschild: redshields (boucliers rouges) ou Dieu (God): goat (chèvre) qui devient Gott.
Et puis comment Lacan aurait-il pu ne pas être à genoux devant le "Work in progress" de Joyce
que Joyce mit 17 ans à écrire et qui mélange... 19 langues !
Or Lacan n'est pas dingue (je sais, cette phrase touche au génie de ma part): il se rend bien
compte qu'il bascule dans une espèce de folie, s'interrogeant très lucidement sur Joyce en disant:
" Joyce était-il fou? Par quoi ses écrits lui ont-ils été inspirés?", en se posant à lui-même... la même
question.
Ce qui l'intéresse donc, c'est cette conviction que l'écriture en elle-même peut constituer (ouh la, je
me fais peur là) cette création (idée qui a été développée par Stephen Dedalus lui-même):
le langage est dissous et alors ce n'est qu'à cette condition qu'une langue peut éventuellement être
reconstruite..Une langue où peut surgir "une soudaine manifestation spirituelle se traduisant par la
vulgarité de la parole ou du geste..."
Intéressant, non? Ouiche.
Moi j'aime bien les mots qu'il invente:par exemple la "crachose"= la "chose" freudienne + le fait que
Freud postillonnait(?!) ou la "jaclaque"= en avoir sa claque de Jacques Lacan!!!
Et puis aussi, et sans doute surtout et c'est très clair, Jacques nous fait une grosse identification à
Joyce, en particulier à sa haine de la famille et de la religion ( "tous deux enfants de curés" dit-il
à propos de Joyce et de lui), et à l'absence , même si elle n'est pas matérielle, du père, des pères
"pas à la hauteur", quoi, d'où dit-il l'obsession pour leurs fils, de se "faire un nom".
Mais sur ses rapports avec la religion, comme on dit souvent: "c'est plus compliqué"!!!, nous y
reviendrons. C'est un blog sérieux ici. Tout le prouve.
Bon. Pour finir: vous savez que Jacques et moi nous causons souvent, qu'il aime bien lire Gala
dans mon salon, n'empêche que pour pas dire trop d'âneries -et quoique justement l'âne soit
l'animal fétiche de Jacques, c'est ainsi d'ailleurs que s'appelle aujourd'hui le journal des lacaniens:
"L'Ane", l'honnêteté me demande d'indiquer que je me sers beaucoup du livre d'Elisabeth
Roudinesco: "Jacques Lacan, esquisse d'une vie", publié chez Fayard.
Voilà. Je retourne à Gala.
l
00:31 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : lacan, marilyn monroe, james joyce
29.12.2008
Voir des Jacques partout
Ho la! le vertige me prend. Il y a des Jacques partout. Je suis comme ces fous qui voient
des Napoléon partout.
Jacques qui me bassine depuis deux ou trois jours avec son nachträglich du signifiant,
un autre Jacques qui se rebelle, la bouche pleine de charlotte au chocolat, l'Autre Jacques,
- pas le même- qui s'en mêle, et voilà que George en rajoute une couche, m'apprenant qu'elle
vient d'écrire "une petite chose charmante" - dit-elle- , une "infâme dégoulinure bien dans sa
manière" dit Fénelon.
Et puis Jacques Coeur qui n'en avait pas, et puis Jacques Cartier qui n'en faisait pas, et puis
un Jacques qui était maître, et un autre fataliste, un le Majeur, un Le Mineur, quelques uns frères,
et Jack Pot aussi - ouh la, le fils de Pol, peut-être?-
Où donner de la tête?
" L'amour est un sentiment comique" me dit Jacques L. Et il enchaîne aussitôt: "Et le sommet de la
comédie est parfaitement localisable".
Moi: "T'es sûr?"
Lui: "oui, c'est dans mon séminaire livre V, page 136"
Et l'autre Jacques: "j'en ai un peu marre de la charlotte au chocolat, tu pourrais pas faire, je
sais pas moi...du baba?"
"Du baba!"
Et l'autre, l' Autre Jacques...ah ben non, il n'est pas là, il ne dit rien, je m'inquiète. Bon.
