04.12.2009
La lorgnette, le vaccin, la grippa, les pâquerettes
(Fuyons!)
Bon, c'est comme ça, l'histoire du vaccin contre la grippa, c'est quand même un des sujets du moment. Avec Chateaubriand et Fénelon. Ne nous voilons pas la face. Appelons un chat un chat. On en parle. On demande: "Tu fais quoi toi?", et sa variante qui met les choses un cran au-dessus: "Tu fais quoi toi pour tes enfants?" (Moi je suis tranquille, avec des ados c'est beaucoup plus simple, c'est eux qui décident, comme dab quoi', et allez, va essayer au cas où tu voudrais, de faire vacciner 1m86 qui veut encore moins que Solko (lire son billet d'avant-hier) y aller!
Donc je parle pas des autres, je parle de moua. Moua et le vaccin contre la grippa, par le petit bout de la lorgnette. Je dis juste quatre cinq trucs, là comme ça, après avoir reçu le papier de la Sécu il y a deux jours:
- "mon" centre de vaccination c'est au Vésinet, oui, c'est marqué sur la feuille. Trajet (je n'ai pas de voiture et mon spoutnik est en panne): 15 minutes à pied + 15 minutes de bus + 20 à 25 minutes d'un autre bus + 15 minutes de RER pour Le Vésinet, et ensuite je ne sais pas où c'est, allez admettons que ça soit en face de la gare donc du RER, rien n'est moins sûr, temps de trajet- aller= au minimum 1h 10.
Bref, en imaginant qu'on n'attende que moi dans cet endroit, je fais pas la queue ni rien, cette petite affaire me prend 2h30 mini.( c'est à dire une demi-journée en réalité)
(Pour info mon médecin généraliste est en bas de ma tour, temps de trajet: l'ascenseur sur 9 étages. Mais les généralistes n'ont pas le droit de vacciner)
- et puis c'est pas le tout, le vaccin c'est en deux doses espacées de trois semaines, hop rebelote, re 2h30 dans trois semaines, soit 1 journée de travail (au bas-mot hein) (je te dis pas pour les gens plus âgés, ou un peu malades, ou les mères de famille avec enfants en bas âge chez elle!) ou 1 jour de glande lessives, lecture, cuisine,courses, traînage, - j'ai toujours pas fait la couronne de l'Avent moi- celle qu'on met sur la porte, mais bon.
- horaires d'ouverture de ce centre: non indiqués sur la feuille (entre midi et deux par exemple, c'est ouvert?); ça serait ballot de se pointer à midi 10 et que ça vienne de fermer, non? surtout que c'est pas au Vésinet que je pourrai faire du shopping!
- bon, toujours au ras des pâquerettes:on avait pas dit que les lieux de rassemblement c'était vachement dangereux car idéal pour attraper le virus? et un centre de vaccination c'est pas un lieu de rassemblement?( ça me fait bien rire aussi, j'y pense quand je vais bosser, presque quatre heures de transport train et métro, ah ah!!! bonjour le lieu de rassemblement quand on est serrés comme des harengs dans le métro!!!)
- on avait pas parlé aussi d'un truc super méga important: le médecin "référent", non? celui qui sait prendre les décisions etc; ce truc de personnel médical réquisitionné qui pique à la chaîne ça fout les jetons, ça donne l'impression que les médecins sont tous partis à honolulu, en tout cas pas le mien, je le croise dans le hall tous les jours.
Bon. Voilà donc.
Et en plus de tout ouais j'ai pas envie de l'attraper, je suis sûre que c'est chiant comme truc.
Sans compter le reste. Mais j'ai dit: petit bout de la lorgnette.
Petit bout de la lorgnette un jour, petit bout de la lorgnette toujours!
Excellente devise!
05:38 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
03.12.2009
La République ce matin
Dés que j'aurai retrouvé le fil idoine, sa photo, prise ce matin, sera ici.
A qui? La photo de qui?
De la République.
Elle avait ce matin un grand ruban rouge autour du cou .
J'imagine que c'est celui du sida. Mais dans le gris du ciel d'aujourd'hui -vous avez vu ce gris?- on n'était pas forcé de le savoir.
Ce ruban rouge flottait, comme une beauté inattendue, comme un avertissement, comme une futilité, comme une coquetterie, comme une révolte aussi. Oui, je sais pas.
Je cherchais la rue Meslay. Une jeune femme brune, jolie, fine, qui tenait un des kiosques à journaux, me l'a indiquée et sans ronchonner.
