06.11.2009
Un autre camion
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05.11.2009
BWV 1054
Il faudrait pousser à fond le concerto pour piano n°3 en ré majeur (BWV 1054) pour lui dire à lui combien elle l'aime. Car elle l'aime aussi au point de ne pas trouver grave de n' avoir pas d'autre mot pour dire cela.
Au point de ne pas bouger d'un cil. Elle écoute Bach comme ça à toute blinde, c'est plutôt gai, ne fait rien d'autre qu'écouter. Et de temps en temps pleurer, parce qu'elle l'aime. (Bach?) Elle est simplement heureuse de l'aimer.
18:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bach, écouter, ne pas bouger, aimer, grammaire
E la nave va
"François de Salignac de la Mothe Fénelon, Prix Goncourt 2009, une force d'écriture
(Le Monde, mercredi 4 novembre 2009)
(je n'ai changé que le récipiendaire du prix! les phrases en-dessous sont toutes recopiées du vrai article du Monde!que son auteur, Raphaëlle Rérolle, qui ne lira jamais ce billet me pardonne cet emprunt à son article assez débectant, toute question sur l'appréciation du livre de Marie N'Diaye mise à part. Bon; mais j'ai bien fait mumuze avec mon Fénelon! et de le recopier, je vois encore mieux en quoi l'article l'est, débectant)
Enfant, déjà il savait qu'il serait un écrivain. Et c'est avec la même assurance tranquille qu'il a accueilli le prix Goncourt qui a récompensé lundi 2 novembre, son dernier livre Dialogues sur l'éloquence.
Né à Sainte-Mondane (Dordogne) dans une famille noble du Périgord, Fénelon, second de quatorze enfants, fut très tôt destiné à rentrer dans les ordres. Dés 1687 il publie Traité de l'éducation des filles.
Les dix jurés Goncourt, sauf Françoise Mallet-Joris absente pour raisons de santé, ont voté pour son livre, déjà salué par la critique et reconnu par le public, distinguant ainsi selon Tahar Ben Jelloun, "une oeuvre, un univers littéraire, une belle écriture et une exigence".
Magnifique et vêtu de couleurs violettes, il paraît beaucoup plus jeune que ses 358 ans.Pour Fénelon le succès recèle d'autres avantages, découverts avec Traité de l'éducation des filles. "Quand j'entre dans un magasin et qu'une fille me dit avoir aimé mon livre, c'est une chose qui me touche" affirme-t-il. Cela signifie que des filles qui n'auraient jamais été mes lecteurs auparavant le sont devenues." Il ajoute: "Je n'aurais pas pensé cela il y a vingt ans. A l'époque j'estimais que la vraie littérature était réservée à un nombre limité de lecteurs, mais on devient plus fin en vieillissant!"
Pour le reste, les honneurs et la gloire, il relativise. Sitôt retourné à Cambrai, où il vit avec sa femme et ses trois enfants, le Goncourt ne signifiera plus grand chose, aux yeux de son entourage immédiat."Les gens que je croise tous les jours ne savent pas ce que c'est, observe-t-il. Imaginez qu'un écrivain cambrésien vive dans le même immeuble que vous à Paris. S'il obtenait un prix, vous ne le sauriez sans doute pas."
De quoi peut-être le mettre à l'abri des sollicitations envahissantes, comme des risques de dispersion. Et de quoi garantir aussi sa liberté. "Ne dépendre que de soi, disposer de son temps, vivre là où on le désire".Fénelon a déjà déménagé de nombreuses fois, passant de l'université de Cahors au collège du Plessis, à la Belgique, à la Cour,puis retiré dans son diocèse de Cambrai. Comme s'il s'agissait avant tout de ne pas s'endormir, de ne jamais prendre racine -à aucun prix."
07:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fénelon, prix goncourt, articles débectants
Ingénu
L'espace ici est très vaste. Ce n'est pas une place. On ne sait pas trop
ce que c'est. Les voitures n'y roulent pas. Même si elles ne sont pas
loin. Ni le métro non plus.C'est une sorte de dalle.
D'un côté il y a des arbres qui perdent leurs feuilles. Et des
pelouses. Et de l'autre côté, quelques cafés, un restaurant indien,
un tabac. On ne sait pas trop ce que sont, pourtant en plein Paris,
ces endroits nouveaux. Sans que ça soit gênant. En fait ça offre un
sentiment d'étrangeté qui n'est pas désagréable. Comme une tristesse
vague, qui ne dérange pas car on la sait sans raison.
Dans le tabac, il y a au fond une vitrine pleine de cigares. Des beaux
cigares, tous différents. Sur le côté: des tourniquets de cartes postales,
laides. Derrière le comptoir, des cigarettes. Et sous une vitrine plate:
des petits cartons à gratter, pour gagner 1€, 10, 50, 200...
On peut aussi acheter des timbres.
Pas de journaux, pas de bonbons, pas de boissons.
Il dit en sortant, ingénu:"ah, c'est un tabac qui ne fait que tabac".
Il gratte son ticket de goal. Il gratte avec une pièce de monnaie le
premier petit espace argenté: gain possible: 50 €. Il gratte les 5
espaces en-dessous pour voir s'il a gagné.
Il a perdu.
00:51 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
La perfection
C'est debout devant un coin de comptoir. L'assiette de frites est posée sur
le comptoir. Il y a beaucoup de bruit mais c'est sans aucune importance.
Beaucoup de monde. La moutarde est posée au bord de l'assiette pour tremper
les frites dedans.
Elle sont un peu molles mais brûlantes. C'est parfait. On peut les saler trop,
et ça aussi c'est parfait. Elle se hisse sur la pointe des pieds pour embrasser
l'homme. Dehors le vent fait tomber les feuilles des arbres. Le cou de
l'homme est chaud. Sa bouche sent le pâté de campagne du sandwich qu'il
mangeait à pleines dents avant de le poser quand il a vu dans ses yeux qu'elle
allait l'embrasser. Tout ça est parfait.
00:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

