01.11.2008
Un caca nerveux de Musset
(La scène se passe un soir de novembre chez Musset. Lacan et Thibaudet sont là. Ils fument tous les trois le cigare.
La pluie tombe sans discontinuer.)
Musset: les oreilles me sifflent mes amis!
Lacan: qu'est-ce-que cela veut dire Alfred?
Musset :ça veut dire que le triste effet produit par mon chant ne laisse pas que de m'attrister. En gros.
Hélas! musique, hélas! poésie, qu'il y a peu de coeurs qui vous comprennent!!!
Lacan: bon, musique, poésie, de deux choses l'une...
Thibaudet: Jacques, arrête! Tu disais Alfred?
Musset: de çi, de là, j'entends que mon théâtre...
Thibaudet:...n'a aucune importance dramatique, c'est vrai!
Lacan: on va pas tourner autour du pot; que nous montre l'ancienne Comédie? Il conviendrait que tu mettes un peu de temps en temps ton
nez chez Aristophane!
Thibaudet: Alfred, on a sifflé ta Nuit Vénitienne à l'Odéon et tu n'as plus écrit de théâtre que pour la lecture tu le sais! tu n'es pas le seul
d'ailleurs! Byron, Mérimée, Hugo après 1843 ont fait comme toi!
Musset: sympa, les mecs, vous me remontez le moral!
Thibaudet:allez quoi! tu es le poète des Nuits!
Lacan: et si on se buvait un petit cognac?
Thibaudet:le théâtre est une discipline. Et tu n'aimes pas les disciplines, Alfred!
Musset: Albert n'en rajoute pas, je suis ce soir à terre...Et en plus, George m'attend depuis au moins une heure au drugstore saint-germain!
Thibaudet: ah alors là, je te plains!
Lacan:le désir croise la ligne signifiante mes enfants! Tous au drugstore saint-germain!
(Ils sortent)
19:28 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musset, lacan, théâtre, cognac, désir


