18.10.2009
Les flaques

- Lui: regarde les flaques, on dirait le sable quand la mer descend...
- Elle:...
- Lui: tu les vois?
- Elle: mon amour, tu sais bien, je ne vois plus rien depuis longtemps
22:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : flaques, versailles, amour, fatigue, gaité
11.10.2009
Comme je m'en fiche finalement des saisons
(c'est un tableau d'Elizabeth Vigée-Lebrun. Je ne sais pas comment il s'appelle. Je ne sais pas qui est peint ici. Un parmi vous, saurait?)
Comme je m'en fiche finalement de parler des saisons... (mais pas bien sûr en vrai des saisons)
C'est d'autres choses souvent que je voudrais parler.Que nous voudrions parler.
De la peur, de la déception, de l'horreur, du dégoût.
Des masques, des simagrées, des moments où on peut à peine respirer, de tant de vulgarité, des vautours.
Mais aussi du Ciel qui nous bénit parfois, de l'amour, puissant quand il ressemble à rien.
Mais c'est difficile d'en parler.
Et encore...Pas tant que ça ici, et c'est pour ça aussi que j'ai besoin que l'éventail se déplie...Mais ailleurs, dans la vie...
Alors je parle de l'hiver, de l'été, même ici...Bon, merci les saisons qui me permettent de babiller.
Merci les saisons, si con bon sujet de conversation.
Parlons des saisons, où on dit tous, tous la même chose et son contraire.
Bonjour ce billet qui va encore pas être très clair.
Enfin, quand même, si, qui parle de babiller donc; et de se taire.
06:57 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : saisons, déception, silence, simagrées, difficile de parler, amour
05.10.2009
Le courage, l'amour.
"...Dans Compagnons, quand les ouvriers se demandent comment
leur copain Jean, qui agonise sur le bord du chemin, va faire pour
rentrer chez lui, ce Jean Kernevel, à demi mort pourtant, murmure:
"Faudra ben" et c'est tout ce qu'il faut à Louis Guilloux pour faire
voir ce qu'est le courage. Sept petits mots lui suffisent à écrire une
des plus belles phrases d'amour de la littérature: quand le soldat
revient de guerre, gueule cassée, trou en guise de nez, sa femme
blémit, puis lui prend le bras et dit: "Mon ptit Louis, c'est toi quand
même..."
Mona Ozouf
Composition française
Gallimard, 2009
20:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : courage, amour, louis guilloux, mona ozouf
27.09.2009
Parking sous la neige
Comment faire au milieu de toutes ces paroles inutiles que nous disons pour qu'il y en ait quelques unes de sensées?
Comment faire parmi tous ces mots que nous écrivons pour qu'il y en ait quelques uns qui soient justes?
Comment faire dans ces billets en vrac que je flanque sous l'éventail pour qu'il y ait une ligne qui dise les choses et que cette chose ne soit pas que tous ces mots ne servent à rien?
Comment dire la douceur que j'éprouve en ce moment pour ceux qui comprennent ce que je veux dire?
20:01 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mur, silence, parking, douceur, comprendre, farce, piège, amour
29.12.2008
Voir des Jacques partout
Ho la! le vertige me prend. Il y a des Jacques partout. Je suis comme ces fous qui voient
des Napoléon partout.
Jacques qui me bassine depuis deux ou trois jours avec son nachträglich du signifiant,
un autre Jacques qui se rebelle, la bouche pleine de charlotte au chocolat, l'Autre Jacques,
- pas le même- qui s'en mêle, et voilà que George en rajoute une couche, m'apprenant qu'elle
vient d'écrire "une petite chose charmante" - dit-elle- , une "infâme dégoulinure bien dans sa
manière" dit Fénelon.
Et puis Jacques Coeur qui n'en avait pas, et puis Jacques Cartier qui n'en faisait pas, et puis
un Jacques qui était maître, et un autre fataliste, un le Majeur, un Le Mineur, quelques uns frères,
et Jack Pot aussi - ouh la, le fils de Pol, peut-être?-
Où donner de la tête?
" L'amour est un sentiment comique" me dit Jacques L. Et il enchaîne aussitôt: "Et le sommet de la
comédie est parfaitement localisable".
Moi: "T'es sûr?"
Lui: "oui, c'est dans mon séminaire livre V, page 136"
Et l'autre Jacques: "j'en ai un peu marre de la charlotte au chocolat, tu pourrais pas faire, je
sais pas moi...du baba?"
"Du baba!"
Et l'autre, l' Autre Jacques...ah ben non, il n'est pas là, il ne dit rien, je m'inquiète. Bon.
