09.10.2008

" Ne parlons de rien mais écrivons à propos de tout"

liszt.jpg

Dernière minute: Nobel de Littérature à Le Clézio

 

( Ne regarde pas cette photo Albert T., de toutes façons je t'aime!)

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dans "Lettres d'un bachelier ès musique" de Liszt aux

éditions du Castor Astral)

 

Lettre de Franz Liszt à George Sand, en janvier 1837

" Vous me demandez de vous écrire.- Pourquoi pas?

Zelter écrivait bien à Goethe.-Toutefois si une sorte de honte ne me retenait , je serais

fort tenté de vous adresser la question que je fis dans mon enfance à une excellente

dame, grande donneuse de pralines et de polichinelles, qui exigeait de moi la même

promesse:"Si je ne savais quoi vous dire, faudrait-il vous écrire tout de même?"- Raison

de plus peut-être. Qui donc s'aviserait aujourd'hui de parler précisément de quelque

chose?

Ce serait de mauvais goût et de mauvais exemple.(...) Pour Dieu ne parlons de rien et écrivons à propos de tout (....)

( suite de la lettre très vite, et Zelter c'est un compositeur allemand qui a mis en musique de nombreux poemes de Goethe. Je viens de

l'apprendre, je ne le savais évidemment pas)

30.09.2008

Mary Bolduc

mary bolduc.jpgJe ne résiste pas, je vois qu'une Mary Bolduc existe (*),

elle jouait du violon à Montréal.

Je suis drôlement contente de découvrir cela.

 

Quand je disais que des fois la vie est épatante!

( le chat doit faire la tournée de tous les troquets,

il est toujours pas là!)

(*) il est ab-so-lu-ment obli-ga-toi-re de lire le billet

précédent pour comprendre. Allez, exécution!

 

21.09.2008

Quand Maurizio Kagel meurt, il nait pour moi.

kagel.jpgLe Monde m'apprend ce soir que Maurizio Kagel vient de

mourir.

J'avais déjà entendu son nom, mais je n'ai jamais  entendu

aucune oeuvre de lui, et avant cet article

j'aurais été bien incapable d'en citer une.

Alors je me demande ça: est-ce que j'ai le droit de parler de lui?alors que je ne le

connaissais pas - à part son nom vaguement associé à l'idée de musique contemporaine.

C'est bizarre quand même non? ça me fait quoi qu'il soit mort?

Ben ça me fait rien.Je ne suis pas triste, faut pas exagérer.

Mais par contre (je le redis, j'ai juré que je ne dirai jamais "en revanche" ! moi vivante,

jamais "en revanche". C'est prétentieux, c'est plein de revanche, c'est insupportable!),

oui par contre je suis contente. Voilà c'est ce que je veux dire ce soir.

Il meurt, je ne le connaissais pas, et il devient vivant pour moi.

Il nait sous la plume de l'auteur de l'article, qui lui rend un bel hommage.

C'est un peu comme un coup de foudre.

 

Tout me plait: ce metallophone en feuilles de cuivre construit pour une de ses

créations (Anagrama en 1957), ses titres: "Dix marches pour manquer la victoire"!

(en 1979), son ambition: "Saboter massivement les règles de la musique de

chambre au moyen de l'exagération", sa solidarité avec les tchéques au

moment du printemps de Prague, ou cette réflexion qui m'enchante: "Peut-être

se rendra-t-on compte que pré et post- modernité sont totalement interchangeables"!

 

Donc Maurizio Kagel est né pour moi aujourd'hui -comme aussi aujourd'hui Léon Bloy

pour ma petite personne grâce à Solko.

Oui je sais c'est pas pareil,eh ben si justement.

Ok, ok, Léon Bloy est pas mort, enfin si, enfin pas aujourd'hui, mais c'est la même chose: des

gens qui apparaissent comme ça, qui étaient dans l'ombre et soudain c'est leur mort ou le hasard

ou je ne sais pas quoi  qui fait qu'ils rentrent  en majesté dans mon extensible de  coeur .

 

 

16.09.2008

Black floyd

Ah le piano, l'orgue electronique, le synthetiseur de Pink Floyd vient de mourir.

Richard Wright est mort hier, rejoignant Syd Barret. Je suis triste.

imagepink floyd.jpg

13.09.2008

Fénelon rencontre Françoise Hardy

f hardy.jpgMais oui heureusement, dans la vie des papes se glissent aussi

ces petits moments volés au protocole, ces surprises divines - c'est le cas

de le dire- ces échappées inattendues, qui permettent aux existences

les plus verrouillées de basculer  l'espace d'un instant et de devenir

ainsi respirables.

Vous voyez? cherchez bien un exemple, un exemple qui vous concerne...

Hum, c'est peut-être secret, top défense!

Quoiqu'il en soit, ce genre de bonheur éphémère est aussi donné aux papes.

Même aux papes contemporains.

