05.11.2009
E la nave va
"François de Salignac de la Mothe Fénelon, Prix Goncourt 2009, une force d'écriture
(Le Monde, mercredi 4 novembre 2009)
(je n'ai changé que le récipiendaire du prix! les phrases en-dessous sont toutes recopiées du vrai article du Monde!que son auteur, Raphaëlle Rérolle, qui ne lira jamais ce billet me pardonne cet emprunt à son article assez débectant, toute question sur l'appréciation du livre de Marie N'Diaye mise à part. Bon; mais j'ai bien fait mumuze avec mon Fénelon! et de le recopier, je vois encore mieux en quoi l'article l'est, débectant)
Enfant, déjà il savait qu'il serait un écrivain. Et c'est avec la même assurance tranquille qu'il a accueilli le prix Goncourt qui a récompensé lundi 2 novembre, son dernier livre Dialogues sur l'éloquence.
Né à Sainte-Mondane (Dordogne) dans une famille noble du Périgord, Fénelon, second de quatorze enfants, fut très tôt destiné à rentrer dans les ordres. Dés 1687 il publie Traité de l'éducation des filles.
Les dix jurés Goncourt, sauf Françoise Mallet-Joris absente pour raisons de santé, ont voté pour son livre, déjà salué par la critique et reconnu par le public, distinguant ainsi selon Tahar Ben Jelloun, "une oeuvre, un univers littéraire, une belle écriture et une exigence".
Magnifique et vêtu de couleurs violettes, il paraît beaucoup plus jeune que ses 358 ans.Pour Fénelon le succès recèle d'autres avantages, découverts avec Traité de l'éducation des filles. "Quand j'entre dans un magasin et qu'une fille me dit avoir aimé mon livre, c'est une chose qui me touche" affirme-t-il. Cela signifie que des filles qui n'auraient jamais été mes lecteurs auparavant le sont devenues." Il ajoute: "Je n'aurais pas pensé cela il y a vingt ans. A l'époque j'estimais que la vraie littérature était réservée à un nombre limité de lecteurs, mais on devient plus fin en vieillissant!"
Pour le reste, les honneurs et la gloire, il relativise. Sitôt retourné à Cambrai, où il vit avec sa femme et ses trois enfants, le Goncourt ne signifiera plus grand chose, aux yeux de son entourage immédiat."Les gens que je croise tous les jours ne savent pas ce que c'est, observe-t-il. Imaginez qu'un écrivain cambrésien vive dans le même immeuble que vous à Paris. S'il obtenait un prix, vous ne le sauriez sans doute pas."
De quoi peut-être le mettre à l'abri des sollicitations envahissantes, comme des risques de dispersion. Et de quoi garantir aussi sa liberté. "Ne dépendre que de soi, disposer de son temps, vivre là où on le désire".Fénelon a déjà déménagé de nombreuses fois, passant de l'université de Cahors au collège du Plessis, à la Belgique, à la Cour,puis retiré dans son diocèse de Cambrai. Comme s'il s'agissait avant tout de ne pas s'endormir, de ne jamais prendre racine -à aucun prix."
07:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : fénelon, prix goncourt, articles débectants
08.08.2009
A contrario s'appelle Chanel
Hommage aux commentateurs du billet de l'éventail, du poisson;
(ou du poisson de l'éventail?)
Fallait-il une preuve ou des preuves, supplémentaire(s) que la vie est complexe? La voilà! Les voilà!
D'abord, grâce au brillant commentaire de Pierre-Paul, le poisson avait depuis ce matin un nom: il s'appellait A contrario. La journée était bien partie.
Jusqu'à ce que j'apprenne vers midi qu'il s'appelle en vrai: Chanel. Je vous jure que je n'invente rien. Et ça m'a fait un coup. En même temps, ça ne m'étonne pas de Féfé.
Ensuite,vous croyez vraiment que Féfé c'est Fénelon? Ah ah ah ça serait trop simple ça, que ça soit Fénelon qui m'ait laissé son poisson rouge en partant en vacances! Féfé ce n'est pas Fénelon.
Bon vous voyez que ça se complique: Féfé n'est pas Fénelon, A contrario s'appelle Chanel, l'habit ne fait pas le moine, et un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.
