30.10.2008
Sors de mon corps, Virginie Prignot!
Parfois, je me sens comme Virginie Prignot, la "fleur d'automne" (c'est ainsi qu'elle avait signé sa première lettre!)
qui poursuivait Honoré.
Piteuse et pleurnicheuse comme Virginie Prignot.
Allez, un bon coup de canne -à pommeau bien sûr- dans les tibias, devrait m'aider à marcher un peu plus droit!
Admiratrice de Balzac parmi tant d'autres, elle lui a écrit 27 lettres entre 1831 et 1833.
On pense qu'il y a eu 10 ou 11 réponses de Balzac. Hélas, ces courriers à Virginie Prignot ont disparu.
Cela fait partie des choses auxquelles je pense souvent: et si on retrouvait ces lettres disparues ? Celles-là, pourquoi pas, mais aussi tant
d'autres.
Ce sera peut-être aujourd'hui! Hop, finies les manchettes de journaux sur la crise, mais partout: " Dernière minute: on a retrouvé les lettres de
Balzac à Virginie Prignot !"
En tous cas je suis curieuse de celle où il lui disait sans ambage, en gros, qu'elle écrivait comme une patate.
(NB: avez-vous vu comme ce saint-honoré tire la langue? Avec insolence si on le retourne un peu vers nous, ou bizarrement
comme s'il venait de se pendre et avait la langue qui sort de la bouche? Mmmm, délicieux un bon saint-honoré pendu!)
01:34 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
29.10.2008
"Des livrets plein la hotte"
J'ai chez moi un autre petit livre (pas par le format cette fois, mais par l'épaisseur!)
de Jean-Luc Nancy, que j'aime beaucoup (je l'ai déjà dit, je radote!)
Il porte un sous-titre: "Du livre et de la librairie".
J'aime beaucoup ce passage:
"(...) Toujours la librairie garde en son sein quelque chose du colporteur de livres,
du gaillard chargé de petits in-douze et in-seize, des livrets plein la hotte et glissés
jusque dans les basques et le chapeau, non seulement capable de les vendre, mais
de les vanter et, s'il le fallait, de les raconter par coeur d'un bout à l'autre -
Manon Lescault, Le jeune Werther ou bien Schéhérazade-, boutiquier-conteur
nomade, aède ambulant, marchand marcheur et démarcheur d'éditions bon marché,
la librairie par les champs et par les grèves, sous le soleil et la pluie des grandes
routes (....)"
Et ce soir je me demande bien quel livre je serais capable de raconter par coeur
d'un bout à l'autre? Et je sais bien hélas que c'est aucun.
Et que c'est pas terrible.
23:12 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc nancy, librairie, livre
24.10.2008
Toute sa vie

Toute sa vie j'ai entendu maman dire:" J'aime tellement les bouleaux".
Son père était né à Ouralsk, qui n'est plus en Russie aujourd'hui mais au
Kazakhstan maintenant.Ce tableau d'Isaac Illitch Levitan est pour elle,
qui bien sûr ne lit pas ce blog et pour tous ceux qui y poseront leurs yeux
aujourd'hui.Maman est vivante. Demain nous allons à l'enterrement
de son frère mort lundi, auquel très fort je pense aussi.
07:53 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2008
Entretiens de Bichat
" (...)Et il sentit pour la première fois son beau bras frais à ses flancs( ...)"
Le lys dans la vallée. Balzac
Des bras m' ont repoussé dans la nuit.
La communauté médicale s'interroge.
Il ne fait pas de doute que les entretiens de Bichat garderont une large
place à ce phénomène mystérieux.
Le professeur Ilssepeukeu y fera une intervention fort attendue.
La Vénus de Milo l'accompagnera.
10:50 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Bras coupés

