27.11.2009

Maulévrier (2)

003.jpgBon c'est la suite du billet du 18 novembre. C'est ce parc dit "parc oriental".

Il n'y a pas grand monde.

Mais quand même un peu. Quelques jeunes parents. Quelques amoureux. Un ou deux groupes

de retraités.

C'est un endroit délicieux pour les jeunes parents avec poussettes, pour les amoureux qui se

regardent très fort dans les mirettes, pour les retraités en groupe qui sont souvent doux, gais,

patients, heureux de voir toute cette beauté.

Au fur et à mesure de cette promenade, l'humidité grandit.

Le soleil a disparu.

Quelque chose de triste et finissant est survenu.

Il ne faut pas se laisser submerger.

On va aller boire un café.

 

( à suivre)

26.11.2009

Consigne

Sur le modèle de cette affirmation vous en construirez une autre:

J'aime terriblement faire couler l'eau dans l'évier quand je viens de le
déboucher.
Je ferais ça toute la soirée.

.....................................................................................................

.....................................................................................................

 

"Le marchand de violettes"

pelez.jpg

 

En ce moment au Petit Palais, exposition Fernand Pelez (1848-1913), jusqu'au 17 janvier.


25.11.2009

Coup de tonnerre au colloque Soulages: c'est Soulages qui a peint Absinthe

002.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jour où Soulages a peint ce chat il s'est dit: "ben merde alors,j'en suis qu'à la moitié, à force de faire le con, j'ai plus de peinture noire dis donc".

Comme il était trop tard pour en racheter Soulages a dit: "on verra ça demain".

Mais dans la nuit Absinthe s'était tirée.

Un souvenir, anodin et précieux.

A B.I, et sa visite surprise aujourd'hui.


Dans l'île -d'Yeu-  où j'ai habité quand j'étais petite, deux ou

trois ans, deux ans et demi je crois, il y avait l'hiver et il y avait l'été.

L'hiver il faisait froid, le vent soufflait, il y avait souvent des tempêtes.

A l'école les religieuses  -il n'y avait pas d'école publique- portaient sur

la poitrine en pendentif un gros coeur en argent, le coeur de Jésus Christ.

On ne rigolait pas tous les jours.

Et puis il y avait l'été et l'été c'était beaucoup mieux: la plage, la maison

couverte de coquillages sur le chemin de la plage, le sable, la mer, le soleil,

les shorts, les épuisettes, le  thon frais cuit aux poivrons dans la cuisine dans

des grands faitouts - à cette époque il y avait 90 thoniers à l'île d'Yeu- car tout

d'un coup on se retrouvait nombreux.

Toute la famille venait là pour les vacances. Comme c'était bien!

Un été,  mon grand cousin est venu tout seul, comme un grand. Il avait quinze

ans je crois.

Je vois très bien ses gambettes et son pull léger, marin, à rayures.

Pensant qu'il savait tout, un beau matin je lui ai demandé, lui qui avait l'air si malin

pourquoi un livre dans la bibliothèque de mes parents s'appelait "Mémoires d'une

jeune fille rangée".

Il a rigolé. Et il m'a répondu: "Je te le dirai quand tu arriveras à toucher avec

ta langue le bout de ton nez".

En fait je continue à essayer.




J'ai trouvé mon chapeau de catherinette

chaCath2.jpg Je ne sais pas pourquoi je me suis tout d'un coup souvenue ce matin de cette coutume des catherinettes fêtée le 25 novembre, le jour de la sainte catherine donc.

Peut-être parce que c'est mon deuxième prénom. Toutes les filles s'appelaient Catherine à mon époque.  Aujourd'hui je ne connais pas une seule petite fille qui s'appelle comme ça! (vous, si?) C'était plutôt un truc mignon cette fête des catherinettes.

Toutes celles qui à 25 ans n'étaient pas mariées se fabriquaient un chapeau, le plus original possible et si possible aussi qui rappelle quelque chose d'elles-même. C'était charmant. Un autre temps n'est- ce-pas. Bref.

Bref je ne suis plus mariée, et j'ai plus de 25 ans, donc c'est parfait! Et aujourd'hui on voit très bien dans ma webcam pendant que je vous écris le chapeau de catherinette que j'ai sur la tête: un éventail couleur de fin des haricots.

Vous le trouvez beau?

 

Un vernissage aux Tuileries

enfantsmodeles.jpgC'était le vernissage de l'exposition des "Enfants Modèles" qui commence demain à l'Orangerie aux Tuileries. C'était ce soir. Pour ainsi dire j'en reviens.

Cela faisait des siècles que je n'avais pas mis les pieds dans un vernissage. Il y avait une quantité astronomique de visons, de chaussures très élégantes, de visages comme on n'en voit jamais dans le métro, de gens très bien habillés.

Des très vieilles femmes, des hommes très âgés, un défilé de cannes, et des très jolies jeunes femmes aussi, - l'une avec une robe ravissante, ajustée, ouverte dans le dos en V, très "grand couturier" mais l'homme qui m'accompagne justement dit ça: "je ne peux pas les regarder: "elles sont trop bien habillées".

On peut dire que ça sentait l'oseille à plein nez.

De quoi faire vivre en revendant une de ces fourrures une famille pauvre pendant un moment.(Ou déjà la mienne par exemple, bien sûr que j'y ai pensé)

L'oseille, mais quelque chose d'autre aussi. Quelque chose de pourri. C'était comique que le tableau choisi pour l'affiche, et donc pour l'invitation (et le catalogue) ça soit "La boxe" de Maurice Denis. La boxe pour rire, celle que miment les enfants. Evidemment. Pas celle des coups de pieds au cul qui se perdent.

