01.11.2009
Une histoire (20)
" ...Et puis un jour, un soir plutôt, mais pas très tard, vers 20h
ou 20h30 à l'heure où il sort de son bureau, on est en mars, mon
portable sonne je vois son nom s'afficher, et j'explose en mille
morceaux. Je l'imagine aussitôt qui fait les cent pas dans la rue
pendant qu'une beauté l'attend un peu plus loin, discrétement
ou en rouspétant avec délicatesse, une femme douce, il les choisit
plutôt ainsi, il a raison d'ailleurs, il a bon goût!, elles se sont déjà,
une, deux, et même trois, succédées m'a-t-on tenu bien soigneusement in-
formée.Ce qui n'a pas changé d'un pouce mon amour pour lui. Je ne l'aimais
pas parce qu'il m'aimait.J'aimais qu'il m'aime parce que c'était plus
pratique pour l'aimer. Mais qu'il en aime d'autres n'avait pas de raison de me
le faire moins aimer. Hé, je ne dis pas le contraire non plus. Je dis que cela
n'avait rien à voir.En tout cas c'est comme ça dans cette histoire.
Bon,c'était le soir. Je voyais le ciel par la fenêtre. J'entendais qu'il
parlait, sans comprendre bien ce qu'il disait. Il grommellait des choses
comme: "j'étais mal", des vérités quoi, auxquelles j'aurais pu facilement
répondre "moi aussi" mais je n'en avais aucune envie.
Sa voix glissait dans moi comme s'il me pénétrait, c'était doux et c'était fort,
et c'était plus que je ne pouvais au Ciel en demander. Il m'avait appelée.
On s'est revus. On s'est re-aimés. Pareil. Comme avant. Plus qu'avant. Encore
davantage dorénavant. Mais sans qu'il ait plus de temps.Tout le monde s'agitait,
et criait: "tu es folle". Ah comme je m'en fichais! Je me délectais de lui, et lui de
moi je crois.
Nous n'avons jamais, jamais parlé de sa disparition. Même pas la plus petite
allusion, ni lui ni moi.Il m'avait rappelée. J'avais la chance d'être encore ici
ou là, dans ses bras, j'écoutais ses soupirs, je riais avec lui, il était insupportable
parait-il mais très supportable pour moi. Le "meilleur" quoi! de toute façon ses yeux
noirs étaient impossibles à désaimer, moi je les sur-aimais.
Qui n'a jamais marché des heures au bord du précipice? Qui n'a jamais éprouvé
cette volupté? (...)"
A suivre
22:00 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note


Commentaires
"Qui n'a jamais marché des heures au bord du précipice? "
Hum... pas assez sélectif.... enfin, je crois...
Essaye plutôt : "Qui n'a jamais marché des heures à côté du bord du précipice?"
Ecrit par : thomas p | 01.11.2009
Des heures ?
Des mois plutôt... parfois des années...
Je t'embrasse ma sophie !
Ecrit par : leyla | 01.11.2009
tu vois, je te disais que ce n'était pas assez sélectif !!!
Ecrit par : thomas p | 01.11.2009
Ah la volupté du précipice, du gouffre, de l'abîme, de la situation périlleuse, du lieu de perdition, s'y jeter la tête la première, la tête en avant, d'un mouvement prompt, rapide, inconsidéré, aller en précipice, s'abaisser, déchoir, se réduire en poudre, poudre aux yeux, pour les beaux yeux (noirs) de l'amant...
Ecrit par : Michèle | 01.11.2009
je veux être l'amant, voilà !
Ecrit par : leonardo | 01.11.2009
Leonardo, à genoux devant la porte de Sophie !
Ecrit par : Michèle @ Leonardo | 01.11.2009
Oh que non !!!
J'ai les genoux délicats, Michèle, et les poils raides du paillasson m'en irriteraient le derme... impossible, donc, j'en suis désolé...
Tant pis, j'opterais plutôt pour la position en "chauve-souris", accroché quelque part (un crochet de volet, une treille, une colonne ou un chapiteau néoquelquechose, un parapluie en train d'égoutter, ..)...
Ecrit par : leonardo | 01.11.2009
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