Autre chose? Oui autre chose: j'ai relu mon billet, ce qui m'arrive rarement, et j'ai trouvé qu'il était bien plus con que le poisson. En effet comme dit très justement Zabou "on se fiche de la connerie du poisson tant qu'il est bon" (variante de " et pour l'amour on ne demande pas aux filles d'avoir inventé la pou-ou-dreu" de Brassens ou de "une femme peut même être un peu chiante" de Tanguy. "Un peu"? quelle candeur!!).
Certes Blue Jam aurait tendance à aller dans mon sens (=ce poisson est con) mais hé hé faut-il prendre au pied de la lettre un commentateur qui écrit son premier commentaire sous l'éventail (bienvenue Blue Jam!)?
Enfin, si on considère que Mikado a besoin de lunettes, -il n'a pas vu que sur la photo j'ai un maillot de bain-, et que Liam, comme dab' est adorable, on voit que ça se complique sérieux.
Moralité: le poisson n'a pas dit son dernier mot, et ce soir, j'ai mal au dos.
A contrario.
(qui s'appelle chanel)
21:29 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fénelon, chanel, a contrario, poisson rouge, picasso
04.01.2009
Popeye, mais tu veux quoi, là?
- "Albert! Fénelon! Continuons notre apprentissage par les marins!" (je me force à prendre un air...euh...primesautier, oui, voilà, primesautier)
- Mais pourquoi? (c'est peu dire que de toute façon ils sont pas emballés, déjà les bulles ça les a bien saôulés)
-Parce que c'est comme ça! Parce que mon papa était marin! Parce que dans Le Monde ce soir il y a une page entière sur Popeye, je vous jure! Parce que son image est tombée, non pas de l'éventail, mais dans le domaine public -misère, on s'en fout! -Et voilà! na! D'accord les gars?
Et donc c'est parti. Après les bulles, les marins.
3 marins. Popeye. Haddock (capitaine). Et Corto (insupportable aventurier cher au coeur des jeunes hommes, identification, tout ça, ennuyeux au possible, bref)
- Pas de femmes? demande Albert
- Malheureux! les femmes à bord portent malheur! Bon, donc Popeye.Ceci dit Popeye a une femme qui s'appelle Olive.
- Putain, c'est chiant, je m'en doutais, soupire Fénelon.
(En plus, il a donc une gastro, c'est Solko qui m'a soufflé ça, ça n'arrange pas son humeur. A Fénelon. Pas à Solko. Suivez. Merci.)
Mais moi je continue. J'en ai vu d'autres. Fénelon, s'il te plait, écoute quand même la devise de Popeye: "Je suis ce que je suis et c'est tout ce que je suis". ("I am what I am and that's all what I am")
Hein, c'est pas beau ça?
Fénelon hausse un sourcil.
Bon. Popeye est né dans the New York Journal en 1919 (il apparait comme un personnage secondaire) et en 1931 il donne son nom tous les jours à ses aventures + une page en couleurs le dimanche.
Il a l'oeil crevé (pop eye) et c'est le héros du peuple, toujours prêt à défendre la veuve et l'orphelin et à en découdre physiquement (moi j'aime bien!).
"Et il mange des épinards" ajoute Albert. (Faut toujours qu'il fayote un peu, lui)
Fénelon regarde Albert avec commisération.Et déclare :"C'est vraiment très très chiant".
(Zut, je suis d'accord!)
Comment faire pour rendre Haddock et Corto un peu attrayants?
En plus je n'ai pas le temps d'y penser, je retourne à la lecture du Soulier de satin, c'est pour ça que je n'y suis pas, là!
A part cette lecture, - et je me garderai bien d'en parler- tout m'indiffère. En fait.
