26.12.2008
Mes cadeaux de Noël vus par Jacques (Lacan)
En plein milieu du déjeuner de Noël, Jacques m'a dit (Jakadi): "Dis voir un peu tes cadeaux
de Noël..."
- Mais quels cadeaux? Quand? Mes cadeaux de cette année?
- Les cadeaux de Noël dont tu te rappelles, ceux de ta vie jusqu'ici, quoi, je voudrais voir
quelque chose...
- Jacques, chapon chéri, tu as trop bu, j'aime pas quand tu fais ton Elisabeth Tessier
Jacques a soupiré: " Putain, on peut plus s'amuser ici"
- C'est depuis Sarkozy, a gloussé George, qui mangeait beaucoup trop de marrons
- Je te dis qu'elle est vulgaire, a soufflé Fénelon à propos de George à Albert (Fénelon a en
horreur les discussions de comptoir de café, horreur qu'on dise le mot "Sarkozy" -même si je
n'en pense pas moins" rajoute-t-il toujours, il trouve ça éminemment vulgaire, bon c'est Fénelon,
on l'aime comme ça, et il a souvent raison)
- Et si on passait aux fromages? a proposé Albert
- Et ma bûche, et ma bûche? a demandé Alfred? (c'est Alfred qui a fait la bûche cette année)
- Tu veux qu'on mange d'abord ta bûche et ensuite le fromage? a demandé François-René offusqué
- J'ai jamais dit ça, a grogné Alfred, je m'inquiète juste qu'elle soit trop froide, je la sors du frigo?
- Bon, dit Jacques, tu sors ta bûche Alfred, je ne ferai aucun commentaire, trop facile et en échange
tu nous fous la paix d'accord (oh oh, renversement de situation, c'est Jacques qui dit ta gueule
à Alfred) alors tes cadeaux, tu nous dis?
- Devant tout le monde? C'est pas très déontologique ça Jacques,dis-moi!
- Rhoo, c'est pour rire
- Bon j'y vais, mais vous me direz aussi
- D'accord! D'accord! (grande cohésion d'équipe: ils étaient tous d'accord pour parler de
leurs cadeaux, alors ça c'est surprenant. A suivre! Bref!)
- Premier cadeau dont je me souvienne: "Les mémoires de Sophie" ,premier livre lu!
- Pff je le sais depuis longtemps, (Jacques haussa les épaules) De l'inédit, merde!
- Un petit lit de poupée en bois, fabriqué par mon papa, peint en bleu ciel, oh comme il m'avait plu!
- Très intéressant! Très intéressant! le lit de son papa!
- Jacques t'es pas drôle, tu respectes rien...
- M'étonne que je respecte rien! Continue, t'es bien partie... (Les autres avaient commencé le
fromage, un saint-marcellin à mourir, un brillat-savarin de toute beauté, une boulette d'avesnes
à se damner...)
- Bon, un horrible cadeau qui ne m'a pas du tout fait plaisir, un album de timbres mais sans les
timbres
- Et pourquoi horrible?
- Il était affreux, tout vide, avec ses pages toutes noires, et moi je m'en fichais complètement
des timbres
- Timbrée chérie, dit Albert gentiment en me prenant par le cou
- Albert, - Jacques grondait Albert maintenant! - change pas la conversation, et alors, après l'album
de timbres?
- Le compas
- Pitié, tu nous l'as déjà raconté! (ils s'étouffaient dans leurs fromages -sauf George qui se
remaquillait les yeux)
- C'est vrai, je suis au courant répliqua Jacques doctement. C'était d'ailleurs confondant. Passons.
Et puis?
- Et puis un sac bizarre, qui m'avait affreusement déçue
- Jamais contente! Comme George, dit Alfred
- Bon Jacques on arrête, on embête tout le monde, regarde ils sont tous dans la cuisine
- Mais si! Je vérifie, je vérifie, tu te rends pas compte!Un sac tout le monde sait ça, c'est très
symbolique
- Mais t'es au niveau d'un "Marie-Claire" là, Jacques! Tu vérifies quoi au juste ?
- Dis-moi un cadeau qui t'a plu, un cadeau qui t'a enchantée, un cadeau qui t'a bouleversée et je
te dirai
- Jamais Jacques, jamais!
- Dis-moi en un, un seul! ce sera l'exemple le plus tangible de ce qe j'appelle l'action nachträglich
du signifiant
- La bûche, messieurs-dames, la bûche annonça alors Alfred, portant celle-ci sur un plateau
(de pur argent bien sûr)
- Oh! fit tout le monde
- Oh! fit Jacques
C'était une bûche ravissante, en forme de gondole vénitienne, avec des petits nains habillés
en gondoliers pour décorer
C'est là que George tomba dans les pommes.
-Du champagne pour George! Vite! Vite! cria Albert
- Quelle emmerdeuse! dirent certains
- Chère vieille emmerdeuse... dit Gustave tendrement
- Faut appeler le Samu dit Fénelon (le gars toujours optimiste)
- Ma bûche ramollit! s'angoissait Alfred!!!
- Régression topique! Désir barré! Perspective Kleinienne! braillait une fois de plus Jacques.
Ouf, il m'avait oubliée. De toutes façons, jamais je ne le dirai, ce qui m'a bouleversée.
Ni ce qui me bouleverse. Il n'a qu'à le deviner. Si ça l'intéresse.
23:43 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : noël, lacan, chapon, fenelon

