21.12.2008
Eternel féminin
( l'éternel féminin est dans ses yeux quand elle le regarde, non?
j'aime vraiment énormément comment elle le regarde)
Alfred, Albert, Alphonse, Honoré, François-René, Lacan, Gustave, Fénelon...
ils étaient tous là hier soir. Chez moi. Je leur avais dit "Passez, ça me
ferait plaisir, ça fait longtemps..."
- T'as des cadeaux? m'a interrompu Jacques (vous savez bien que c'est
le malpoli de la bande)
J'ai dit "ouais j'ai des cadeaux, mais toi t'en es pas un", et j'ai passé
l'après-midi à chercher des cadeaux pour chacun.
Bon, c'était donc un peu comme le Noël de l'Elysée, quoi. Enfin presque.
Enfin le même principe plombant quoi: Noël avant Noël. Vu que Noël
avec eux faut pas y compter: ils passent Noël avec leur famille, et
comme ils sont tous morts je veux dire tous les gens de leur famille
et eux aussi d'ailleurs, ils passent Noël avec leurs morts. Entre les morts.
Donc on était là après le diner. On parlait de choses diverses et variées.
On était bien. Et je ne sais plus qui parmi eux a soudain dit: "Mais en
fait, on est tous là, on est si malins, c'est quoi hein, c'est quoi en fait l'éternel
féminin?"
Jacques a bondi de son fauteuil pour répondre mais on l'a attaché bien serré
sur son siège avec les rubans des paquets cadeaux qu'ils avaient tous
ouverts avec fébrilité -mon dieu, que je les aime!- et on lui a mis dans la
bouche un énorme morceau de charlotte au chocolat pour l'empêcher
de parler
"Tiens étudie déjà Charlotte,!" lui a dit Fénelon.
Un problème de réglé.
Alfred a demandé: "l'éternel féminin, enfin, vous voulez dire les jeunes filles, à quoi
elles rêvent, tout ça?"
"Oui, par exemple" on a tous dit ( il se foulait pas, mais bon on est gentil et c'est Noël)
Gustave a bougonné: "l'éternel féminin c'est moi."
"Ah merci, on est bien avancé !" on a tous crié. Gustave s'est mis à bouder. Entre parenthèses
CQFD!
Albert réfléchissait. Alphonse fumait une cigarette à l'ombre d'un palmier sur le balcon.
(il y a une palmeraie sur mon balcon)
J'ai dit pour les taquiner: "vous êtes bien songeurs..."
Alors Honoré s'est lancé:" Une nuque penchée , une taille ployée..."
Tang qui débouchait une bouteille dans la cuisine -je vous l'avais pas dit?- a surgi: "des
pendants aux oreilles ?..."
Alors ils s'y sont tous mis:
"Une voix..." "Une mauvaise foi..." "Un premier baiser sous la pluie..." "L'amour à la folie.."
Ils dessinaient mille morceaux d'éternels féminins, c'était splendide..
et c'est là que François-René a dit: "Non mes amis, moi je vais vous dire ce que c'est l
'éternel féminin...et je propose même qu'on détache Jacques. Qu'il s'instruise, qu'il
nous instruise!" ("Ah esprit de Noël quand tu es là.." j'ai soupiré)
"Adopté! ont-ils hurlé. Jacques on est pas vaches, Jacques on te détache!
La parole est à François-René!"
Moi je disais: "chut, chut, criez pas si fort, à cause des voisins..." (éternel féminin)
et aussi: "vous avez pas assez picolé?" (éternel féminin)
et encore: "et vous avez rien dit pour ma charlotte? elle est pas bonne? " (éternel féminin)
(à suivre)
23:50 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : monroe, eternel feminin, fenelon, lacan