00:30 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : popeye, soulier de satin, claudel, fenelon, thibaudet, corto maltese
29.12.2008
2008: quelle belle année! (l'heure des bilans a sonné)
Janvier: le 7, Fénelon est mort à Cambrai, je ne porte pas le deuil longtemps, dès le 10
il sonne chez moi, et m'apporte délicatement un boa en cygne rose que je suis un peu
obligée de porter autour du cou (il gratte) quand nous dinons en ville. Jacques, toujours
gracieux, qui a fondé l'Ecole de la Cause Freudienne ce même mois de janvier m'a dit:
"Et en plus, il est moche" (le boa)
Février: le 12, Alfred a été élu à l'Académie Française; il adore, sauf "supporter ce raseur
d'Erik Orsenna". Ah ben tant pis pour lui! Donc je lui ai dit: "Alfred, tu l'as bien cherché,
maintenant faut assumer!" Sa hantise c'est aussi que Noël Mamère le repère, à cause de
l'habit vert. C'est que du souci, d'être à l'Académie.
Mars: le 14, Honoré a épousé Madame Hanska, je suis ravie, enfin l'amour triomphe.
Chut, laissons-les s'aimer.
Avril: le 1er, exquis poisson, Albert, sacré farceur, est né. Le 8, François-René a embarqué
pour l'Amérique, ce snob ne prend jamais l'avion depuis que le Concorde ne vole plus. Il prétend
qu'il n'a aucune chance de rencontrer Naomi Campbell sur un vol ordinaire, seulement des Atala
ou des René en tong et survêtements marqués I love New York ou Yes we can , donc ça l'intéresse
pas. François-René mon grand, fais attention, le monde a changé.
Mai: chic, Gustave est rentré de son voyage en Orient.On va pouvoir reprendre nos parties de
scrabble (endiablées)
Juin: le 16, Jacques qui participe au Veme symposium international sur Joyce, a prononcé
une célèbre (et courte!) et très inspirée allocution "Joyce le symptôme", en hommage à
celui qu'il considère comme un génie. Depuis, il estime acquis de se resservir 3 fois
de charlotte au chocolat et se montre exécrable avec ses camarades. Un bien mauvais exemple.
A méditer.
Juillet: tout le monde part en colonie de vacances
Août: l'éventail a vu le jour, le sort de l'humanité en sera changé. Mais pas celui de "l'Humanité"
( 532ème souscription). Ceci dit, c'est aussi un peu la fin des haricots. On sait pas. C'est brouillon
tout ça.
Septembre: comme tous les écoliers, Victor reprend le chemin de l'école et écrit quelques
sublimes Contemplations respectant le programme, maths, grammaire, etc:
"Marquis, je m'en souviens, vous veniez chez ma mère.
Vous me faisiez parfois réciter ma grammaire;
Vous m'apportiez toujours quelque bonbon exquis;
Et nous étions cousins quand on était marquis.
Vous étiez vieux j'étais enfant;...."
Octobre: le 7, Bob, le cousin de Robert Louis Stevenson vient habiter chez sa famille et devient
un merveilleux compagnon de jeux pour lui. Ensemble ils inventent mille histoires, portent des
lanternes, chassent des trésors, montent sur un âne, font les foufous.
Novembre: le 9, Jacques-Bénigne écrit son "Sermon sur l'Unité de l'Eglise". L'impact est immédiat:
numéro 1 des ventes à la fnac et chez virgin. Ce succés tapageur lui monte à la tête, ça ne lui
suffit pas, il cherche querelle à Fénelon, il se conduit comme un con. (je ne lui pardonnerai jamais
de toute façon)
Décembre: le 12, George est partie avec Alfred à Venise, je leur ai dit: "c'est ballot: à Noël tous les
hôtels vont être complets". "Bah, a dit George, n'importe quoi plutôt que se farcir le réveillon avec
mes beaux-parents" .Encore un bel exemple pour la jeunesse, tiens.
(tous les jours de l'année sont exacts.Dingue, non? L'éventail montre ainsi son indiscutable sérieux
scientifique. A l'heure où tous les repères s'effondrent)
15:00 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : fénelon, balzac, thibaudet, chateaubriand, lamartine, george sand, musset
26.12.2008
Mes cadeaux de Noël vus par Jacques (Lacan)
En plein milieu du déjeuner de Noël, Jacques m'a dit (Jakadi): "Dis voir un peu tes cadeaux
de Noël..."
- Mais quels cadeaux? Quand? Mes cadeaux de cette année?
- Les cadeaux de Noël dont tu te rappelles, ceux de ta vie jusqu'ici, quoi, je voudrais voir
quelque chose...
