31.07.2009

"Courage"

AKHMATOVA.jpgJe suis au milieu de l'après-midi à la terrasse du Quick de Versailles. On ne se refuse rien. C'est une jolie terrasse saugrenue pour un Quick- oui mais voilà la vie est aussi sotte que grenue- , avec des tables en teck et je m'attarde, délicieusement heureuse de, pour une fois, ne pas être pressée.

Et je tombe sur ces vers d'Anna Akhmatova qui me vont droit au coeur, elle que je ne connaissais pas ce matin. Elle est née à Odessa en 1889 et elle est morte en 1966:

"Courage"

Nous savons ce qui maintenant est en balance

Et ce qui maintenant s'accomplit.

Nos horloges sonnent l'heure du courage,

Et le courage ne nous abandonnera pas.

Il n'est pas terrible de tomber sous les balles,

Il n'est pas amer de rester sans toit

Et nous te garderons, langue russe

Immense parole russe.

Nous te porterons libre et pure,

                                                                         Nous te transmettrons à nos descendants,

                                                                         Et nous te sauverons de la captivité,

                                                                         A jamais.

                                                                                                     Tachkent, 23 février 1942

Marc Riboud

marcriboud2.jpgIl est né en 1923.

J'ai adoré ses photos vues dans l'exposition qui se tient en ce moment au musée de la vie romantique (oui, drôle de nom! dont j'ai parlé dans un billet il y a quelques jours) (et zut je vérifie, l'expo a fermé le 26 mais peut-être est-elle prolongée).

J'aime beaucoup aussi cette photo de lui. Beaucoup.Je veux dire celle où on le voit.

Il y a aussi dans l'expo quelques courriers de lui à Cartier-Bresson ou d'autres personnes, qui sont drôlissimes, charmantissimes.

Et puis voilà en-dessous une des photos de lui que j'ai préférée dans l'exposition. (Prise sur son site)

17[1].jpg

30.07.2009

Tonnelle de la maison verte il y a quelques jours, et le prunier plein de prunes

P1010770.JPG

Autruche en détresse

360_Pate_Autruche_Poivre_Vert.jpgAu milieu des papiers de toutes sortes.

Je vide -un à un, je suis pas complètement folle- les tiroirs de mon bureau, ceux où j'avais entassé pas mal de choses au moment du déménagement le 1er février dernier, et où je n'avais ni le courage ni le temps de mettre mon nez, bien qu'il ne se soit pas passé un jour sans que j'y pense et que je sache cela indispensable .

Courrier important pas ouvert, amendes qui  s'accumulent, pénalités diverses et variées, complications de toutes sortes, bref cela forme un écheveau qui confirmait que ça ne serait pas amusant du tout d'y plonger.

Mais un homme m'a dit: "Viens autruche, n'aie pas peur, je t'apprendrai à nager".

Bon. Zut. Il parlait je crois de la vraie mer salée, et pas des papiers.

29.07.2009

Ary Scheffer invite, ou "Lénore, les morts vont vite"

P1010733.JPG(photo: sophie)

Vendredi dans mon atelier, j'invite comme dab', comme tous les vendredis: Sand, Chopin, Delacroix, Rossini, Liszt, Pauline Viardot, Thiers (qui me souffle-t-on a exécuté 25 000 communards, bon, vérifier les dates, quand venait-il ici, avant ou après? avant je suppose, avant qu'il soit le chef du gouvernement), Dickens....L'adresse? 16 rue Chaptal.Bon. Pour ceux qui n'ont pas entendu parler de moi je suis né en 1795 aux Pays Bas, puis je me suis installé en France, j'ai fait le portrait de La Fayette que j'admire beaucoup, un collègue à moi- il a même ouvert sa galerie, très connue!, moi je suis heureux avec mon atelier, sa cour pavée, ses fleurs et son allée romantique de robiniers (qui sont des sortes d'acacias amenés parait-il en France en 1601...par un botaniste qui s'appelait Jean Robin). Mon frère a traduit La Divine Comédie et moi je suis fou de "Lénore, les morts vont vite", la ballade de Bürger traduite par Nerval,qui m'a inspiré un beau tableau -oui dans un genre sombre qu'on aime ou qu'on n'aime pas, enfin disons que ce n'est pas du Yves Klein- qu'on peut voir ici en 2009.(puisque c'est ici d'ailleurs que je l'ai peint)

Bon. Vendredi donc. Amenez des chips.

