06.12.2008
Qui m'importe le plus
Depuis que j'ai vu, il y a trois ou quatre ans à Orsay ce tableau de Kramskoï (1872) à l'exposition sur la peinture russe du XIXe siècle, je pense à lui très souvent.
C'est -de loin- la représentation du Christ, qui m'importe le plus.
Car ici je le trouve à la fois profondément humain. Et profondément divin.
On peut rigoler. On peut dire: oui, il a l'air d'en avoir gros sur la patate.Moi je dis: si on rigole, c'est aussi parce que quelque chose en lui rend mensonger, artificiel, et vain, tout le reste, et ça, ça dégage drôlement le paysage.
Si je veux revoir ce tableau je dois aller à Moscou à la galerie Tetrakiov. Et je veux le revoir. Et je n'aurais donc peut-être pas dû en parler. Car j'ai envie de le revoir tout de suite. Vite. C'est urgent. C'est pressé.
Et je sens que ça va être encore un truc coton.
00:30 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : kramskoï, moscou, urgent, christ, frustrant
28.11.2008
Louise qui?
21:35 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : louise moillon, chardin
25.11.2008
Regard (5)
L'enfant Jésus se blessant avec la couronne d'épines. (1630)
Allez. un oeil sur le travail, un oeil sur l'éventail, je vais finir ce mardi
mémorable (pas du tout, en fait!!!) par un tableau sublime de
Zurbaran. Et ensuite finito les Regards avec des numéros, finito
de tirado sur la ficela.
Mais avant de cliquer, zou, un truc chic: Zacharie, XIII ,6 (ouais, ouais,
ouais) "Et si quelqu'un lui dit: quelles sont ces blessures sur ton corps?
Il répondra: celles que j'ai reçues de mes amis".
Et toc.
(PS: la toile est à Cleveland. But dans la vie: aller au Cleveland Museum of art)
23:28 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : zurbaran, zacharie, jésus, marie
Regard (4)
Bon. Par terre: Meduna que Bracciafero a zigouillée.
Ce tableau de Füssli est à Londres. Le 20 mars 1814, Byron écrit sur son blog
que le tableau lui a plu.
Quand vous saurez que le tableau s'appelle "Ezzelin Bracciaferro, songeur,
devant Méduna qu'il a tuée pour son infidélité lorsqu'il était absent en terre
sainte", vous saurez le principal, vous aurez de quoi faire, vous serez
peut-être songeurs....
" Il la déteste, il s'en applaudit encore" a dit Hohann Caspar Lavater, de
Bracciafero.
20:34 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : füssli, meduna, être songeur
29.10.2008
" Les morts ne cessent de nous accompagner"
C'est peu de dire que j'aime cette étonnante, "modernissime" ? - sic! -, "Marie-Madeleine
pénitente", de Johan Moreelse (1603-1634).
Le tableau est au musée des beaux-arts de Caen.
C'est peu de dire que j'aime que Marie-Madeleine ait d'abord pris le Christ pour le jardinier
(forcément il venait de mourir).
C'est peu de dire que j'aime ce que dit d'elle, Jean-Luc Nancy dans "Noli me tangere":
"(...) Elle a montré quelle confiance elle mettait dans son Seigneur: non pas la crédulité
avec laquelle certains considèrent les supposés thaumaturges, mais l'assurance de ceci,
que le mort peut encore se lever et marcher, qu'en vérité il ne cesse pas de le faire, comme
font tous les morts car tous ils marchent avec les vivants.Les morts sont morts, mais en tant que morts ils ne cessent de nous accompagner,
et nous ne cessons pas de partir avec eux. De partir nulle part: de partir, absolument, d'aller au fond du tombeau jusqu'au fond sans
fond dans lequel on ne cesse pas d'avancer sans que pour autant on fasse route vers aucune destination (...)"
Avec Albert c'est exactement ça: nous ne faisons route vers aucune destination, nous sommes ensemble, moi dans son tombeau, lui bien
plus dans la vie que moi parfois, il me tire vers la vie, je me repose dans son tombeau, je l'emmène à Sidney, il m'accompagne
entre les deux guerres, nous sommes ensemble.