- Jacques, chapon chéri, tu as trop bu, j'aime pas quand tu fais ton Elisabeth Tessier
Jacques a soupiré: " Putain, on peut plus s'amuser ici"
- C'est depuis Sarkozy, a gloussé George, qui mangeait beaucoup trop de marrons
- Je te dis qu'elle est vulgaire, a soufflé Fénelon à propos de George à Albert (Fénelon a en
horreur les discussions de comptoir de café, horreur qu'on dise le mot "Sarkozy" -même si je
n'en pense pas moins" rajoute-t-il toujours, il trouve ça éminemment vulgaire, bon c'est Fénelon,
on l'aime comme ça, et il a souvent raison)
- Et si on passait aux fromages? a proposé Albert
- Et ma bûche, et ma bûche? a demandé Alfred? (c'est Alfred qui a fait la bûche cette année)
- Tu veux qu'on mange d'abord ta bûche et ensuite le fromage? a demandé François-René offusqué
- J'ai jamais dit ça, a grogné Alfred, je m'inquiète juste qu'elle soit trop froide, je la sors du frigo?
- Bon, dit Jacques, tu sors ta bûche Alfred, je ne ferai aucun commentaire, trop facile et en échange
tu nous fous la paix d'accord (oh oh, renversement de situation, c'est Jacques qui dit ta gueule
à Alfred) alors tes cadeaux, tu nous dis?
- Devant tout le monde? C'est pas très déontologique ça Jacques,dis-moi!
- Rhoo, c'est pour rire
- Bon j'y vais, mais vous me direz aussi
- D'accord! D'accord! (grande cohésion d'équipe: ils étaient tous d'accord pour parler de
leurs cadeaux, alors ça c'est surprenant. A suivre! Bref!)
- Premier cadeau dont je me souvienne: "Les mémoires de Sophie" ,premier livre lu!
- Pff je le sais depuis longtemps, (Jacques haussa les épaules) De l'inédit, merde!
- Un petit lit de poupée en bois, fabriqué par mon papa, peint en bleu ciel, oh comme il m'avait plu!
- Très intéressant! Très intéressant! le lit de son papa!
- Jacques t'es pas drôle, tu respectes rien...
- M'étonne que je respecte rien! Continue, t'es bien partie... (Les autres avaient commencé le
fromage, un saint-marcellin à mourir, un brillat-savarin de toute beauté, une boulette d'avesnes
à se damner...)
- Bon, un horrible cadeau qui ne m'a pas du tout fait plaisir, un album de timbres mais sans les
timbres
- Et pourquoi horrible?
- Il était affreux, tout vide, avec ses pages toutes noires, et moi je m'en fichais complètement
des timbres
- Timbrée chérie, dit Albert gentiment en me prenant par le cou
- Albert, - Jacques grondait Albert maintenant! - change pas la conversation, et alors, après l'album
de timbres?
- Le compas
- Pitié, tu nous l'as déjà raconté! (ils s'étouffaient dans leurs fromages -sauf George qui se
remaquillait les yeux)
- C'est vrai, je suis au courant répliqua Jacques doctement. C'était d'ailleurs confondant. Passons.
Et puis?
- Et puis un sac bizarre, qui m'avait affreusement déçue
- Jamais contente! Comme George, dit Alfred
- Bon Jacques on arrête, on embête tout le monde, regarde ils sont tous dans la cuisine
- Mais si! Je vérifie, je vérifie, tu te rends pas compte!Un sac tout le monde sait ça, c'est très
symbolique
- Mais t'es au niveau d'un "Marie-Claire" là, Jacques! Tu vérifies quoi au juste ?
- Dis-moi un cadeau qui t'a plu, un cadeau qui t'a enchantée, un cadeau qui t'a bouleversée et je
te dirai
- Jamais Jacques, jamais!
- Dis-moi en un, un seul! ce sera l'exemple le plus tangible de ce qe j'appelle l'action nachträglich
du signifiant
- La bûche, messieurs-dames, la bûche annonça alors Alfred, portant celle-ci sur un plateau
(de pur argent bien sûr)
- Oh! fit tout le monde
- Oh! fit Jacques
C'était une bûche ravissante, en forme de gondole vénitienne, avec des petits nains habillés
en gondoliers pour décorer
C'est là que George tomba dans les pommes.
