16.10.2009
"Admirable tremblement du temps"
A la fin de sa vie, Renoir cherche une nouvelle façon de peindre, il a abandonné
depuis longtemps l'impressionisme.
"...Il cherche à appréhender la réalité d'une manière autre, qui prend en
considération les limites physiques imposées par l'âge.
"Admirable tremblement du temps" - pour reprendre l'extraordinaire description
que Chateaubriand donna du style tardif de Poussin et le beau titre que Gaëtan
Picon lui emprunta pour son livre sur l'âge mûr des artistes-, il y a de cela dans
le Renoir des années 1890 et des premières années du XXème siècle.
Mais Renoir tardif est aussi un maître pour lequel la tradition, sinon l'académisme,
prend une signification nouvelle. Renoir dans ses vieux jours interprète tour à tour
Watteau ou Vélasquez et rend hommage à Courbet, et ce n'est pas l'un des
moindres paradoxes du peintre que de rechercher la modernité dans cette nouvelle
interprétation de la peinture ancienne. Si le jeune et impressioniste Renoir avait
lancé un défi à l'Académie, le défi de Renoir tardif est dinventer un idiome purement
moderne pour traiter sujets classiques et compositions inspirées de maîtres anciens.
(...) "
(C'est dans la préface du beau catalogue de l'exposition).
18:23 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nu dans une chaise, renoir, chateaubriand, tremblement du temps
31.08.2009
"Vieux voyageur alors, assis sur la borne du chemin..."
(photo: Louise)
Au chipsologue (mention barbecue) émérite:
"...Rancé, apercevant un religieux qui pleurait, lui tendit la main et lui dit: " Je ne vous quitte pas, je vous précède". Le Tasse avait adressé les mêmes mots aux frères qui l'environnaient à Saint Onuphre. Rancé demanda d'être enterré dans la terre la plus abandonnée et la plus déserte: sur un champ de bataille où l'on n'entend plus de bruit, on voit sortir du sol les pieds de quelques soldats...".
C'est l'été, encore le vrai été puisque septembre n'est pas commencé mais l'été menacé. Dehors j'entends dans le square, en bas des immeubles, des enfants crier, pleurer, des voix de mère s'élever. Il fait très chaud. J'ai encore repris La vie de Rancé. Comment de Chateaubriand je pourrais être lassée? Hien? hein?J'ouvre au hasard, page 257 en folio: "... Les hommes qui ont vécu dans le désordre pensent que quand l'heure sera venue, ils pourront facilement renvoyer de jeunes grâces à leur destinée, comme on renvoie des esclaves. C'est une erreur; on ne se dégage pas à volonté des songes; on se débat douloureusement contre un chaos où le ciel et l'enfer, la haine et l'amour, l'indifférence et la passion se mêlent dans une confusion effroyable. Vieux voyageur alors, assis sur la borne du chemin, Rancé eût compté les étoiles en ne se fiant à aucune, attendant l'aurore qui ne lui eût apporté que l'ennui du coeur et la disgrâce des années. Aujourd'hui il n'y a plus rien de possible car les chimères d'une existence active sont aussi démontrées que les chimères d'une existence désoccupée..."
Chaque mot... chaque phrase de ce passage.....toute la "Vie de Rancé"....
18:17 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vie de rancé, chateaubriand, été, chimères, étoiles
01.08.2009
L'oreiller de la Belle Aurore
Tout à l'heure je découpais dans un journal de cuisine des photos pour recouvrir un livre (pas de cuisine) à la couverture très moche et aussi pour décorer une enveloppe.
Et sur quoi je tombe?
Je vous le donne en mille. Sur quelque chose que je ne connaissais pas du tout. Et qui m'enchante...
Eh bien voilà: pour faire plaisir à sa mère, -dixit le journal, je ne sais pas sur quoi ils s'appuient hein, je leur fais confiance, les yeux fermés moi, mon exigence scientifique est limitée!-, Brillat-Savarin, le grand cuisinier, a imaginé un truc semble-t-il dément. C'est de la pâte feuilletée farcie de faisan, de bécasse,de foie gras et de truffe!
