14.12.2009
C'est la lumière dans l'obscurité
22:44 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Freud se présente et "dose"
En août et en septembre 1924, Freud écrit un livre de commande (une commande d'un
éditeur de médecine de Leipzig): une présentation de lui-même, de ses travaux. J'ai lu
(grosso modo, sauté des pages, je vais reprendre sérieusement, si si, je peux!)
ça hier soir, enfin je veux dire ce texte, que j'avais sur mes étagères et jamais ouvert.
Je cherchais autre chose, je suis tombée sur ce folio n° 112.
Ce n'est pas une autobiographie, c'est une présentation, très simple, chronologique,
"soufflante" je trouve.
"Je dois essayer dit Freud, de trouver à présent un dosage entre présentation
objective et subjective, entre intérêt biographique et historique"
Il a 68 ans, il meurt 8 ans plus tard. Il présente donc ce qu'il a fait. C'est immense - ce qu'il
a fait- et là cette présentation ce n'est pas très long. Tout y est dit. Ce poche est bilingue.
C'est la moitié d'un folio quoi. (Oui, en me relisant cette phrase est un peu bizarre, voire
assez con; elle montre en tout cas que je ne connais pas l'allemand).
Cette présentation est un splendide exemple de concision, de simplicité, d'intelligence.
Bon, page 161 par exemple: " Pendant plus d'une décennie après ma séparation d'avec Breuer,
je n'ai pas eu de partisans, j'étais totalement isolé. A Vienne on m'évitait, à l'étranger on ne
s'intéressait pas à moi. L'interprétation du rêve paru en 1900 fut à peine mentionné dans les revues
spécialisées. Dans l'essai Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique, j'ai donné
comme exemple de la position des milieux psychiatriques à Vienne une conversation avec un
assistant qui avait écrit un livre contre mes doctrines, mais n' avait pas lu L'interprétation
du rêve. On lui avait dit à la clinique que ça ne valait pas la peine.(...) Lorsque j'eus compris
le caractère inévitable des obstacles auxquels je me heurtais, ma susceptibilité diminua
notablement..."
Selbstdarstellung. Sigmund Freud présenté par lui-même
(en folio donc, avec une préface de Pontalis, 9€50)
17:19 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13.12.2009
Fénelon écrit au Père Noël

Complété au fur et à mesure (voir billet
"Des choses très simples". Fanfan? Fred?
Manu? Christian? Pascal? Michèle? Marie-Hélène?
Liam? Thomas? PP? ....et qui veut)
Cher Père Noël,
...Oserais-je hasarder ici, par un excès de zèle, une
proposition que je soumets à votre personne et à
votre compagnie de lutins? Notre langue manque
d'un grand nombre de mots et de phrases:
il me semble même qu'on l'a gênée et appauvrie,
depuis environ cent ans, en voulant la purifier.Il est
vrai qu'elle était encore un peu informe et trop verbeuse.
Mais le vieux langage se fait regretter, quand nous le retrouvons dans Marot, dans Amyot,
dans le cardinal d'Ossat, dans les ouvrages les plus enjoués, et dans les plus sérieux:
il avait je ne sais quoi de court, de naïf, de hardi, de vif, et de passionné. On a retranché
si je ne me trompe, plus de mots qu'on en a introduit. D'ailleurs je voudrais n'en perdre
aucun, et en acquérir de nouveaux. Je voudrais autoriser tout terme qui nous manque,
et qui a un son doux sans danger d'équivoque.
Et donc sans équivoque voici ce qu'il serait bon que tu (bah je te tutoisse) te procurasses
pour les sublimes et fleuries personnes ci-dessous, et que tu leur fournissasses pour le
vingt cinq de ce mois, selon LEURS souhaits tombés de l'éventail archi-simples et trouvables.