En sortant des Tuileries, à la nuit, la Grande Roue argentée étincelait et ça sentait la barbe à papa. La tour Eiffel était orange, comme l'éclairage de l'obélisque, comme tous les éclairages.La Grande Roue hier soir était la plus belle, la plus fraîche, qui tournait comme une divinité inca. (C'est bon de pouvoir dire n'importe quoi!) Les voitures elles,  tournaient par terre, pas en l'air, dans tous les sens. J'ai eu l'impression deux secondes que j'étais une américaine. "So romantic, Paris". Mais je ne suis pas du tout une américaine. Il y avait dans ce vernissage, pas dans les tableaux, une dégueulasserie. Dégueulasserie que je ne sais pas bien expliquer. Une dégueulasserie. C'est que ça rafraîchit bien les idées, les vernissages, au cas où ce qui déraille on l'aurait oublié.

PS: les tableaux? Certains très beaux, vraiment, par exemple "La récitation" de Lucien Jonas, ou bien sûr quelques Renoir, d'autres charmants, très très charmants. Des regards de pères qui peignent leurs enfants. Des enfants. Plein d'enfants.

PS 2: que ma douce amie C. à qui je dois cette invitation et qui a organisé cette exposition avec le conservateur dont je ne me souviens plus le nom,- Emmanuel Bréon je viens de retrouver- ne prenne pas ombrage de ce que j'écris ici, si elle vient à passer par là. Je ne parle pas dans ce billet de l'exposition, enfin j'en parlerai plus tard, enfin bon, enfin si quand même, enfin une fois de plus: comment séparer les choses les unes des autres? Sauf à devenir fou,c'est impossible.                                                                                                                      

23.11.2009

Portrait d'un homme

On ne sait vraiment pas à quoi pense cet homme.On voit sa chemise blanche sous sa veste. On voit ses yeux. Et on ne sait rien. On voit pourtant comment il est habillé. On croit quon le voit. Et on ne voit rien. Et il le sait. Et on le sait bien. C'est un portrait.Repin_tretyakov.jpg

Miam, "Le dernier crâne de M. de Sade"

350px-Sade_1.jpegUn type est mort il y a à peu près un mois et demi, un type qui a eu le Goncourt en 1973 (j'ai vérifié la date, l'éventail est d'une précision psycho-rigide aujourd'hui). Ce type qui s'appelle Jacques Chessex, et dont je n'ai jamais lu L'ogre, qui a eu donc le Goncourt, ce type dont je n'ai jamais lu une ligne mais vendu plusieurs livres (c'est ça être libraire, vendre des livres qu'on n'a jamais lus, rien de plus), ce type dont je vois très bien la tête depuis toujours (plus ou moins d'ogre, enfin d'ogre quand il était plus jeune, ou alors c'est moi qui quand j'étais plus jeune trouvais facilement aux hommes une tête d'ogre, ah ah c'est possible, ah ah c'était le bon temps,ou alors carrément un truc qui n'irait pas chercher plus loin, il a écrit l'ogre, eh ben il a une tête d'ogre, suisse en plus) ce type donc a écrit un dernier livre avant de mourir. Il sort début janvier. Il s'appelle "le dernier crâne de M. de Sade".

Il est tiré à 15 mille exemplaires, il côutera 12 euros.

Bon, comme toujours quand je sais qu'un livre va être publié et n'est pas accessible, pour peu que le titre ou le sujet me fasse envie, j'en ai un désir violent. Puis j'oublie, ça passe.

Mais là tout de suite j'en ai envie.

Il y est question -parait-il- des derniers jours de Sade emprisonnés depuis 11 ans et aussi de l'histoire de son crâne après qu'il ait été enterré. Je dis miam.

Je dis aussi que quand  je pense à Sade je pense au  jeune homme électrique avec qui je partageais ma vie il y a longtemps longtemps au temps jadis, et qui avait scotché au-dessus de la table de la cuisine cette phrase archi-célèbre de Sade, tellement célèbre que je ne m'en souviens plus, quelque chose comme:" le passé m'électrise, le présent m'indiffère.." le futur je ne sais plus quoi, ou aussi bien le contraire.

Je trouvais ça moins con qu'un poster des Pink Floyd.

Et devinez quoi? Une fois de plus j'avais tout faux!

PS: on peut aussi lire Sade et pas Chessex? Oui bon, ne m'énervez pas. En même temps il a un nom génial ce Chessex.

 

Les trous dans les pupilles de l'indien

016.jpgL'indien est là, grandeur nature ou un peu plus, au bord de la Seine. Enfin il suffirait qu'il fasse deux pas, qu'il se retourne, il serait au bord de la Seine, il verrait à droite cette colline qu'on appelle "la colline des impressionistes" et qui est si belle en ce moment avec les couleurs de l'automne mais aussi au printemps bien sûr.

Elle est un poil saccagée la colline des impressionistes. Par les constructions, et la Seine, abimée. Mais pas trop, pas trop encore. Profitons de ce qui reste, ça sera pire demain.

Je préfère mille fois l'indien de buffalo grill au parcours fléché que mettrait en place les associations de défense du "patrimoine" si elles avaient de l'argent.

L'indien -le chef indien,- ne me dérange pas. On voit bien les trous à la place de ses pupilles. Du coup quand je l'ai vu, toute la journée je voyais les trous dans les pupilles de tout le monde. Je crois que ça changeait tout!

Tu parles!

Mais si!

Tu parles!

Toutes les notes