-Du champagne pour George! Vite! Vite! cria Albert
- Quelle emmerdeuse! dirent certains
- Chère vieille emmerdeuse... dit Gustave tendrement
- Faut appeler le Samu dit Fénelon (le gars toujours optimiste)
- Ma bûche ramollit! s'angoissait Alfred!!!
- Régression topique! Désir barré! Perspective Kleinienne! braillait une fois de plus Jacques.
Ouf, il m'avait oubliée. De toutes façons, jamais je ne le dirai, ce qui m'a bouleversée.
Ni ce qui me bouleverse. Il n'a qu'à le deviner. Si ça l'intéresse.
23:43 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : noël, lacan, chapon, fenelon
21.12.2008
Eternel féminin
( l'éternel féminin est dans ses yeux quand elle le regarde, non?
j'aime vraiment énormément comment elle le regarde)
Alfred, Albert, Alphonse, Honoré, François-René, Lacan, Gustave, Fénelon...
ils étaient tous là hier soir. Chez moi. Je leur avais dit "Passez, ça me
ferait plaisir, ça fait longtemps..."
- T'as des cadeaux? m'a interrompu Jacques (vous savez bien que c'est
le malpoli de la bande)
J'ai dit "ouais j'ai des cadeaux, mais toi t'en es pas un", et j'ai passé
l'après-midi à chercher des cadeaux pour chacun.
Bon, c'était donc un peu comme le Noël de l'Elysée, quoi. Enfin presque.
Enfin le même principe plombant quoi: Noël avant Noël. Vu que Noël
avec eux faut pas y compter: ils passent Noël avec leur famille, et
comme ils sont tous morts je veux dire tous les gens de leur famille
et eux aussi d'ailleurs, ils passent Noël avec leurs morts. Entre les morts.
Donc on était là après le diner. On parlait de choses diverses et variées.
On était bien. Et je ne sais plus qui parmi eux a soudain dit: "Mais en
fait, on est tous là, on est si malins, c'est quoi hein, c'est quoi en fait l'éternel
féminin?"
Jacques a bondi de son fauteuil pour répondre mais on l'a attaché bien serré
sur son siège avec les rubans des paquets cadeaux qu'ils avaient tous
ouverts avec fébrilité -mon dieu, que je les aime!- et on lui a mis dans la
bouche un énorme morceau de charlotte au chocolat pour l'empêcher
de parler
"Tiens étudie déjà Charlotte,!" lui a dit Fénelon.
Un problème de réglé.
Alfred a demandé: "l'éternel féminin, enfin, vous voulez dire les jeunes filles, à quoi
elles rêvent, tout ça?"
"Oui, par exemple" on a tous dit ( il se foulait pas, mais bon on est gentil et c'est Noël)
Gustave a bougonné: "l'éternel féminin c'est moi."
"Ah merci, on est bien avancé !" on a tous crié. Gustave s'est mis à bouder. Entre parenthèses
CQFD!
Albert réfléchissait. Alphonse fumait une cigarette à l'ombre d'un palmier sur le balcon.
(il y a une palmeraie sur mon balcon)
J'ai dit pour les taquiner: "vous êtes bien songeurs..."
Alors Honoré s'est lancé:" Une nuque penchée , une taille ployée..."
Tang qui débouchait une bouteille dans la cuisine -je vous l'avais pas dit?- a surgi: "des
pendants aux oreilles ?..."
Alors ils s'y sont tous mis:
"Une voix..." "Une mauvaise foi..." "Un premier baiser sous la pluie..." "L'amour à la folie.."
Ils dessinaient mille morceaux d'éternels féminins, c'était splendide..
et c'est là que François-René a dit: "Non mes amis, moi je vais vous dire ce que c'est l
'éternel féminin...et je propose même qu'on détache Jacques. Qu'il s'instruise, qu'il
nous instruise!" ("Ah esprit de Noël quand tu es là.." j'ai soupiré)
"Adopté! ont-ils hurlé. Jacques on est pas vaches, Jacques on te détache!
La parole est à François-René!"