Et ce plat merveilleux, tout doré et gonflé, qui donne envie de vivre, de vivre, de vivre encore, s'appelle... "L'oreiller de la belle Aurore"!
Bon sang, on est à peine le 1er août, on ne va pas être pressés que ça soit l'automne quand même!
(Ah, et il parait que ce plat exige un Vosne-romanée.)
Bon. Je vous laisse, je vais de ce pas chercher sur internet la recette de cette chose de ouf.
PS:...ah ben il y a plein de recettes, ça semble très connu. Et en plus je lis que Juliette Récamier (à gauche, appuyée contre son oreiller farci de faisan, mais dites pas que c'est une bécasse je vous préviens! regardez plutôt ses mains, ses bras,sa gorge comme on disait,son sourire) était la cousine de Brillat-Savarin. Or hier justement j' avais écrit à son propos un billet -que j'ai enlevé-, c'était la sainte Juliette et j'avais cherché en vain chez moi les lettres que Chateaubriand lui a écrites - je crois qu'ils ont passé leur vieillesse ensemble? -et ne les trouvant pas, je ne savais plus si j'avais eu ce livre ou si je me trompais ou même si ce livre existait ou pire: est-ce que ces lettres existaient? j'en appelais à Solko d'ailleurs qui le sait surement! Et ce soir par le plus grand hasard, la revoilà, revoilà Juliette. Ah la vie est vraiment belle!
03.04.2009
Les châteaux de la Loire, vus par Péguy et aussi par Chateaubriand: mais où je veux en venir exactement, moi?
D'abord Péguy, et un Péguy ici je crois un peu pas vraiment péguizien
(ça peut se dire ça?)sur la forme, mais Péguy sinon, Péguy.:
(je vous préviens, je vais peut-être commenter entre parenthèses, âmes
sensibles s'abstenir)
Châteaux de Loire
Le long du coteau courbe et des nobles vallées
Les châteaux sont semés comme des reposoirs,
( oh! hémistiche coupé en 1/5!: com/me des reposoirs//
Et/ dans la majesté...)
Et dans la majesté des matins et des soirs
La Loire et ses vassaux s'en vont par ces allées.
(et là hémistiche coupé en 2/4 avec la Loire, oui je sais vous
vous en foutez mais moi ce matin j'ai envie de dire hémistiche à
tout va, c'est tout!)
...et à part ça, c'est fou: on entend dans cette strophe la douceur
et le mouvement de l'eau de la Loire... dites pas que je rêve....
Cent vingt châteaux lui font une suite courtoise,
Plus nombreux, plus nerveux, plus fins que des palais.
Ils ont nom Valençay, Saint-Aignant et Langeais,
(ah! "ils ont nom", que c'est beau!:"l'un s'appelle Olivier et
l'autre a nom Roland", c'est Hugo qui dit ça dans la légende des
siècles)
Chenonceaux et Chambord, Azay, Le Lude, Amboise.
(et tous les autres châteaux semble dire Péguy, c'est plein de points de
supension, non?)
Et moi, j'en connais un dans les châteaux de Loire
Qui s'élève plus haut que le château de Blois,
Plus haut que la terrasse où les derniers Valois
(très bel enjambement qui ouvre encore la vue de la terrasse,
et sublime "Plus haut...plus haut" et là c'est bien Péguy, non?
Regardaient le soleil se coucher dans sa gloire.
La moulure est plus fine et l'arceau plus léger.
La dentelle de pierre est plus dure et plus grave.
La décence et l'honneur et la mort qui s'y grave
Ont inscrit leur histoire au coeur de ce verger.
( je trouve ça sublimissime)
Et c'est le souvenir qu'a laissé sur ces bords
Une enfant qui menait son cheval vers le fleuve.
Son âme était récente et sa cotte était neuve.
Innocente elle allait vers le plus grand des sorts.
Car celle qui venait du pays tourangeau,
C'était la même enfant (vous voyez qui, hein?)qui quelques jours
plus tard,
Gouvernant d'un seul mot le rustre et le soudard,
Descendait devers ("devers"!)Meung ou montait vers Jargeau.