Et George:"c'est une petite oeuvre épistolaire, je l'ai écrite en 1834, elle s'appelle "Jacques";
en toute simplicité; mon héros croit trouver le bonheur en épousant Fernande -bien avant de
connaitre la chanson, ce qui notez-le bien, -dit George avec la modestie dont elle est coutumière-,
prouve que je la connais la chanson, donc épouse Fernande, qui est bien gentille mais un peu
neuneu sur les bords et pour la distraire invite sa soeur Sylvia, sa soeur à lui..." (" c'est sûr ça pue
l'embrouille" rigole Jacques, qui connait les Sylvia, mais là ça devient de la haute couture, Sylvia
Lacan, née Bataille, ayant donc été mariée à Jacques, personne ne va commenter
ce billet particulièrement improbable! ou qui s'y frotte, avec sa pantoufle de vair, je l'épouse sur le
champ!)
( à suivre)
01:09 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jacques, lacan, amour
26.12.2008
Mes cadeaux de Noël vus par Jacques (Lacan)
En plein milieu du déjeuner de Noël, Jacques m'a dit (Jakadi): "Dis voir un peu tes cadeaux
de Noël..."
- Mais quels cadeaux? Quand? Mes cadeaux de cette année?
- Les cadeaux de Noël dont tu te rappelles, ceux de ta vie jusqu'ici, quoi, je voudrais voir
quelque chose...
- Jacques, chapon chéri, tu as trop bu, j'aime pas quand tu fais ton Elisabeth Tessier
Jacques a soupiré: " Putain, on peut plus s'amuser ici"
- C'est depuis Sarkozy, a gloussé George, qui mangeait beaucoup trop de marrons
- Je te dis qu'elle est vulgaire, a soufflé Fénelon à propos de George à Albert (Fénelon a en
horreur les discussions de comptoir de café, horreur qu'on dise le mot "Sarkozy" -même si je
n'en pense pas moins" rajoute-t-il toujours, il trouve ça éminemment vulgaire, bon c'est Fénelon,
on l'aime comme ça, et il a souvent raison)
- Et si on passait aux fromages? a proposé Albert
- Et ma bûche, et ma bûche? a demandé Alfred? (c'est Alfred qui a fait la bûche cette année)
- Tu veux qu'on mange d'abord ta bûche et ensuite le fromage? a demandé François-René offusqué
- J'ai jamais dit ça, a grogné Alfred, je m'inquiète juste qu'elle soit trop froide, je la sors du frigo?
- Bon, dit Jacques, tu sors ta bûche Alfred, je ne ferai aucun commentaire, trop facile et en échange
tu nous fous la paix d'accord (oh oh, renversement de situation, c'est Jacques qui dit ta gueule
à Alfred) alors tes cadeaux, tu nous dis?
- Devant tout le monde? C'est pas très déontologique ça Jacques,dis-moi!
- Rhoo, c'est pour rire
- Bon j'y vais, mais vous me direz aussi
- D'accord! D'accord! (grande cohésion d'équipe: ils étaient tous d'accord pour parler de
leurs cadeaux, alors ça c'est surprenant. A suivre! Bref!)
- Premier cadeau dont je me souvienne: "Les mémoires de Sophie" ,premier livre lu!
- Pff je le sais depuis longtemps, (Jacques haussa les épaules) De l'inédit, merde!
- Un petit lit de poupée en bois, fabriqué par mon papa, peint en bleu ciel, oh comme il m'avait plu!
- Très intéressant! Très intéressant! le lit de son papa!
- Jacques t'es pas drôle, tu respectes rien...
- M'étonne que je respecte rien! Continue, t'es bien partie... (Les autres avaient commencé le
fromage, un saint-marcellin à mourir, un brillat-savarin de toute beauté, une boulette d'avesnes
à se damner...)
- Bon, un horrible cadeau qui ne m'a pas du tout fait plaisir, un album de timbres mais sans les
timbres
- Et pourquoi horrible?
- Il était affreux, tout vide, avec ses pages toutes noires, et moi je m'en fichais complètement
des timbres
- Timbrée chérie, dit Albert gentiment en me prenant par le cou
- Albert, - Jacques grondait Albert maintenant! - change pas la conversation, et alors, après l'album
de timbres?
