07.02.2009

Evidence

Photo 669.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-  Au premier plan: le sureau, encore vert ici mais noir quand il est mûr. Il envahit tout. Chaque année je dis: bon cet été je fais de la gelée de  sureau. Et je n'en fais jamais. Le sureau revient tout le temps.

- A droite: les pots de géraniums roses. Ils survivent à l'hiver si on les rentre à la toussaint à l'abri.

- Au fond: le volet vert. C'est dans cette chambre-là que le père de mon père est mort.

Ainsi le sureau revient, les géraniums survivent, l'homme crève.

Tonnelle parmi plein d'autres tonnelles au monde

Photo 574.jpgLa tonnelle quand en dessous on lève la tête pour la regarder;

et ça fait deux minutes que je regarde les photos de  ces deux billets qui se suivent, j'essaie

de comprendre le lien entre les deux, et je ne vois pas, je ne vois rien que de l'absurdité. Mais pas

dans chacune des images ou chacun des endroits. Mais dans ce que j'ai fait. Cette histoire de lien.

06.02.2009

Dénuement

Peut-on dire à quelqu'un: "vous êtes déshabillé de tout et moi aussi.

Aucune arme, aucun costume, aucun apparat, aucun simulacre." ?

Est-ce que cela a à voir avec n'avoir plus rien?

Avec avoir tout perdu?

Peut-on dire cela, sans afféterie?

Sans charabia?

Enfin, moi, est-ce que je peux arriver à le dire? sans afféterie, sans charabia?

A dire que je suis dans ce dénuement-là, qui est ce qui peut arriver de mieux.

 

 

 

 

 

 

01.02.2009

Les déménageurs ont dansé toute la nuit mais pas moi j'ai dormi

8h42: je descends ce matin du 9eme au 2eme. Le 2eme est quasi vide maintenant,

avec juste l'ordinateur car il y a encore de l'électricité ici, pour la journée je crois,

et en haut pas jusqu'à demain midi, et quelques bricoles aussi, et surtout tout le ménage

à faire, ouh la! "Etat des lieux" demain avec l'agence. J'aime cette expression.

 

8h45: j'ouvre l'ordinateur et m'aperçois que malgré qu'hier j'aie fait gaffe, et changé la

date de plein de billets ou brouillons, il y en a qui ont échappé à ma vigilance, et qui par

dessus le marché ont été commentés! Bon, je re-explique. Repoussés à une publication

le 31 janvier à un moment où le 31 janvier me semblait super loin, et où je pensais

que j'aurais largement  le temps d'y jeter un oeil avant qu'ils apparaissent sur l'écran

ou de les supprimer, eh bien quoique j'aie modifié la date d'une tonne -de billets- hier, pour

le 28 février,  ou 29 je ne sais plus, certains sont apparus cette nuit, et auxquels

en effet il manque parfois des morceaux, enfin bon je préfère pas en parler!

Moralité: toutes les nuits de fin de mois vous pouvez voir des billets... intéressants!!!

Et les devoirs de vacances pour Noël par exemple , c'était écrit vers le 20 décembre j'imagine.

Quant à la corde, ah qu'elle est venue là drôlement!!!! Bon. C'est pas le tout. Assez ri.

8h 49: pendant ce temps les déménageurs dorment je crois. ils reviennent cet

aprème car là-haut ils ont jeté tout comme ça n'importe comment, la cuisinière dans le salon,

le frigo dans ma chambre etc! Je vous jure.

Car "mes" déménageurs  ne sont pas du tout des forts des halles, ni rien, ce sont de délicieux

amateurs, ils ont entre 18 et 20 ans, ce sont les amis de mon fils. Ils ont la force et l'intrépidité

de leurs 20 balais, ils ont fait ça à toute vitesse ( certifié sans  phrases à double-sens),et en

riant, pas en soupirant (j'adore!), mais là-haut...euh! Donc ils reviennent. Ah oui, c'est comme ça!

Et hier soir pas fatigués pour un sou ils sont partis danser.

Ah je les aime, eux à la peau fraîche qui auront un jour 90 ans et Coppée qui a eu et c'était hier

la même ardeur dans ses bras, et la garde dans son coeur (c'est beau ça, non, pour 8h49? Non,

c'est sot?)