***
Bon, voilà, ça c'est fait!
Maintenant Chateaubriand et Chambord.
Ah c'est pas pareil! mais pas moins divin.
Et c'est là que Chateaubriand est drôle.
Ce qu'est aussi Péguy (mais pas ici, bon, je suis d'accord!)
Mais ce billet va être trop long. A suivre!
09:55 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : péguy, châteaux de la loire, chateaubriand
28.03.2009
"Vous y êtes attachés, vous n'en descendrez pas..."
"...Rancé a beaucoup écrit; ce qui domine chez lui est une haine passionnée de la vie; ce
qu'il y a d'inexplicable, ce qui serait horrible si ce n'était admirable, c'est la barrière
infranchissable qu'il a placée entre lui et ses lecteurs. Jamais un aveu; jamais il ne parle de
ce qu'il a fait, de ses erreurs, de son repentir. Il arrive devant le public sans daigner lui
apprendre qui il est; la créature ne vaut pas la peine qu'on s'explique devant elle: il
renferme en lui-même son histoire, qui lui retombe sur le coeur. Il enseigne aux hommes
une brutalité de conduite à garder envers les hommes: nulle pitié de leurs maux. Ne vous
plaignez pas, vous êtes faits pour les croix, vous y êtes attachés, vous n'en descendrez pas;
allez à la mort, tâchez seulement que votre patience vous fasse trouver quelque grâce aux
yeux de l' Eternel. Rien de plus désespérant que cette doctrine, mélange de stoïcisme et de
fatalité, qui n'est attendrie que par quelques accents de miséricorde qui s'échappent de la religion
chrétienne. On sent comment Rancé vit mourir tant de ses frères sans être ému, comment il
regardait le moindre soulagement offert aux souffarnces comme une insigne faiblesse et presque
comme un crime. Un évêque avait écrit à Rancé sur une abbesse qui avait besoin d'aller aux eaux,
l'abbé lui répond:
" Le mieux que nous puissions faire, quand nous voyons mourir les autres est de nous persuader qu'ils
ont fait un pas qu'il nous faut faire dans peu, qu'ils ont ouvert une porte qu'ils n'ont point refermée.
Les hommes partent de la main de Dieu, il les confie au monde pour peu de moments; lorsque
ces moments sont expirés, le monde n'a plus le droit de les retenir, il faut qu'il les rende. La mort
s'avance et l'on touche à l'éternité dans tous les instants de la vie. On vit pour mourir. Le dessein
de Dieu lorsqu'il nous donne la jouissance de la lumière est de nous en priver. On ne meurt qu'une fois,
on ne répare point par une seconde vie les égarements de la première: ce que l'on est à l'instant
de la mort, on l'est pour toujours".
Cette langue du XVIIeme siècle mettait à la disposition de l'écrivain, sans effort et sans recherche,
la force, la précisoin et la clarté, en laissant à l'écrivain la liberté du tour et le caractère de son
génie (...)"
Chateaubriand. La vie de Rancé. (folio, pp 225-216)
23:22 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, la vie de rancé, rancé, langue du xviieme siècle
06.01.2009
Idée de génie
C'est grosso modo ce que voit François-René quand il se lève le matin, si la marée est basse.
A marée haute il est complètement isolé du monde.
Quelle idée de génie d'être ainsi avec les autres,-enfin, un peu à distance- puis seul, et tout ça avec
des horaires qui ne sont jamais les mêmes, et changent tous les jours, ceux des marées.
(Bien sûr quand il regarde de l'autre côté il ne voit que la mer, et l'horizon qui montre que la terre est
ronde, - horizon concave, on peut dire ça?- ou convexe ?- en tout cas ce qu'il voit est immense)
(la tombe de Chateaubriand est sur cet ilôt -le Grand Bé- en face de Saint-Malo-
Dans mon vieux-antique-et très ancien- Larousse, à propos des Mémoires d'Outre-Tombe:"...nous
le retrouvons avec son orgueil mitigé d'ironie, ses caprices et ses boutades, mais aussi avec ce je
ne sais quoi de chevaleresque qui colore ses pires égarements".)