- Le compas
- Pitié, tu nous l'as déjà raconté! (ils s'étouffaient dans leurs fromages -sauf George qui se
remaquillait les yeux)
- C'est vrai, je suis au courant répliqua Jacques doctement. C'était d'ailleurs confondant. Passons.
Et puis?
- Et puis un sac bizarre, qui m'avait affreusement déçue
- Jamais contente! Comme George, dit Alfred
- Bon Jacques on arrête, on embête tout le monde, regarde ils sont tous dans la cuisine
- Mais si! Je vérifie, je vérifie, tu te rends pas compte!Un sac tout le monde sait ça, c'est très
symbolique
- Mais t'es au niveau d'un "Marie-Claire" là, Jacques! Tu vérifies quoi au juste ?
- Dis-moi un cadeau qui t'a plu, un cadeau qui t'a enchantée, un cadeau qui t'a bouleversée et je
te dirai
- Jamais Jacques, jamais!
- Dis-moi en un, un seul! ce sera l'exemple le plus tangible de ce qe j'appelle l'action nachträglich
du signifiant
- La bûche, messieurs-dames, la bûche annonça alors Alfred, portant celle-ci sur un plateau
(de pur argent bien sûr)
- Oh! fit tout le monde
- Oh! fit Jacques
C'était une bûche ravissante, en forme de gondole vénitienne, avec des petits nains habillés
en gondoliers pour décorer
C'est là que George tomba dans les pommes.
-Du champagne pour George! Vite! Vite! cria Albert
- Quelle emmerdeuse! dirent certains
- Chère vieille emmerdeuse... dit Gustave tendrement
- Faut appeler le Samu dit Fénelon (le gars toujours optimiste)
- Ma bûche ramollit! s'angoissait Alfred!!!
- Régression topique! Désir barré! Perspective Kleinienne! braillait une fois de plus Jacques.
Ouf, il m'avait oubliée. De toutes façons, jamais je ne le dirai, ce qui m'a bouleversée.
Ni ce qui me bouleverse. Il n'a qu'à le deviner. Si ça l'intéresse.
23:43 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : noël, lacan, chapon, fenelon
21.12.2008
Eternel féminin
( l'éternel féminin est dans ses yeux quand elle le regarde, non?
j'aime vraiment énormément comment elle le regarde)
Alfred, Albert, Alphonse, Honoré, François-René, Lacan, Gustave, Fénelon...
ils étaient tous là hier soir. Chez moi. Je leur avais dit "Passez, ça me
ferait plaisir, ça fait longtemps..."
- T'as des cadeaux? m'a interrompu Jacques (vous savez bien que c'est
le malpoli de la bande)
J'ai dit "ouais j'ai des cadeaux, mais toi t'en es pas un", et j'ai passé
l'après-midi à chercher des cadeaux pour chacun.
Bon, c'était donc un peu comme le Noël de l'Elysée, quoi. Enfin presque.
Enfin le même principe plombant quoi: Noël avant Noël. Vu que Noël
avec eux faut pas y compter: ils passent Noël avec leur famille, et
comme ils sont tous morts je veux dire tous les gens de leur famille
et eux aussi d'ailleurs, ils passent Noël avec leurs morts. Entre les morts.
Donc on était là après le diner. On parlait de choses diverses et variées.
On était bien. Et je ne sais plus qui parmi eux a soudain dit: "Mais en
fait, on est tous là, on est si malins, c'est quoi hein, c'est quoi en fait l'éternel
féminin?"
Jacques a bondi de son fauteuil pour répondre mais on l'a attaché bien serré
sur son siège avec les rubans des paquets cadeaux qu'ils avaient tous
ouverts avec fébrilité -mon dieu, que je les aime!- et on lui a mis dans la
bouche un énorme morceau de charlotte au chocolat pour l'empêcher
de parler
"Tiens étudie déjà Charlotte,!" lui a dit Fénelon.
Un problème de réglé.