Et George:"c'est une petite oeuvre épistolaire, je l'ai écrite en 1834, elle s'appelle "Jacques";
en toute simplicité; mon héros croit trouver le bonheur en épousant Fernande -bien avant de
connaitre la chanson, ce qui notez-le bien, -dit George avec la modestie dont elle est coutumière-,
prouve que je la connais la chanson, donc épouse Fernande, qui est bien gentille mais un peu
neuneu sur les bords et pour la distraire invite sa soeur Sylvia, sa soeur à lui..." (" c'est sûr ça pue
l'embrouille" rigole Jacques, qui connait les Sylvia, mais là ça devient de la haute couture, Sylvia
Lacan, née Bataille, ayant donc été mariée à Jacques, personne ne va commenter
ce billet particulièrement improbable! ou qui s'y frotte, avec sa pantoufle de vair, je l'épouse sur le
champ!)
( à suivre)
01:09 Publié dans N'importe quoi! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jacques, lacan, amour
28.12.2008
Amour
Les voitures sont plutôt blanches, et garées, immobiles. Mais il y en a deux rouges. Une est
arrêtée, une roule, à petits pas. Une autre blanche roule aussi, à petits pas aussi.
L'heure est entre chien et loup.
C'est ce que je vois de la fenêtre de la cuisine (si je regarde en bas)
Je me dis que l'amour en ce moment est exactement comme ça pour moi.
19:00 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : voitures, chien et loup, amour
25.12.2008
Incandescente
Lettre (133) de Flaubert à Louise Colet, 8 avril 1852 .
(De Louise Colet, Flaubert disait le 26 décembre 1853 à son ami
Louis Bouilhet: " Elle est bien la seule qui m'ait aimé.
Est-ce là une malédiction que le ciel lui a envoyé? Si elle l'osait elle
affirmerait que je ne l'aime pas. Elle se trompe pourtant")
Je ne t'ai point fait de remarques particulières sur le style de ta
comédie (1) que je trouve vulgaire. Je sais bien qu'il n'est point
aisé de dire proprement les banalités de la vie. Et les hystéries
d'ennui que j'éprouve en ce moment n'ont pas d'autre cause.
C'est même un grand effort que je fais que de t'écrire. Je suis
brisé, et anéanti de corps et d'esprit, comme après une grande orgie.
Hier j'ai passé cinq heures sur mon divan dans une espèce de
torpeur imbécile, sans avoir le coeur de faire un geste, ni l'esprit
d'avoir une pensée. - N'importe, continuons.
Je trouve donc que le style est généralement mou, lâche et composé
de phrases toutes faites. C'est de la pâte qui n'a pas été assez battue.
L'expression n'est point assez condensée, ce qui, au théâtre surtout,
fait paraître l'idée lente, et cause de l'ennui.
Et d'abord, tout le premier acte est une exposition. L'action se passe au
second, et dès la premiere scène du 3eme on devine le dénouement. La
2ème scène du dernier acte est pleine de mouvement. Si tout était comme ça,
ce serait superbe.
La 1ère scène -monologue de la femme de chambre- est à tout le monde.
Qui ne connait ce plumeau? cette glace où elle se mire? La seconde- avec
le garçon de restaurant, est assez drôle en elle-même, mais que d'abus de
ça !et la plaisanterie du chantage est d'un goût médiocre.
Quant aux deux personnages de Léonie et de Matthieu, je n'y comprends rien.
Ils sont parfois très cyniques, et d'autres fois très vertueux, sans que ce
soit fondu. On se révolterait de ces moeurs-là qui sentent le Macaire (sauf
l'exagération laquelle sauve le personnage.) Et puis, et puis, que de négligences!
Je t'assure, pauvre chère Louise, que cette lecture m'est pénible. Je peux ne rien
entendre au théâtre: mais quant au français en lui-même, il me semble que tu
es là singulièrement sortie de tes habitudes littéraires.
Cette scène entre le frère et la soeur est démesurée de longueur.On ne s'intéresse
ni à l'un ni à l'autre, avec leurs projets de duperie, leurs misères et les sentiments
de fierté de Léonie, quoiqu'elle avoue jouer un rôle.
La scène IV est également longue; le dialogue vers la fin, plus mouvementé.On
est tout heureux de trouver quelque chose d'amusant.
Les scènes VI et VII me semblent atroces et j'y trouve à peu près tous les
défauts réunis. Quant à l'acte 2eme, qu'est ce que c'est que cette femme qui reste
muette pendant tout l'acte en scène à faire la sourde et muette, trompant tout
le monde, si ce n'est le spectateur qui est tenté de crier à l'acteur: "Elle vous
trompe!" (Quel besoin y avait-il de ce personnage? En quoi est-il nécessaire à l'action?
Et ce polisson d'acte à treize scènes!) Et puis comme on s'embêtera à leur conversation
par écrit! Il faut éviter d'écrire sur la scène, ça ennuie toujours à regarder. Cette bonne
Mme de Lauris, à laquelle on rarrange ses oreillers m'assomme et me révolte. Elle se joue
indignement de ses enfants, dont la tendresse fera rire. Alors nous tombons dans la farce.
Scène III. Quel interminable monologue! Il faut faire des monologues quand on est à bout
de ressources et comme exposition de passion (lorsqu'elle ne peut se montrer en fait).
