01.11.2009
Une histoire (17)
Merci beaucoup à ceux qui lisent cette "Histoire", à ceux qui
écrivent des commentaires, à ceux aussi qui n'en écrivent pas,
et je le comprends aussi, merci! Je continue. Zou!
"... " Allez je te dépose à l'Opéra", il dit ça. "Tu ne diras pas
que je ne m'occupe pas de toi". Il ajoute ça. On ne dit rien
dans la voiture je crois, il y a des moments dont je ne me
souviens plus exactement. Peut-être que je bafouille ou que
je parle de ce peintre que je ne connais pas et dont l'autre soir
il m'a écrit le nom sur un bout de papier. Il y a beaucoup de
circulation. Les gens ne sont pas au restaurant. Ils sont là dans
les magasins. On est le 24 décembre.Il est quinze heures.C'est
le bordel, on roule très mal, il a hâte de me déposer et moi aussi.
Mais on est civilisés. (Enfin,si peu!)
Et enfin, je suis dans la rue. Une tristesse immense me tombe dessus.
Je trouve tout ridicule, dérisoire, pathétique.Il va me gâcher Noël ce
bel amour que personne même aux heures les plus sombres que j'ai
vécues personne n'a jamais pu me gâcher.Je ne lui en veux pas. Je m'en
veux à moi. Nous sommes perdus, nous sommes tous perdus là à courir
dans les rues, c'est Noël et c'est d'un triste. Je m'achète alors une énorme
botte de roses sublimes. Dans le train qui me ramène chez moi elle m'encombre,
tout le monde regarde ce bouquet derrière lequel je disparais. A mes enfants,
à mes parents je mens sobrement, je dis que c'est lui qui pour Noël m'a donné
ces roses si belles. Mais je ne dis rien du livre qu'il m'a offert, -que je n'ai jamais
ouvert, et puis que j'ai vendu.
A 18 heures en tablier je beurre des petis canapés pour le réveillon. Toute la famille
est dans ma cuisine. Et il appelle. Je peux à peine répondre. Je suis stupéfaite de cet
appel. Il dit qu'il roule depuis deux heures, qu'il est sur une aire d'autoroute. J'imagine
sa femme qui boit un café pendant qu'il me parle. Je vois ses cheveux blonds à elle, sa
montre très chère, leurs bagages dans le coffre. Sa voix est brûlante et grave,elle me remplit.
"Je n'en peux plus" dit-il." Je t'appelle, tu vois je t'appelle, je vais t'appeler tout le temps,
tu me manques trop, je n'en peux plus, c'est trop dur pour moi,
je t'aime comme un fou.Tu m'entends petite chérie? tu m'entends mon bel amour?" J'entends les
voitures qui passent à toute berzingue derrière lui,il n'écoute pas ce que je réponds, il n'attend pas
que je réponde. "Je t'appelle ce soir". Il a raccroché. Je recommence à beurrer les canapés(...)"
17:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
Prise dans l'histoire -hé! hé! ça s'installe les lecteurs, ça s'invite dans les histoires, ça entre chez les gens, dans les cuisines et les voitures, celles arrêtées sur les aires d'autotoute - je vais chercher cette femme qui est maintenant en tablier, je prends les canapés beurrés, et nous allons, elle, moi et les lecteurs qui veulent, coller les canapés beurrés sur le coin du nez de qui vous savez.
Ecrit par : Michèle | 01.11.2009
C'est marrant, j'ai comme l'impression que la fin va être violente !!
Ecrit par : jean reno | 01.11.2009
Violence et douceur...
Et Olga dans sa cuisine, qui prépare des pirokji...
Ecrit par : Michèle | 02.11.2009
Ecrire un commentaire