(Noli me tangere, Jean-Luc Nancy, Bayard 2003)
14:18 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
Quand le chat n'est pas là
Il y a un livre de Jean-Luc Nancy, que j'aime beaucoup. (Et j'aime beaucoup Jean-Luc Nancy.)
Bon. Les couleurs de ce tableau (1525) du Corrège qui se trouve à Madrid au Prado, sont évidemment atroces sur cette reproduction.
Clignons des yeux, imaginons-le autrement, avec ses "vraies" couleurs. Nous sommes là ensemble,
à Madrid, directement en provenance de Chambord. Oui Albert, quand le chat n'est pas là, les souris dansent!
Bon. Le livre de Jean-Luc Nancy,je me dépêche, pardon:
Noli me tangere -ne me touche pas, c'est aussi le nom d'un tableau du Caravage, du Titien, de Bronzino, une gravure
de Dürer et de bien d'autres peintres encore....
Mais c'est d'abord un morceau de l'Evangile selon Saint Jean."Noli me tangere" dit Le Christ à cette merveilleuse Marie-Madeleine pour qui
nous avons tous le plus grand faible (en tous cas, moi).
Comment les peintres ont interprété cette scène?
C'est le sujet de ce petit (par le format) livre de Jean-Luc Nancy, qui se termine ainsi :" (...) comme une scène étrange où un corps glorifié
se présente et se refuse à un corps sensible, chacun des deux exposant la vérité de l'autre, un sens frôlant l'autre mais les deux vérités
demeurant inconciliables et se repoussant l'une l'autre.
Arrière! recule! retiens-toi! (retiens-moi?) retire-toi!
Un tel discord au lieu même de l'étreinte définit et abîme sans fin la vérité même, sa souffrance et sa jouissance - la
levée du corps".
Sur ce, assez ri, il est midi, je pars travailler. Bonne journée!
12:15 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
22.10.2008
Comment ne pas courir vers elle et lui ouvrir les bras?
19:08 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
20.10.2008
Ce n'est pas qu'une question de couleurs

Ici les couleurs sont atroces. D'ailleurs à y bien réfléchir, tout ici, dans la reproduction,
- non pas l'oeuvre, au contraire- est atroce.
C'est à mes yeux le plus sublime des tableaux.
Dans la petite chapelle de Tolède où il est seul, tout seul, il donne un tel coup au coeur
qu'il laisse en larmes, loin de tout.
Bien avant que je le voie à Tolède, sa reproduction, verdâtre, -encore plus épouvantable qu'ici-
(hum, est-ce possible?!) était punaisée dans la chambre de mes grands-parents.
C'était une affiche.
Dans la chambre de mes grands-parents je passais seulement comme les autres enfants pour
me laver les mains avant le déjeuner. Le lavabo à droite. Le Greco en entrant.L'odeur de laque
Elnett de ma grand-mère. Le jardin dehors.Immense. Le Greco dans leur chambre, pourquoi?
J'ai toujours vu "L'enterrement du comte d'Orgaz" , et jamais je ne m'en suis lassée.
Je l'aime de plus en plus.
Tout est atroce ici :non seulement les couleurs, mais l'absence des réelles dimensions, de l'épaisseur, de la force,
de la grâce.
L'absurdité de ce que je fais. Poser là, cela.
Pouvoir d'un geste du doigt sur un clavier poser ce qui n'est plus le tableau du Greco,
mais une idée,une image...Comme l'amour n'est plus l'amour dés qu'on en parle,
comme le ciel n'est plus le ciel attrapé dans une photo, comme ce que je voudrais dire
n'est hélas pas ce que je dis ce matin.
Quel saccage.
PS: j'enléverai peut-être ce billet d'ici ce soir. Pourtant il essaie de dire quelque chose qui me tient drôlement à coeur.
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26.09.2008
En entier. Sublime.
23:02 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
23.09.2008
Coup de foudre

"Le temple au milieu de l'eau" -
d' Hubert Robert, surnommé par Catherine II
de Russie: "Robert des ruines".
J'aimerais être en ce moment au musée
Pouchkine devant cette toile.
Ou comme Mary Poppins, sauter dedans.
A la place, je pars dans 5 minutes
à un RV professionnel Parvis de la Défense.
....Finalement, c'est pas si différent.
14:18 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note