Mais ici c'est pour nous parler de ce que nous voyons, c'est à dire la vie intérieure de ce
château. Inutile.
Quant à l'oiseau que l'on dessine, le perroquet empaillé que l'acteur serait obligé de tenir à
la main ferait pouffer la salle de rire, et suffirait à lui seul pour faire tomber un chef-d'oeuvre.
Comment se fait-il que tu n'aies pas vu cela?
Dans la scène V, l'explosion de Léonie dépasse les bornes. Bref, toute cette pièce me fait
une impression de délicatesse froissée, pareille à celle que tu as ressentie si légitimement
à la lecture de la bonne moitié de l'Education sentimentale.
J'arrête là mon analyse car c'est selon moi, une idée à reprendre complètement ou
à laisser. Excuse-moi si je te choque en ce moment. Fais lire ton oeuvre à Mme Roger,
en qui tu as confiance, et tu verras si elle est franche, que l'effet ne lui en sera point agréable.
Je te renvoie le volume du père d'Arpentigny. Comme il ne me l'a pas prêté, je ne peux lui écrire.
Si j'étais en train, je t'écrirais une lettre pour lui montrer. Son volume m'a beaucoup intéressé.
Il devrait en faire une édition avec des planches. Il a deux ou trois portraits frappés avec beaucoup
d'esprit. Et un même, celui du parvenu faisant tout lui-même, est un morceau qui pourrait passer
pour classique; il y a du talent de style.
J'ai lu Graziella. le malheureux! Quelle belle histoire il a gâtée là. Cet homme on a beau dire, n'a pas
l'instinct du style. Tel est du moins mon avis.
Adieu je t'embrasse. Tâche d'être plus gaie que moi. Encore deux baisers sur tes bons et beaux yeux.
A toi.
G.
(1) L'institutrice, comédie écrite par Louise Colet
00:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : flaubert, louise colet, courage, amour
30.11.2008
Sous la nappe
Comment dire cela? Comment exprimer mon malaise?
Je crois que c'est dans les mac do pourris que je me sens le mieux,
là où je pourrais passer la serpillière au milieu de ceux qui mangent
et où ceux qui passent la serpillière rient et parlent exactement
comme tous ceux qui sont là, qui eux-même parlent à la fille ou
au gars qui passe la serpillière entre les chaises.
Ils honnissent les mac do (comme si leur haine était productive de quelque
chose !) ceux qui mourraient d'y mettre les pieds, pauvres petits qui n'aiment
pas la pauvreté. (Ou le ketchup, moi non plus d'ailleurs !)
Dégueu en général ce qu'on y mange, d'accord. (Quoique les frites...même si
elles ne valent pas les miennes!). Mais ailleurs, trop de choses, vraiment
trop de choses, me restent sur l'estomac.
Ainsi, manger avec un homme vers qui tout (ou rien d'ailleurs, or le désir mystérieux),
vous pousse, tue l'amour - je trouve- dans un restaurant aux chandelles, aussi sûrement
que si cet homme était pourvu d' une voix de crécelle, d' une american express, ou d'un
coeur en sac poubelle. (ou les trois!)
Bien sûr je mange souvent dans des restaurants "normaux"; mais de plus en plus j'y
éprouve ma lâcheté. Et cette lâcheté je l'espère, va bientôt me lacher.
C'est que "Mac Do, quelle horreur, c'est l'usine" dit-on. Ben justement: dans les usines, la
force syndicale a arraché des conventions d'entreprise beaucoup plus favorables que dans les
petits établissements où, protégés par personne, les employés soumis aux heures supplémentaires
obligatoires non déclarées et... non payées, font le bonheur du patron et de la patronne si
sympathiques aux aveugles.
Hypocrisie, ou angélisme, que ces louanges aux "indépendants" et au "made in france" !
Enfin donc voilà, j'ai un problème: sous la nappe, damassée et immaculée ou à carreaux rouges
et blancs , il y a toujours un patron, et pour prendre la commande quelqu'un qui travaille pour enrichir
ce patron.
C'est terriblement embêtant.
Car j'adore aller au restaurant.
16:16 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mac do, restaurant, serpillière, haine, homme, amour
29.11.2008
Etain éteint
18:59 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fer-blanc, amour, étain
10.11.2008
Mélancolie de Fellini
Il parlait d'être "un témoin auquel il faut permettre d'inventer tout ce dont il prétend témoigner".
Je me souviens de la formidable mer en plastique noir (comme des sacs poubelle) dans "Casanova",
du cheval blanc surgi dans les embouteillages de "Roma",des fresques s'effacant au moment où
découvertes elles apparaissent à l'air libre (comme l'amour quand il est dit et se fige alors en quelque chose
de moins précieux ou s'envole ?), du "Satyricon" où Alain Cuny avait un rôle, de "Casanova "encore,
seul à la fin de sa vie dans son château...
07:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : fellini, alain cuny, fresques, amour