Hier dans Paris les hélicoptères virevoltaient dans le ciel. Les drapeaux étaient hissés. Les rues quadrillées.

Et le président trop fier, collait aux basques du Vatican's Man.

Or pendant ce temps, une mince silhouette se dépêchait dans la capitale. Elle traverse n'importe comment les rues,

ne s'arrête pas aux feux verts, presse le pas, se met à courir.

Tous les garçons et les filles de son âge vont dans la ville deux par deux mais elle, elle est seule.

Elle se dépêche.

Ah, les Invalides, elle est arrivée, elle bouscule la foule, ah ça y est, enfin!

et là devant celui qu'elle est venue voir et qui,bouche bée devant sa beauté,transi,  la regarde, elle commence à chanter:

"Etonnez-moi Benoît,marchez sur les mains, avalez des pommes de pin..."

Elle n'a pas le temps de finir. Grâce au fichier Edvige, elle a tout de suite été repérée.

Hop, zou, le panier à salade!

Benoit 16 sanglote, mais imperturbable Carla tricote et Nicolas gigote.

(ce qui est bien, c'est que je ris toute seule!)

Françoise est en garde à vue.Qui va la délivrer?

Eh bien, seul un archevêque pouvait plaider sa cause.

En effet outrage à Pape, ça va chercher loin. Chantage à pape encore plus, or ..elle a chanté!

D'ailleurs d'ores et déjà le préfet de paris a été jeté au cachot.

Mais Fénelon arrive. Classe, archevêque jusqu'au bout des doigts.

Il régle la rançon en american express, et les voilà partis dans paris.

Le ciel est magnifique, un ciel mauve et violet, à la Frasby.

C'est un moment magique.

Ils avancent en scooter dans paris. Ils ne sont pas pressés de se quitter.

Ils ont les mêmes initiales.

Ils gravent leurs prénoms sur un platane émerveillés.

Cohn Bendit qui passait par là les photographie pour "Voici".

Mais ils l'ignorent encore.

Pendant ce temps, Benoit 16 pleure silencieusement.

Tout en se demandant, si jamais l'occasion se représente, comment il pourra

marcher sur les mains ou avaler des pommes de pin.

"Seul un miracle..."se dit-il. Et c'est pour cette raison qu'il file à Lourdes.

 

Et moi, vu que je ne sais pas ce que fabrouille Fénelon, une fois de plus, je me ronge les sangs.

(prochain épisode: entre Fénelon et Françoise, est-ce du sérieux?)

08.09.2008

Chercher un autre travail, postuler, attendre...

imagebach.jpg C'est l'été 1722. Bach apprend qu'un poste intéressant est disponible à Leipzig.

Un poste de cantor, c'est à dire de directeur de la musique.

Problème: il faut parler latin, et Bach ne sait pas.

Autre problème: la ville de Leipzig voudrait que ça soit Télémann.

Téléman pour l'instant bosse depuis un an à Hambourg mais il a fait

ses études à la fac de Leizig, c'est le candidat chouchou.

Ouf, en novembre il se désiste.

Mais rien n'est simple, tout se complique comme dit Sempé, voilà que 3 nouveaux candidats

montrent leur museau: Kauffmann,Rolle, Schott.

Enfin, en avril, Rolle se désiste.

Ils sont trois donc, dont Bach.

Et comme dans ces histoires, il y a toujours des employeurs qui se distinguent par leur intelligence,

l'un d'eux, car finalement aucun ne peut enseigner le latin, soupire à leur propos, dont Bach

toujours:"Lorsqu'on ne peut pas

avoir les meilleurs, on se contente des médiocres"....

Ce n'est que début mai que Bach signe son contrat, après avoir dû se soumettre à quelques entretiens

supplémentaires.

Il reçoit son premier salaire pour ce poste le 15 mai.

Et le lendemain, donne à la Paulinerkirche, l'église de l'université de Leipzig, une

cantate. La BWV 59.

Une semaine après, il déménage avec sa famille et s'installe dans la ville.

07.09.2008

Un mail de la Malibran

250px-La_Malibran_(Maria)_par_F._Bouchot.jpgReçu ce soir un mail de Maria Malibran; elle me demande

si je sais où on signe la pétition contre "Edvige" le nouveau fichier

du ministère de l'intérieur.

Elle veut joindre son nom aux 110 mille signatures.

Elle me demande aussi si des fois on pense à elle.

J'ai répondu que oui, justement, c'est incroyable, je pensais aujourd'hui

à Pauline Viardot, sa soeur.

Que quelqu'un a dit sur ce blog  "honni soit qui Malibran". Elle a renvoyé un autre mail. Elle disait,

amusée: "Mais c'est qui?"

J'ai répondu "mystère". Elle a insisté: "mais l'adresse IP?" J'ai dit :"je ne la connais pas".

Finalement elle vient déjeuner demain, je vous quitte: je vais faire une charlotte à l'ananas pour le

dessert. Dehors le vent souffle très fort.