 

 

 

 

 

 

 

31.01.2009

Au hasard, mais vraiment complétement au hasard

Corde (toujours dans mon antique vieux dictionnaire ancien)

30.01.2009

J moins 1 mais c'est quasiment J

mimosa.pudica.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(c'est un mimosa qui s'appelle "mimosa pudica"; photo "empruntée" au site Jardins d'intérieur. Le mimosa j'adore ça -même les oeufs, les oeufs-mimosa, c'est vous dire- mais en images je ne sais pas ça va pas trop,; j'avais pensé à l'"Atelier au mimosa" de Bonnard, mais franchement c'est moche en reproduction comme ça. Donc j'aime bien celui-là et puis ma parole on dirait que je me justifie, c'est fou ça! Ceci dit, j'aurais préféré un fond blanc, j'aime pas trop ce noir, ceci dit j'ai pas autre chose à faire que d'être ici moi? bon j'y retourne, au bruit squiiiiiiiiiiiiitch du gros scotch marron qui ferme les cartons -toujours peur d'avoir enfermé Absinthe dans l'un d'eux!)

 

12h30: depuis vingt minutes, j'ai les clefs, oui,  j'ai les clefs, si si  j'ai les clefs, c'est bien

ça, j'ai les clefs.

Du 9eme; et donc pendant trois jours  j'ai deux appart', un au 2eme, apocalyptique, mais

avec encore du gaz dedans , je viens de me faire réchauffer une soupe de poisson Liebig

qu'Absinthe a regardée avec des yeux si énamourés que je la lui ai donnée, avec encore

- jusqu'à quand, je ne me souviens pas, on verra bien hein, si je puis dire,-de l'électricité,

et internet, avec le téléphone fixe qui sonne, etc.Et quand il sonnera plus, ben c'est qu'il

sera coupé, c'est pas plus compliqué. C'est simple, en fait tout ça, c'est simple, c'est simple.

Plus j'avance dans la vie, plus je me dis que rien n'est compliqué en fait. Rien du tout.

Par exemple moi je suis prise d'amour violent depuis quelques jours pour un homme qui

ne le sait pas. Eh bien c'est pas compliqué.C'est bien. Je trouve. Et c'est comme le téléphone

coupé, on verra, hein on verra. On verra peut-être rien. Mais c'est pas compliqué. Et c'est pas

niais. Donc c'est bien.

Et l'autre -appartement-  au 9eme, très dépouillé! et pour cause il n'y a rien dedans.

Il est tout blanc (ici c'était un peu écru très pâle les murs, un peu écru sale aussi!),

il y a plein de soleil, on voit la forêt merveilleusement bien et très bien aussi dans les jardins

des voisins. C'est vraiment haut.

Tout à l'heure dedans il y avait avec moi la fille de l'agence, Agnés, très jeune, petit nez retroussé,

joli chignon blond tenu par une sorte de grosse barrette noire, vraiment un visage à s'appeler

Agnés et dire "le petit chat est mort", et il y avait aussi un huissier, grand, baraqué, l'air beaucoup

plus agréable qu'un huissier, et quand on est sortis de l'appartement le voisn de la porte d'à côté

est sorti aussi. Je me suis présentée.Un monsieur très très âgé, charmant aussi, mince, assez

grand, cheveux blancs, mains qui tremblent un tout petit peu.

Bon. Il y en a encore qui vont me demander si j'invente mais pas du tout! Vous savez ce qu'il m'a

dit? "Madame, je suis ravie, Madame connaissez-vous ce poème, j'aime la poésie, connaissez-vous

François Coppée?" L'huissier et Agnés étaient interloqués. Bêtement de ma part j'ai cru qu'ils allaient

dire"on est pressés". Mais pas du tout. Vous voyez comme j'ai des préjugés bêtes. Ils écoutaient.

J'ai dit pour rire: "Oui, oui, j'aime mieux François que Jean-François"  (Copé). Ils ont ri.

Et là en appuyant une de ses mains sur le bras de la si jeune Agnés et l'autre main sur le mien, de

bras,je sentais la chaleur de son corps et tout son âge, il nous a récité des vers d'une belle voix grave

sur le palier.

Instant de grâce...

Donc c'est mon voisin tout de suite à gauche en sortant du nouvel appartement, c'est bien, non?

Bon. Je remonte là-haut. Je vais y être seule pour la 1ere fois et suis folle de joie.Je monte

un bouquet de mimosa qu'on m'a apporté hier, mes cours à préparer pour lundi, et une chaise.

J'y reste une heure et faudra bien que je redescende continuer les préparatifs pas du tout finis

ici, ici où tout est sens dessus dessous, vraiment, à fond. Or l'appartement ici au 2eme doit être

vide lundi à midi. Autant vous dire que ça parait aussi vraisemblable que... le mariage de

Stalker avec Anna Gavalda, tiens!