Sinon j'en serais réduit aux larmes. Donc pour l'instant; je récapitule:
- kleenex: Esther, Tanguy
- pommade rosat: Esther
- bouteilles d'eau (liquide SVP) minérale: Solko
- stylos: Mère Castor (qui marchent hein, pas d'embrouille pour la Mère Castor!),
le Photon (encre verte, je répète encre verte pour le Photon), Zabou (noirs, noirs les stylos)
- café: Zabou (du vrai bon), Solko (du comment?allez sois pas chien du vrai bon aussi!)
- tisane: Zabou (éventuellement ni vraie ni bonne, elle n'a pas précisé)
- pièces de 50 centimes: Tanguy
- crayons de papier: Esther, et mines de critérium (noires, malheureux!) pour Zabou
- PQ: Tanguy
- poudre à chasser les cauchemars entre 4 et 7h du mat': Mère Grand, Sophie
- tickets de métro, ampoules, sucre: Sophie (elle a vu La route ou quoi?)
- pinces: Mère Castor (on se demande bien pourquoi mais passons ce n'est pas notre
genre de demander)
- parmesan et jambon: Esther (voir avec Tanguy pour l'omelette)
- petits carnets (pas "de correspondance"): Tanguy
- oeufs: Tanguy (hé c'est noël c'est pas pâques; m'enfin avec capuchons pour ses poches)
- chocolat: Esther, Sophie (finalement elle ne veut plus de collants elle veut du chocolat
pour ses jambes; une chieuse entre nous)
- pain pour petit déj': Sabine (et visiblement pour TOUS les matins. Encore une chieuse?)
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Toi Père Noël qui faisait dire à Virgile:
Excudent alii spirantia mollius aera
tu regere imperio
toi dont Rome a fait le beau portrait, toi à la bienséance des paroles comme à celle des
habits (euh..quoique!), toi attends toi peut-être à ce que je complète cette liste, d'autres
commentateurs à l'horizon poudroient....qui peut-être ajouteront leurs souhaits (non archi-
simples et trouvables s'abstenir! hein le "temps trouvable pour l'amour", Monsieur Tanguy,
portim naouak!)
Bref, Père Noël, vit-on jamais lettre mieux amenée, que prépara un vieux songe d' Enée?
Bonne soirée à toi! Fais bien bien attention pour la couleur des stylos!
François de Salignac de La Mothe Fénelon
( lettre certifiée avec des vrais morceaux de La lettre à l'Académie dedans)
21:35 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
L'amaryllis se triste c'est fane
Après avoir penché à gauche, l'amaryllis est tombé (à gauche). Il a fallu le redresser et l'appuyer contre le sous-verre. Il semble tenir droit mais il ne tient pas droit. (un peu comme moi; un peu comme vous? un peu comme nous).
Là, il fane (ou: il se fane?)
C'est triste.
(Voilà qui fait merveilleusement pendant à ce que disait Lacan: " ...Posons cet axiome, non pas que l'Homme n'ex-siste pas,cas de La femme, mais qu'une femme se l'interdit, pas de ce que ce soit l'Autre, mais de ce qu"'il n'y a pas d'Autre de l'Autre" comme je le dis.
Ainsi l'universel de ce qu'elles désirent est de la folie: toutes les femmes sont folles, qu'on dit. C'est même pourquoi elles ne sont pas toutes, c'est à dire pas-folles-du-tout, arrangeantes plutôt: au point qu'il n'y a pas de limites aux concessions que chacune fait pour un homme : de son corps, de son âme, de ses biens. N'en pouvant mais pour ses fantasmes dont il lui est moins facile de répondre.Elle se tient plutôt à la perversion que je tiens pour celle de l'Homme. Ce qui la conduit à la mascarade qu'on sait..."
Bon, c'est moi qui ai mis les deux mots en gras et je sais ça ne se fait pas. Bon, la suite est très bien aussi, mais comme il (Lacan) dit quelques lignes en-dessous:" Laissons ça de traviole". (Comme l'amaryllis quoi). Oui laissons tout ça de traviole.
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