10.02.2012
Le feu aux poudres (de cacao?)

Matisse - Odalisque - 1923
Pour deux euros cinquante. Pour deux euros cinquante le feu fut mis aux poudres. Et on
peut imaginer que partout aujourd'hui, ici, là, plus loin, là-bas, tout près, la même
histoire se répéte. Il manquait deux euros cinquante. Deux euros cinquante! Je les ai
payés. Deux euros cinquante pour un petit déjeuner. Facturé 8 euros cinquante mais
payé avec la nuit d'hôtel dans un chèque que j'avais apporté et venant du travail: 6 euros.
Vous suivez? Je reprends. Je pars à Lyon pour le travail avec ce chèque rempli, signé,
par la comptabilité pour régler la nuit et le petit déjeuner qui ont été "réservés". J'arrive à l'hôtel.
Je paie tout de suite avant de monter. Je sors le chèque. (J'explique bien, en fait) Il manque deux
euros cinquante. Je paie ces deux euros cinquante. Quand je rentre au boulot je ramène la
facture acquittée comme on me l'avait demandé. Je signale: "Il y a une différence de deux
euros cinquante", pour que la comptabilité ne se pose pas des problèmes d'écriture. Pas
pour me faire rembourser. Et puis ça part à toute vitesse. Comme si j'avais fait un reproche.
Suspicion immédiate que je veuille me faire rembourser deux euros cinquante qui seraient indus.
"On ne rembourse pas les suppléments. Tu as pris quelque chose en plus... Tu as pris un petit
déjeuner avec une autre formule...Tu l'as pris où? Il est hors de question qu'on te rembourse".
Je l'ai pris "en salle" comme il disent. (Ma chambre était tellement petite, je ne suis pas sûre que le
plateau y serait rentré )Devant BHM TV à 6h45. 8 euros cinquante. Un chocolat, un petit pain, un
croissant, des mini pots de confiture, un mini- babybel, un yaourt. C'était un prix unique.
Un "buffet" vous voyez? 8 euros cinquante.
L'affaire prend alors des proportions qui stupéfient. Je ne lâche pas le morceau. Pour une fois je ne
lâche pas le morceau.
Je dis pour finir que bien évidemment je ferai une note de frais.
Voilà comment ça se passe. Comme ça. Des milliers partout de petites histoires comme ça.
L'horreur entre les gens.

16:55 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


Commentaires
Connaissiez-vous, Sophie, ce poème de Christine de Pisan :
Je ne sçay comment je dure,
Car mon dolent cuer font d’yre
Et plaindre n’oze, ne dire
Ma douloureuse aventure.
Ma dolente vie obscure,
Rien, fors la mort ne désire;
Je ne sais comment je dure.
Et me faut, par couverture,
Chanter que mon cœur soupire
Et faire semblant de rire;
Mais Dieu sait ce que j’endure.
Je ne sais comment je dure.
(je le connaissais pas, c'est joli je trouve)
Écrit par : Fred | 10.02.2012
Sophie....c'est un truc pour Muriel Robin? Il y a vraiment de quoi rire si seulement ce n'était pas si bête ! les tracasseries idiotes ne mourront jamais...comme la bêtise humaine.
Bravo à Fred pour nous avoir donné cette complainte de Christine de Pisan qui en a vu de dures à la Cour des Valois sous la férule d'Isabeau de Bavière !
Écrit par : mèregrand | 10.02.2012
Le Monsieur fait la facture, il écrit : 2, 50 € de supplément pour petit déjeuner pris au lit.
Elle, encore alanguie, le regarde faire.On voit dans ses yeux qu'elle regrette, pour le supplément. Maintenant il y a des miettes dans le lit, elle ne pourra pas se rendormir, elle est trop sensible, c'est la princesse au petit pois et aux miettes aussi. D'ailleurs elle ne paiera pas le supplément, tu as vu cette installation électrique ? Si ça se trouve il n'y a même pas de salle de bain.
Mère Grand a raison, on dirait un (mauvais) sketch.
Écrit par : la Mère Castor | 11.02.2012
- Fred: merci Fred (et pour votre envoi), oui c'est joli! et vous faites plaisir aussi à Mèregrand, merci!
- mèregrand: oh pire que la bêtise, c'est épouvantable, ça me fait froid dans le dos. Mon père disait: "c'est à se foutre dans la douane", car pour les marins, la douane est le lieu des idiots décourageants! (pardon, les douaniers!)
- la Mère Castor:j'aime beaucoup ton commentaire avec cette alanguie et ce Monsieur!
Écrit par : Sophie | 11.02.2012
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