Alfred a demandé: "l'éternel féminin, enfin, vous voulez dire les jeunes filles, à quoi
elles rêvent, tout ça?"
"Oui, par exemple" on a tous dit ( il se foulait pas, mais bon on est gentil et c'est Noël)
Gustave a bougonné: "l'éternel féminin c'est moi."
"Ah merci, on est bien avancé !" on a tous crié. Gustave s'est mis à bouder. Entre parenthèses
CQFD!
Albert réfléchissait. Alphonse fumait une cigarette à l'ombre d'un palmier sur le balcon.
(il y a une palmeraie sur mon balcon)
J'ai dit pour les taquiner: "vous êtes bien songeurs..."
Alors Honoré s'est lancé:" Une nuque penchée , une taille ployée..."
Tang qui débouchait une bouteille dans la cuisine -je vous l'avais pas dit?- a surgi: "des
pendants aux oreilles ?..."
Alors ils s'y sont tous mis:
"Une voix..." "Une mauvaise foi..." "Un premier baiser sous la pluie..." "L'amour à la folie.."
Ils dessinaient mille morceaux d'éternels féminins, c'était splendide..
et c'est là que François-René a dit: "Non mes amis, moi je vais vous dire ce que c'est l
'éternel féminin...et je propose même qu'on détache Jacques. Qu'il s'instruise, qu'il
nous instruise!" ("Ah esprit de Noël quand tu es là.." j'ai soupiré)
"Adopté! ont-ils hurlé. Jacques on est pas vaches, Jacques on te détache!
La parole est à François-René!"
Moi je disais: "chut, chut, criez pas si fort, à cause des voisins..." (éternel féminin)
et aussi: "vous avez pas assez picolé?" (éternel féminin)
et encore: "et vous avez rien dit pour ma charlotte? elle est pas bonne? " (éternel féminin)
(à suivre)
23:50 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : monroe, eternel feminin, fenelon, lacan
26.11.2008
La jeunesse se radicalise
Thibaudet, Fénelon, George, Musset: "Y en a marre, on est pas tes peluches!"
et Lacan: "je dirais même pluche, on est pas tes p'luches!"
19:06 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lacan, thibaudet, fénelon, musset, george sand
01.11.2008
Un caca nerveux de Musset
(La scène se passe un soir de novembre chez Musset. Lacan et Thibaudet sont là. Ils fument tous les trois le cigare.
La pluie tombe sans discontinuer.)
Musset: les oreilles me sifflent mes amis!
Lacan: qu'est-ce-que cela veut dire Alfred?
Musset :ça veut dire que le triste effet produit par mon chant ne laisse pas que de m'attrister. En gros.
Hélas! musique, hélas! poésie, qu'il y a peu de coeurs qui vous comprennent!!!
Lacan: bon, musique, poésie, de deux choses l'une...
Thibaudet: Jacques, arrête! Tu disais Alfred?
Musset: de çi, de là, j'entends que mon théâtre...
Thibaudet:...n'a aucune importance dramatique, c'est vrai!
Lacan: on va pas tourner autour du pot; que nous montre l'ancienne Comédie? Il conviendrait que tu mettes un peu de temps en temps ton
nez chez Aristophane!
Thibaudet: Alfred, on a sifflé ta Nuit Vénitienne à l'Odéon et tu n'as plus écrit de théâtre que pour la lecture tu le sais! tu n'es pas le seul
d'ailleurs! Byron, Mérimée, Hugo après 1843 ont fait comme toi!
Musset: sympa, les mecs, vous me remontez le moral!
Thibaudet:allez quoi! tu es le poète des Nuits!
Lacan: et si on se buvait un petit cognac?
Thibaudet:le théâtre est une discipline. Et tu n'aimes pas les disciplines, Alfred!
Musset: Albert n'en rajoute pas, je suis ce soir à terre...Et en plus, George m'attend depuis au moins une heure au drugstore saint-germain!
Thibaudet: ah alors là, je te plains!
Lacan:le désir croise la ligne signifiante mes enfants! Tous au drugstore saint-germain!
(Ils sortent)
19:28 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musset, lacan, théâtre, cognac, désir




