17.10.2009

Eaux

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Il a plu un peu à Versailles aujourd'hui. J'ai pris cette photo par une fenêtre du château. On voit très bien les bonshommes de Xavier Veilhan, oui, celui de l'affreux carrosse violet exposé dans la cour. Les bonshommes sont montés sur des cubes transparents.On en voit distinctement trois ici. Je trouve ça d'une outrecuidance sans nom d'exposer ici comme ça ses "oeuvres". Enfin, bon. Des fenêtres du château, tel qu'on le voit sur ma photo le Grand Canal pourrait apparaître comme une piste d'atterrissage et pas comme un plan d'eau. Pourtant, même à cette distance, en vrai dans le château, on voit bien que c'est de l'eau, et c'est beau.

Ensuite il s'est mis à pleuvoir plus fort, et il n'y avait plus personne dans le parc. Les moutons s'étaient réfugiés sous les arbres, les promeneurs s'étaient enfuis, il s'est mis à faire froid. Je me suis aperçue que mes chaussures prenaient l'eau. J'ai encore regretté l'été. Ma jeunesse. Tout. Vous pouvez pas savoir!

07.10.2009

Comme je regrette que l'été soit fini

Comme je regrette que l'été soit fini, pas vous?, les longues journées avant qu'il

fasse nuit, les promenades entre les champs de maïs après le diner, ou au bord

de la mer quand tard il fait si doux qu'on est encore bras nus...

Comme je regrette qu'il soit si vite passé, celui-là, cet été...

Comme j'aime l'été, les hommes avec leurs manches de chemises, roulées,

les jeunes filles divines robes en mousseline d'été. Ou en shorts avec des jambes

couleur de crème brûlée.

Comme je suis triste que l'hiver approche, d'ailleurs l'hiver je suis moche.

Qui aime l'automne?

Il est doré, il est très beau, ouais, ouais, mais il annonce l'hiver et ça gâche tout,

et il promet des ciels couleur de serpillère qui pue l'humidité, de serpillère mouillée.

Qui aime l'hiver? Sûrement pas moi! Il fait trop froid.

Les arbres ont tous l'air morts. Il fait nuit quand on se lève, et il fait nuit pour le

goûter, et ça caille trop pour picniquer et il n'y a pas de fruits rouges au marché.

Franchement je suis triste que l'été soit si vite passé.

 

31.08.2009

"Vieux voyageur alors, assis sur la borne du chemin..."

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(photo: Louise)

 

Au chipsologue (mention barbecue) émérite:

 

"...Rancé, apercevant un religieux qui pleurait, lui tendit la main et lui dit: " Je ne vous quitte pas, je vous précède". Le Tasse avait adressé les mêmes mots aux frères qui l'environnaient à Saint Onuphre. Rancé demanda d'être enterré dans la terre la plus abandonnée et la plus déserte: sur un champ de bataille où l'on n'entend plus de bruit, on voit sortir du sol les pieds de quelques soldats...".

C'est l'été, encore le vrai été puisque septembre n'est pas commencé mais l'été menacé. Dehors j'entends dans le square, en bas des immeubles, des enfants crier, pleurer, des voix de mère s'élever. Il fait très chaud. J'ai encore repris La vie de Rancé. Comment de Chateaubriand je pourrais être lassée? Hien? hein?J'ouvre au hasard, page 257 en folio: "... Les hommes qui ont vécu dans le désordre pensent que quand l'heure sera venue, ils pourront facilement renvoyer de jeunes grâces à leur destinée, comme on renvoie des esclaves. C'est une erreur; on ne se dégage pas à volonté des songes; on se débat douloureusement contre un chaos où le ciel et l'enfer, la haine et l'amour, l'indifférence et la  passion se mêlent dans une confusion effroyable. Vieux voyageur alors, assis sur la borne du chemin, Rancé eût compté les étoiles en ne se fiant à aucune, attendant l'aurore qui ne lui  eût apporté que l'ennui du coeur et la disgrâce des années. Aujourd'hui il n'y a plus rien de possible car les chimères d'une existence active sont aussi démontrées que les chimères d'une existence désoccupée..."

Chaque mot... chaque phrase de ce passage.....toute la "Vie de Rancé"....

04.08.2009

Le balcon

le cid.jpgJe passe de plus en plus de temps sur le

balcon: ni dehors, ni dedans.

Surtout à partir de 8 heures le soir.

J'aime beaucoup  y entendre le bruit  des

dîneurs,  par leurs fenêtres ouvertes.

 Je m'aperçois que j'ai toujours aimé ce

bruit.

Le matin le balcon est à l'ombre. C'est peu à

peu que  le soleil s'y installe.

A midi c'est délicieux d'y manger une bonne

boîte de cassoulet assiette de tomates coupées

 avec de la mozarella et un peu d'huile d'olive, et une feuille de basilic, si on a.

A quatre heures on peut encore y boire un thé, le soleil est là, on y a trainé un fauteuil pour lire (tous les livres pas encore vendus)

Mais à six heures il fait trop chaud, la lumière est trop blanche.

C'est maintenant, après neuf heures, que sur ce balcon doucement c'est (presque) le bonheur.

PS: il me manque un cigare ou une petite poire! Que me manque-t-il encore?

Mais rien voyons ! Il y a même un coucher de soleil, si on se tord le cou, sur ce balcon.