Moi je disais: "chut, chut, criez pas si fort, à cause des voisins..." (éternel féminin)
et aussi: "vous avez pas assez picolé?" (éternel féminin)
et encore: "et vous avez rien dit pour ma charlotte? elle est pas bonne? " (éternel féminin)
(à suivre)
23:50 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : monroe, eternel feminin, fenelon, lacan
26.11.2008
Mais, ma parole!
"Mais ma parole! Voltaire se paie ma tronche!"
C'est Fénelon direct débarqué en scoot de Cambrai, qui a ce
cri du coeur. Il est venu chercher son courrier chez moi. Des
créatures lui écrivent ici en poste restante. Des choses du
genre" mon grand cygne fou" avec des fleurs séchées glissées
dans l'enveloppe, enfin des balivernes dont il raffole, quoi,
mais là foin de fariboles.
"Ecoute, mais écoute" me demande-t-il
(C'est dingue, ils me disent tous: "écoute", vous avez remarqué?)
" Or maintenant, Monsieur du Télémaque,
Vantez-nous bien votre petite Ithaque,
Votre Salente, et vos murs malheureux,
Où vos Crétois tristement vertueux,
Pauvres d'effets et riches d'abstinence,
manquent de tout pour avoir l'abondance:
J'admire fort votre style flatteur
Et votre prose, encore qu'un peu traînante;
Mais mon ami je consens de grand coeur
D'être fessé dans vos murs de Salente,
Si je vais là pour chercher mon bonheur"
"Primo, il se fout de moi, murmure Fénelon, et deuxio, en plus j'y comprends rien".
(c'est dans Le Mondain, 1736)
20:38 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fénelon, voltaire, cygne, scooter, poste restante, balivernes
La jeunesse se radicalise
Thibaudet, Fénelon, George, Musset: "Y en a marre, on est pas tes peluches!"
et Lacan: "je dirais même pluche, on est pas tes p'luches!"
19:06 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lacan, thibaudet, fénelon, musset, george sand
24.11.2008
Ce midi à Saint-Michel
Ce matin je travaillais à Malakoff. Cet après-midi à Ivry.
Comment fait-on pour aller de Malakoff à Ivry ? C'est pas la mort: on prend
le métro à Malakoff, ligne 13 plateau de Vanves pour aller attraper à
Invalides le RER C qui va à Ivry.
Et là dans le RER, impulsion, faim, j'ai un peu de temps, je ne réfléchis pas, je
sors à Saint-Michel.
Et là, j'attrape en pleine figure le bruit de l'eau de la fontaine Saint-Michel,
le dragon, Saint-Michel, le rose de la fontaine hantée...
Tout est hanté ici. C'est à pleurer.
Je ne reconnais plus personne. (sur ma harley davidson) C'est un cauchemar.
C'est comme si j'avais rêvé.
Comme si j'étais dans un autre siècle. Ola, oui, en plus, c'est le cas!
Je suis abandonnée.
Mais heureusement l'eau ruisselle et heureusement Saint-Michel lève toujours le poing.
Et puis je tourne la tête à droite. Et là, incroyable! je n'avais jamais remarqué: je vois un
café qui s'appelle simplement "Fénelon" ! Fénelon qui me prend dans ses bras, alors que
j'étais si glacée, Fénelon qui sèche mes larmes, et qui me dit "allez, trouve-toi un sandwich,
viens" et me prend par la main (bon, pas en vrai, vous avez compris)
Je remonte le boulevard Saint-Michel, jusqu'au croisement du boulevard saint-germain pour
regarder les arbres de Cluny, mais c'est bourré de fantômes partout, et d'indifférents qui
marchent impavides, sans voir les fantômes.
J'ai vraiment faim. J'achète un jambon-cornichons (très bon d'ailleurs) à la Brioche dorée.
Une fille pleine de boutons m'y rend la monnaie, elle a l'air triste, triste. Quand je pense
qu'elle est enfermée là jusqu'au soir à vendre des sandwichs, ça me donne envie de re-pleurer.
Et puis en redescendant vers la fontaine, vers le métro, je les vois tout d'un coup.
Toutes les deux.
Les deux grandes cariatides du n° 20.
Trottoir de gauche en descendant vers la Seine.