Dimanche des rameaux

Photo 670.jpgA Henriette, pour les buis et le reste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Là on est en haut des quelques marches à l'arrière de la maison. En bas des marches, c'est la première terrasse. On voit ici son petit mur avec un pot en terre à l'extrême droite de la photo.

Puis il y a d'autres marches, tout aussi casse-gueules, car rien n'est droit là-bas, et puis c'est cette allée de buis.

Deux grands buis taillés, très hauts, qu'on voit au premier plan, saugrenus, indispensables, cherchant toujours la symétrie et ne la trouvant jamais bien sûr, et ça jusqu'à la fin des temps.Heureusement.

Et puis les petits buis qui bordent la petite allée. Bon.On voit très bien sur cette photo le prunier mort depuis l'été dernier.Les prunes étaient innombrables, elles tombaient noires dans l'allée et éclataient en tombant. Elles sont jaunes dedans.

Et quand elles cuisent dans une tarte elles sont rouge cerise, et très sucrées. Par terre les abeilles s'y précipitent. Au bout de la petite allée à gauche il y a la tonnelle que j'ai déjà montrée en décembre. A droite, un escalier complètement de guingois, très haut, qui descend vertigineux, très bas, jusqu'à l'entrée du coteau. A gauche en bas de ces marches en terre, oui en terre,il y a un énorme seringa. Il fleurit au mois de mai. Mais avant, si c'est le dimanche des rameaux on coupe des petites branches  sur l'un des deux grands buis, on l'emmène à la messe, et à la messe, il est béni.

(PS de 9h30 ce vendredi: je perds la boule- de buis-: grâce aux yeux d'Henriette je m'aperçois que le 5 janvier j'avais mis en ligne la photo du même endroit vu de l'autre côté dos à la charente, là c'est dos à la maison, dans un billet s'appelant à juste titre ma foi,"impudeur".)

 

29.01.2009

Mordicus (2)

Gibier consentant à obsessionnels qui ne me cherchent pas. Voilà, c'est moi: j'erre dans

cette forêt-là. Avec des cors de chasse qui se rapprochent, et des chiens qui aboient.

C'est de mon plein gré que je suis entrée là.

Je m'explique. Je suis en admiration devant ceux qui connaissent très bien quelque chose,

et ont jeté leur dévolu sur cette chose. Et y tiennent. Mordicus.

Aussi j'ai un penchant naturel, ce qui est un pléonasme,  à tomber très mais très amoureuse

de ceux que quelque chose passionne, que ça soit, -disons n'importe quoi, mais à la limite ça

pourrait être le cas-, les escargots dans le monde, les sacristies des cathédrales, ou la culture

de la canne à sucre.

 

Or par définition, face aux escargots, aux sacristies ou à la canne à sucre, je ne fais pas le poids.

 

 

 

28.01.2009

Attachement (1)

Si seulement je pouvais être attachée à quelque chose.

Si seulement je pouvais "tenir"- comme on dit- à mes livres.

Mais je pourrais les donner sur le champ sans le moindre pincement

au coeur. D'ailleurs j'en donne souvent. Ils me pèsent.

Si seulement je pouvais avoir une collection de quelque chose, me

passionner pour ça.

Si seulement je pouvais aimer les vêtements mais ça m'est égal à un point.

Si seulement je pouvais avoir un faible pour la vaisselle, rêver de cristal ou de

diamants. Mais vraiment ce n'est pas le cas.

Voilà. Je me dis que si seulement je tenais un peu plus aux choses, je tiendrais moins

aux êtres vivants. Et ça serait, pour eux, pour moi, plus reposant.

 

27.01.2009

Ceci dit, un tire-bouchon c'est utile.

Mais ça ne vous fait pas ça, vous, des fois?

Dans le chaos général, de trouver qu'il y a soudain quelque chose qui est très bien.

Comment dire autrement?

D'être étonné que ça puisse être comme ça.

Que le plus simple est le plus beau.

Qu'aimer quelqu'un qui a un corps d'humain, ça tombe bien.

Mais oui, j'insiste: ça pourrait être un homme changé en tire-bouchon,

en arbre, en caillou, il pourrait y avoir quelque chose de l'ordre d'une malédiction.

Mais non. De la peau, des yeux, des mains, une respiration, un cerveau, faim, soif,

un âge, il a donc tout ça. C'est beaucoup. Moi ça m'éblouit.

 

 

 

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