J'en ai les bras coupés. Je me tais. Je suis vraiment trop triste.
00:20 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
16.10.2008
"La vie + un chat"
Billet pour Absinthe, 2 mois, qui habite ici depuis 15 jours, qui casse joyeusement
toutes les lampes (éclairage à la bougie!), change les feuilles des plantes
en dentelles vertes, raffole de musique baroque mais dés que j'ai le dos tourné
danse sur le rap que les enfants écoutent, joue au foot avec tous les stylos,
et me fait penser que c'était moins gai avant qu'elle arrive!
"Trouver une chose c'est toujours amusant; un moment avant, elle n'y était pas encore.
Mais trouver un chat, c'est inouï!
Car ce chat convenez-en, n'entre pas tout à fait dans votre vie, comme ferait par exemple
un jouet quelconque; tout en vous appartenant,
il reste un peu en dehors, et cela fait toujours: la vie + un chat, ce qui donne je vous assure, une
somme énorme."
R.M Rilke. Lettre à un jeune peintre.
(C'est édité en Rivage Poche pour quelques euros, avec des illustrations uniquement de chat, de Balthus;
ici auto-portrait)
23:14 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
08.10.2008
Lorgnette (son petit côté)
Quand on pense que Balzac n'a pas revu Madame Hanska pendant 8 ans!
Vous allez me dire: on s'en fout. Petit côté de la lorgnette et tout ça.
Or ça m'a toujours passionnée complétement, le petit côté de
cette lorgnette! M'en fous pas du tout.Passe ton chemin, passant
sérieux. Viens par ici, lecteur de "Voici"!
Elle lui écrit sa 1ere lettre en 1832.Il la rencontre en septembre 1833,
et vit une "journée inoubliable" avec elle, dit-il, en janvier 1834.
Et en mai 1835 quand il la rejoint à Vienne lors d'un de ses voyages,
c'est avant une séparation de 8 ans.
(Il ne la revoit qu'en 43, son riche mari ukrainien est mort. Honoré veut
absolument l'épouser.)
Donc moi, je mets plein de points de suspension.
C'est un peu ça le boulot des points de suspension.
Huit ans de points de suspension entre eux.
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00:10 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.10.2008
On ne badine pas avec l'amour d'Alfred
Un peu de Musset ne nuit jamais, JAMAIS, JA-MAIS!!!
"...Camille: Bonjour cousin, asseyez-vous.
Perdican:Quelle toilette Camille! A qui en voulez-vous?
Camille: A vous peut-être; je suis fâchée de n'avoir pu me rendre au rendez-vous
que vous m'avez demandée; vous aviez quelque chose à me dire?
Perdican, à part:Voilà sur ma vie un petit mensonge assez gros pour un agneau sans tâche;
je l'ai vue derrière un arbre écouter la conversation. Je n'ai rien à vous dire qu'un adieu, Camille;
je croyais que vous partiez;cependant votre cheval est à l'écurie, et vous n'avez pas l'air d'être en robe de voyage.
Camille:J'aime la discussion; je ne suis pas bien sûre de ne pas avoir eu envie de me quereller encore avec vous.
Perdican:A quoi sert de se quereller, quand le racommodement est impossible? Le plaisir des disputes, c'est de faire la paix.
Camille:Etes-vous convaincu que je ne veuille pas la faire?
Perdican: Ne raillez pas; je ne suis pas de force à vous répondre..."
22:55 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01.10.2008
Un grand drame moderne!
Allez, tiens, je n'ai jamais dit que j'aimais Chagall -d'un amour total,
indiscutable pour moi- sans susciter des moues affligées.
Je n'ai jamais dit que je n'aime pas du tout "Le petit prince",
mais vraiment pas du tout, sans créer un malaise. "Tu n'aimes pas
le petit prince?" Non! je ne le supporte pas.
Et je n'ai jamais dit qu'à mes yeux l'amour que je porte à un homme ne
relève pas de la façon dont il se comporte avec moi, sans que
j'apparaisse... dérangée.
( Mariée à l'éventail. Marc Chagall, 1911)
22:58 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
30.09.2008
Exquise frivolité

Eu égard à cette journée -la fatigue démente de mes pauvres jambes de 150 ans-, le cynisme affligeant (pléonasme?)des gens que j'ai rencontrés aujourd'hui, et les tracas de tous ordres,la contemplation en cet instant de cet éventail dont par ailleurs je ne sais rien, m'est d'un grand réconfort...
Je ne sais pas ce qui me plait tant en lui...Sa délicatesse? Son inutilité? Son charmant petit liseré doré?
Sa couleur ivoire? Ses roses? Les jupes en pétales de fleurs des petites filles qui dansent?
Ou ce que, sans que vraiment j'y réfléchisse, il me suggère: un air de glace- vanille, pistache,fraise - une impression facile de "temps jadis", une idée de douceur, une nostalgie de ce que j'aurais aimé que
ma vie soit, et qu'elle n'est pas du tout!, la pelouse devant un château, l'allée de tilleuls,l'exquise absence de soucis, l'inaccessible frivolité?
19:35 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