En sortant de mon RV, je suis retournée la remercier. Elle m'a souri. J'ai acheté le journal. Je suis entrée dans un café. Dans une brasserie. J'avais besoin de faire pipi.
Des faux lustres en cristal pendaient du plafond. Il restait un croissant dans une corbeille sur la table à côté que j'ai mangé.Le croissant. Pas la table. Quand même. Les toilettes étaient très propres. Les gens passaient.
Je voyais donc le gris du ciel en pensant au printemps . Je pensais à un homme. Que faisait-il en cette seconde-ci?
Comment étaient ses mains? Comment était la position de ses mains?
Mon RV avait été pénible.
Quand je suis sortie, la République était toujours là, immense, son grand ruban rouge autour du cou, ce pan dans le ciel gris.
J'ai pensé à tout ce gâchis, à tous les gâchis.
17:49 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
" Son inexplicable coeur"
Ce n'est pas un secret: j'aime Chateaubriand.
Il me plait, il m'enchante, il me fait rêver, il m'instruit, il me
fait rire.
Trois lignes de lui prises au hasard les soirs de fatigue ne
m'ont jamais, quelqu'elles soient, déçue.
Alors qui m'aime me suive!
Je promets qu'il n'est pas du tout casse-pieds.
Quelques mots donc sur les Mémoires d'Outre-Tombe.(Quel
titre!) même si j'ai un faible pour "La vie de Rancé" dont toutefois
comme on dit" c'est spécial faut aimer"!
Ce qui est merveilleux dans les Mémoires? c'est qu'il y a TOUT.
Vous voyez ce que je veux dire? A boire et à manger.
Des choses drôles, d'autres lugubres, des descriptions extraordinaires,
avec des raccourcis fulgurants, du lyrisme, de l'histoire, des souvenirs,
des portraits, des digressions en veux-tu en voilà, et puis toutes
sortes de mots, si vous aimez les mots: des mots anciens, de l'anglais,
des tournures incroyables, un mélange inoui de tout, quelque chose
de pas du tout économe, quelque chose que j'adore. Et puis un coeur,
et puis une âme, et puis de la mauvaise foi (sic!) et puis son enfance,
sa jeunesse, sa vieillesse, amours, politique, Vierge, blessures, Amérique,
orages, soucis d'argent -ô combien!- Londres, chapelle Sixtine...
Ce n'est jamais ampoulé, c'est nerveux, c'est ...oui c'est si souvent drôle.
Allez, un exemple. Parlant du très particulier château de Combourg (entre
Rennes et Saint-Malo) où il vivait petit avec ses parents, il écrit ceci:
"...A mon retour de Brest, quatre maîtres (mon père, ma mère, ma soeur et moi)
habitaient le château de Combourg. Une cuisinière, une femme de chambre,
deux laquais et un cocher composaient tout le domestique: un chien de
chasse et deux vieilles juments étaient retranchés dans un coin de l'écurie.
Ces douze êtres vivants disparaissaient dans un manoir où l'on aurait à
peine aperçu cent chevaliers, leurs dames, leurs écuyers, leurs valets, les
destriers et la meute du roi Dagobert..."
( c'est moi qui ai mis les italiques bien sûr)
Bon, voilà, c'est tout!
Ah si, dans ses mémoires il voulait dit-il "expliquer son inexplicable coeur".
Irrésistible.
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02.12.2009
Brevet blanc
Aujourd'hui c'était le brevet blanc de Louise.
Brevet blanc = on fait semblant.
On fait semblant comment?
Ben les profs demandent aux élèves qu'ils connaissent pourtant par coeur, leur pièce d'identité.
Histoire de les "habituer".
Je suis peut-être puérile mais je trouve ça ridicule.
Et puis voilà que maintenant le brevet blanc "compte dans la moyenne qui compte dans le brevet".
Il est donc pas très blanc ce brevet blanc.
Et puis de toute façon on fait quoi avec le brevet de quelque couleur qu'il soit?.
Bon ben c'est pour les "habituer". Aux examens, tout ça.
C'est peu de dire que je trouve ça ridicule.
Le brevet blanc, le stage obligatoire en entreprise la semaine prochaine, la comédie des délégués
d'élèves qui "servent qu'à apporter aux profs la craie" dixit les enfants, et encore mieux la comédie
des parents délégués -car seigneur je l'ai fait- tout ça est ridicule et donne envie de crier.
22:46 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



