18.10.2009
Les flaques

- Lui: regarde les flaques, on dirait le sable quand la mer descend...
- Elle:...
- Lui: tu les vois?
- Elle: mon amour, tu sais bien, je ne vois plus rien depuis longtemps
22:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : flaques, versailles, amour, fatigue, gaité
20.01.2009
Portrait aux cartons plein la tête, sans éventail
Quelques années ont passé depuis les dernières photos, quelques heures depuis Kojève et Lacan hier, j'ai fait cours toute la journée, j'ai diné vite fait à Paris, et je suis rentrée faire des cartons, et ma fille vient de prendre cette photo;
c'est une photo qui a une heure, hé c'est que les éventails derrière lesquels on peut se cacher sont déjà dans des cartons, c'est donc pour ça que vous me voyez, ah on peut pas dire que j'ai l'air morte de rire, ouille je suis même sinistre, c'est la fatigue du soir,mais voilà tout est bien:vous me voyez et je préfère, ça me pesait d'être cachée, et à part ça , tout est dans le plus grand bazar ici: et c'est marrant ça se voit pas sur la photo.
Ni que mon cerveau déborde de cartons en ce moment. Moralité: c'est bien connu: on voit tout et on voit rien sur les photos !
22:32 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : portrait, cartons, miroir, fatigue
12.12.2008
Genre de petite marchande aux allumettes
Bon, j'ai déjà parlé de mon amour, ô combien coupable ! des mac do, - à
condition qu'ils soient bien minables-, je n'aime pas les mac do clinquants,
parlé hier de cette grande roue à Lille, et tout à l'heure il s'est passé le même
truc à la tombée de la nuit avec ce marché de noël saugrenu, en plein parvis
glacial de La Défense.
Je sortais d'un gratte-ciel, je tombe sur ce marché avec des gaufres dans
le froid, des marchands frigorifiés.
Il y a de la douceur maintenant dans ces endroits que je fuyais.
Il y a de la grâce qui me tombe dessus, va savoir pourquoi, dans ces endroits-là.
C'est comme quand on a le mal de mer et on arrête à un moment de lutter contre les vagues
et on n'a plus le mal de mer.
Comme si j'avais besoin d'aller quand je suis très fatiguée, seule, dans la fatigue des autres.
De mélanger mon épuisement aux autres épuisements- comme ce jour il y a quelques mois sur
un banc à Vincennes.
Un jeune homme est sorti de son stand, est venu vers moi, et a mis dans ma main glacée une
minuscule matriochka rouge, il avait un accent russe, peut-être plutôt polonais, à couper au couteau.
Il a dit que c'était pour moi.
Je serais partie au bout du monde avec lui.
Si on referme ma main sur une noix, ou une toute petite matriochka, ou un escargot vivant,
ou une plume, ou n'importe quoi, ça me fait cet effet-là.
20:50 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : matriochka, marché de noël, fatigue, mac do, la défense
02.12.2008
Ne plus tenir debout
J'aime le métro, j'aime les mac do, j'aime tous les endroits où le corps s'avachit, où il n'est plus en représentation.
J'aime l'intérieur des manifs quand on ne sait plus où est le début ni la fin et quand
Paris prend un son qu'il n'a jamais: débarrassé du bruit des voitures.
J'aime la pluie quand tout le monde se plaint d'elle et que je l'aime à en être lynchée si
je le dis, comme si de l'aimer j'avais le pouvoir de la faire tomber!
J'aime les cuisines quand il y a eu tellement de monde à manger qu'on ne sait vraiment
pas pour la vaisselle par où commencer.
J'aime quand une femme est belle et qu'elle est très très fatiguée.
J'aime que mes jambes ne me portent plus quand je vais me coucher.
J'aime quand lorsqu'ils sont complètement épuisés, les hommes qu'on aime ont un certain
air abandonné, assez vite ensuite effacé.
J'aime par dessus-tout ne plus tenir debout.
00:03 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : métro, manif, vaisselle, fatigue, pluie