08:38 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, tombe
03.01.2009
"On renie souvent ces maîtres suprêmes"
(photo perso. Quoi,ça se voit?! François-René est enterré sur l'ilôt au fond, mais il est partout là-bas. Il marche par exemple pieds nus sous le Sillon,là premier à droite après l'ombre du réverbère, il a un pull bleu marine page 365 des Trois Suisses référence FRC et un pantalon beige de quand il avait dix-sept ans, vous le voyez? il a les mains dans les poches, il médite: baguette cuite ou bien-cuite? et vous avez vu la lumière de ce jour-là?)
"...Shakespeare est au nombre des cinq ou six écrivains qui ont suffi aux besoins
et à l'aliment de la pensée; ces génies-mères semblent avoir enfanté et allaité tous
les autres. Homère a fécondé l'Antiquité: Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane,
Horace, Virgile !ùsont ses fils. Dante a engendré l'Italie moderne,
depuis Pétrarque jusqu'au Tasse. Rabelais a créé les lettres françaises;
Montaigne, La Fontaine, Molière viennent de sa descendance.
L'Angleterre est toute Shakespeare, et jusque dans ces derniers temps
il a prêté sa langue à Byron, son dialogue à Walter Scott.
On renie souvent ces maîtres suprêmes; on se révolte contre eux; on compte
leurs défauts; on les accuse d'ennui, de longueur, de bizarrerie, de mauvais goût,
en les volant et en se parant de leurs dépouilles; mais on se débat en vain sous
leur joug. Tout tient de leurs couleurs; partout s'impriment leurs traces, ils inventent
des mots et des noms qui vont grossir le vocabulaire général des peuples; leurs
expressions deviennent proverbes, leurs personnages fictifs se changent en personnages
rééls, lesquels ont hoirs et lignées. Ils ouvrent des horizons d'où jaillissent des faisceaux
de lumière; ils sèment des idées, germes de mille autres; ils fournissent des
imaginations, des sujets, des styles à tous les arts: leurs oeuvres sont les mines ou
les entrailles de l'esprit humain..."
Mémoires d'Outre-Tombe, Livre XII, chapitre 1, Londres, avril-septembre 1822
10:18 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, shakespeare
01.01.2009
Point de vue rigoureusement exact, et un peu inexact aussi, la preuve.
"..Si je jette la vue devant moi, quel espace infini où je ne suis pas!
Si je la retourne, quelle suite effroyable où je ne suis plus, et que j'occupe
peu de place dans cet abîme immense du temps! Je ne suis rien; un si petit
intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant. On ne m'a envoyé que
pour faire nombre: encore n'avait-on que faire de moi, et la pièce n'en aurait
pas été moins jouée, quand je serais demeuré derrière le théâtre..."
Mémoires d'Outre-Tombe
Chateaubriand
23:18 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand
29.12.2008
2008: quelle belle année! (l'heure des bilans a sonné)
Janvier: le 7, Fénelon est mort à Cambrai, je ne porte pas le deuil longtemps, dès le 10
il sonne chez moi, et m'apporte délicatement un boa en cygne rose que je suis un peu
obligée de porter autour du cou (il gratte) quand nous dinons en ville. Jacques, toujours
gracieux, qui a fondé l'Ecole de la Cause Freudienne ce même mois de janvier m'a dit:
"Et en plus, il est moche" (le boa)
Février: le 12, Alfred a été élu à l'Académie Française; il adore, sauf "supporter ce raseur
d'Erik Orsenna". Ah ben tant pis pour lui! Donc je lui ai dit: "Alfred, tu l'as bien cherché,
maintenant faut assumer!" Sa hantise c'est aussi que Noël Mamère le repère, à cause de
l'habit vert. C'est que du souci, d'être à l'Académie.
Mars: le 14, Honoré a épousé Madame Hanska, je suis ravie, enfin l'amour triomphe.
Chut, laissons-les s'aimer.