Je ne les avais jamais vues.
Elles sont splendides. Ce sont deux visages de pierre à la beauté classique, qui encadrent une porte.
Personne ne les regarde. Elles sont divines, altières, sereines, minérales,tendres. Et elles soutiennent
tout l'immeuble (ou presque!)
(Fénelon me chuchote alors : "tu vois toi aussi, tout à l'heure, impavide, sans les voir tu passais devant
elles".
Et là, par-dessus mon épaule, il ajoute " vérifie quand même dans le dictionnaire, ce que ça veut dire
exactement impavide".
Mais j'aime trop "impavide", je n'emploie jamais "impavide", je laisse "impavide"!)
Bon. Conclusion: conclusion, ne sommes nous pas bien plus impavides que les statues de pierre?
Ah oui, zut, j'ai quand même vérifié! "Impavide" ne veut pas du tout dire ce que je croyais. Impavide
signifie "inébranlable" mais dans le sens "sans peur", alors que je pensais plutôt au sens "indifférent",
"sans âme"...Tant pis je laisse. Je suis sûre que vous comprenez ce que j'ai écrit...Enfin, vous me direz
peut-être.Si vous êtes pas impavide!
21:37 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : fontaine saint-michel, dragon, fénelon, cariatide, brioche dorée
22.11.2008
Ravagés par le Verbe
La scène se passe en début de soirée chez moi. Fénelon, Musset, et François-René
sont là. Jacques L. aussi. Qui fait la tronche, parce qu'on n' est pas encore passés
à table. Il est 21h. Il dit qu'il crève de faim. Mais nous attendons Albert. Je vous ai
dit je crois que cet astre de ma vie a un petit temps partiel chez Picard Surgelés?
Et moi, je ne commencerai pas à manger sans Albert.
Jacques ricane:
- Il t'embobine! Je fais de Kant une fleur sadique. Mais ton gus je vais en faire une...
- Oh ça va Jacques, il finit à 8 heures, laisse-lui le temps d'arriver...
- Oh Unbewusste!
- Arrête Jacques! crient-ils tous.
Jacques insiste, Jacques a envie d'en découdre, il se tourne vers les autres:
- Vous trouvez ça normal, vous autres?
Les autres soupirent en haussant les yeux au ciel. Fénelon se dévoue:
- Ecoute Jacques, chaque fois que tu viens, tu fous le bouzin
Musset surenchérit:
- Je sors de la manif de la poste, j'en ai plein les pattes, retourne au Réel, Jacques!
- C'est vrai ça, ajoute François-René, qui prend sa respiration et précise:
- Bouffer avec toi c'est la croix et la bannière
- Toi ta gueule le génie du christianisme, lui lance Lacan furibard
(moi) - Mes amis, mes amis, allez, on se croirait au PS!
Ils se marrent (ils sont indulgents avec moi, c'est pour ça que je les aime!)
Ouf, sauvés par le gong, voilà Albert, tout faraud
- Hello, la compagnie
- (moi) bon, ben, pas de salamalecs, à table
- Vous faites de ces têtes, dit Albert.
- Albert ça va, n'en rajoute pas, demande Fénelon, sers-nous à boire, va
- Mais on peut parler quand même! s'exclame Albert
- Ah on peut parler! rugit Jacques.On peut. Vous pouvez. Tous ravagés par le Verbe!
- Et c'est reparti, soupire Alfred. Mais pourquoi on te laisse parler? Tu nous les brises!
- Mais parce que le drame commence quand le Verbe s'incarne!
- (moi) Jacques tu es intenable! je te préviens c'est la dernière fois, je ne t'inviterai plus!
- M'étonnerait! vous jubilez, vous, tous, là. Du Verbe, c'est que vous vous en payez
une sacrée tranche
Je jette un oeil sur Fénelon, Musset, François-René, Albert. J'ai apporté sur la table le
saumon. (C'est un diner russe) Menu: saumon + blinis, pirojki, bortsch,vatrouchka.
- A propos de tranche, passe-moi le saumon dit Fénelon.
- Et c'est pas du Picard! se marre Albert
La soirée va être bonne.
19:41 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : saumon, fénelon, musset, thibaudet, vatrouchka