Ary.

(c'est au "musée de la vie romantique", un petit musée très bien, perdu vers la place Clichy,sans écouteurs, sans librairie, sans magasin à la con, sans explications prétentieuses, mais avec un vrai petit jardin charmant, quelques américaines égarées et charmées, trop mignonnes à photographier sur les marches du perron puiqu'elles le demandent si poliment! et surtout un personnel comme on dit inimaginablement gentil et attentif et discret, quoique très nombreux -c'est sidérant! quel joli plan de réduction du chômage!)

Ah, j'oubliais: il y a actuellement dans le musée une vraiment magnifique exposition de photos de Marc Riboud. Même si les romantiques vous gonflent -moi aussi des fois mais j'adore, ça ne se discute pas, voir une vraie bague de George Sand ça me met en transes- cette expo qui n'a rien à voir vaut le détour. Ces photos sont extraordinaires et il y en a des tonnes, la plupart, presque toutes, dans un sublime noir et blanc.

Magnifiques photos de Paris dans les années cinquante par exemple.

Terre de feu

P1010777.JPG(photo: M.)

Dix mille marins y ont péri, mille bateaux y sont naufragés: c'est là que l'Atlantique rencontre le Pacifique, c'est là que les deux océans se mélangent.

Bonjour les courants!

C'est là, c'est le mystérieux Cap Horn, là devant moi.

 J'y ai les deux pieds dedans.

28.07.2009

Par la lucarne d'une mansarde

max.jpgC'est mon livre d'enfant préféré et de très loin.

Il s'appelle "Max et les maximonstres" et je pense que tout le monde à peu près le connait.

Mais j'écris cela pour vous qui ne le connaitraient pas. (connaitriez pas, pardon!!)

Cette lune avec les étoiles, je disais l'autre jour que j'aimerais la voir, couchée, par la lucarne au-dessus du lit, d'une mansarde.

Mais bon, revenons à Max.Ou plutôt non.Il suffit d'entrer dans une librairie et d'acheter "Max et les maximonstres" de Maurice Sendak.

(il a été publié pour la 1ere fois en 1963. En France il est édité à l'Ecole des Loisirs. C'est un livre exceptionnel. Pas du tout que pour les enfants.)

Quel est votre livre d'enfant préféré? A part Harry Potter bien sûr! Ah ah!

27.07.2009

Le vrai jeu du ni oui ni non

P1010741.JPG(photo: Martin) Hier retour de pic-nic: jeu du ni oui ni non.

Eh bien ce n'est pas une formule de style, quelque chose qui

dirait, je ne sais pas, une hésitation, ou quelque chose de torride

ou de vacillant (pléonasme?!?).

Non. Simplement on a vraiment joué au vrai jeu du ni oui ni non.

Oui. C'est bon de jouer aux vrais jeux.

C'est bon, enfin je trouve,  de jouer au plus malin quand c'est un jeu

 et pas quand c'est dans la vie.

26.07.2009

Bouquet derrière le moulin

C'était il y a quelques jours, cueilli dans le bruit de la cascade et avec leurs rires à tous les trois, un des plus gais bouquets que j'aie jamais eu dans les mainsP1010748.JPG.(mais c'est quoi cette espèce de moignon qui pend à droite?pourtant je crois que j'ai deux mains entières ?!!)

" Gourmands" (Péguy)

"...Et quand on voit l'arbre, quand vous regardez le chêne,

Cette rude écorce du chêne treize et quatorze fois et dix-huit fois centenaire,

et qui sera centenaire et séculaire dans les siècles des siècles,

Cette dure écorce rugueuse et ces branches qui sont comme un fouillis

de bras énormes,

(Un fouillis qui est un ordre),

Et ces racines qui s'enfoncent et qui empoignent la terre

comme un fouillis de jambes énormes,

(Un fouillis qui est un ordre)

Quand vous voyez tant de force et tant de rudesse

le petit bourgeon tendre ne parait plus rien du tout.

C'est lui qui a l'air de parasiter l'arbre, de manger à la table de l'arbre;

Comme un gui, comme un champignon.

C'est lui qui a l'air de se nourrir de l'arbre (et le paysan les appelle des gourmands)

c'est lui qui a l'air de s'appuyer sur l'arbre, de sortir de l'arbre,

de ne rien pouvoir être, de ne pas pouvoir exister sans l'arbre (. ..)"

 

Charles Péguy

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