Avril: le 1er, exquis poisson, Albert, sacré farceur, est né. Le 8, François-René a embarqué
pour l'Amérique, ce snob ne prend jamais l'avion depuis que le Concorde ne vole plus. Il prétend
qu'il n'a aucune chance de rencontrer Naomi Campbell sur un vol ordinaire, seulement des Atala
ou des René en tong et survêtements marqués I love New York ou Yes we can , donc ça l'intéresse
pas. François-René mon grand, fais attention, le monde a changé.
Mai: chic, Gustave est rentré de son voyage en Orient.On va pouvoir reprendre nos parties de
scrabble (endiablées)
Juin: le 16, Jacques qui participe au Veme symposium international sur Joyce, a prononcé
une célèbre (et courte!) et très inspirée allocution "Joyce le symptôme", en hommage à
celui qu'il considère comme un génie. Depuis, il estime acquis de se resservir 3 fois
de charlotte au chocolat et se montre exécrable avec ses camarades. Un bien mauvais exemple.
A méditer.
Juillet: tout le monde part en colonie de vacances
Août: l'éventail a vu le jour, le sort de l'humanité en sera changé. Mais pas celui de "l'Humanité"
( 532ème souscription). Ceci dit, c'est aussi un peu la fin des haricots. On sait pas. C'est brouillon
tout ça.
Septembre: comme tous les écoliers, Victor reprend le chemin de l'école et écrit quelques
sublimes Contemplations respectant le programme, maths, grammaire, etc:
"Marquis, je m'en souviens, vous veniez chez ma mère.
Vous me faisiez parfois réciter ma grammaire;
Vous m'apportiez toujours quelque bonbon exquis;
Et nous étions cousins quand on était marquis.
Vous étiez vieux j'étais enfant;...."
Octobre: le 7, Bob, le cousin de Robert Louis Stevenson vient habiter chez sa famille et devient
un merveilleux compagnon de jeux pour lui. Ensemble ils inventent mille histoires, portent des
lanternes, chassent des trésors, montent sur un âne, font les foufous.
Novembre: le 9, Jacques-Bénigne écrit son "Sermon sur l'Unité de l'Eglise". L'impact est immédiat:
numéro 1 des ventes à la fnac et chez virgin. Ce succés tapageur lui monte à la tête, ça ne lui
suffit pas, il cherche querelle à Fénelon, il se conduit comme un con. (je ne lui pardonnerai jamais
de toute façon)
Décembre: le 12, George est partie avec Alfred à Venise, je leur ai dit: "c'est ballot: à Noël tous les
hôtels vont être complets". "Bah, a dit George, n'importe quoi plutôt que se farcir le réveillon avec
mes beaux-parents" .Encore un bel exemple pour la jeunesse, tiens.
(tous les jours de l'année sont exacts.Dingue, non? L'éventail montre ainsi son indiscutable sérieux
scientifique. A l'heure où tous les repères s'effondrent)
15:00 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : fénelon, balzac, thibaudet, chateaubriand, lamartine, george sand, musset
26.12.2008
"Dans l'hiver à l'heure du Salut"
" (...) Durant les jours de fête que je viens de rappeler, j'étais conduit en station avec mes soeurs
aux divers sanctuaires de la ville, à la chapelle de Saint-Aaron, au couvent de la Victoire; mon
oreille était frappée de la douce voix de quelques femmes invisibles: l'harmonie de leurs cantiques
se mêlait aux mugissements des flots.
Lorsque dans l'hiver à l'heure du Salut, la cathédrale se remplissait de la foule; que de vieux matelots
à genoux, de jeunes femmes et des enfants lisaient, avec de petites bougies, dans leurs Heures;
que la multitude au moment de la Bénédiction, répétait en choeur le Tantum ergo, que dans
l'intervalle de ces chants, les rafales de Noël frôlaient les vitraux de la basilique, ébranlaient les
voûtes de cette nef que fit résonner la mâle poitrine de Jacques Cartier et de Duguay-Trouin,
j'éprouvais un sentiment extraordinaire de religion (...) "
Mémoires d'Outre-Tombe
21:22 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, tantum ergo, duguay-trouin





