01.11.2009
Une histoire (14)
"... Alors pour Noël il s'embrouille. C'est Noël-l'embrouille.
" Je pars deux jours" dit-il. Mais pas besoin d'être grand clerc
pour comprendre que c'est un peu plus.Il dit même "Oh
mon bel amour, si tu savais comme ça me fait chier. Je vais
être loin de Paris".
Cruelle, je le console doucement: "Oh deux jours ce n'est pas long".
Il me regarde avec attention. Il ne se demande pas si je me moque
de lui, il se demande si je le crois, car à ce moment je suis certaine
que lui, tout en sachant très bien qu'il part plus longtemps, croit qu'il
part deux jours.
Je suis certaine aussi qu'il a un putain de sacré mal de ventre.
Il dit avec cette tension dans le visage qui me ferait me faire
tuer pour lui: "Je t'appellerai plusieurs fois par jour, ne t'inquiète
pas, je t'appellerai, tu vas trop me manquer, qu'est ce que je vais
m'emmerder, mon amour chéri tu vas trop me manquer".
C'est qu'il pourrait dire:" je vais voir ma mère, je pars dans les
Ardennes", mais il ne dit pas ça. En un sens il ne sait pas mentir.
Il part avec sa femme très riche qu'il ne veut pas contrarier.Or je
pourrais très bien l'entendre.Qu'il dise qu'il part une semaine avec elle.
Que dans toute cette histoire, dans un certain nombre d'histoires, il y a
des histoires de pognon.
Ce n'est certainement pas pour ça que j'arrêterais de l'aimer. Mais
il ne peut même pas prononcer ces mots. Il ne peut ni mentir ni dire
la vérité. Il ne veut pas moi non plus me contrarier.
Oh ne comptez pas sur moi pour parler de lâcheté.Et encore moins
de "lâcheté des hommes". On est tous lâches, tous, tous les humains,
ou pas lâches du tout, très courageux, tous, les hommes, les femmes,
untel, unetelle, pff j'exècre qu'on parle de la lâcheté des autres,
je préfère qu'on parle de la mienne. "Tiens parlons de la tienne!" je propose,
à celle qui geint sur la "lâcheté des hommes..." , ou "parlons de la mienne..."
en parlant de la mienne, mais la mienne ou la sienne ne l'amuse pas, ce qui
lui plait c'est ce bel os à ronger "la lâcheté des hommes".
Allez au diable!vous me donnez envie de mourir.
Il n'est pas lâche: il est fatigué. il travaille trop. Et je le fais chier.C'est tout.
Et c'est beaucoup.(...)"
A suivre.
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Commentaires
Très bien, ça, sur la lâcheté des hommes, sont parfaits les hommes, hyper courageux, ils prennent toujours les décisions qui s'imposent !
Ecrit par : sophie marceau | 01.11.2009
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