01.07.2009

18 heures dans un parc dans la ville au début de l'été

C'est un bonheur de voir les ombres des feuilles sur les troncs

des arbres. Sur celui-là devant. Sur le tronc rouge de ce pin aussi.

C'est un bonheur de voir le ciel bleu entre les feuilles si vertes des

arbres au-dessus quand on renverse la tête.

C'est un bonheur aussi de s'allonger complètement dans l'herbe ici,

où on n'entend plus le bruit de la ville.

C'est un bonheur de voir derrière, pas loin de nous, assis, un homme.

 Il a un pantalon noir, une chemise blanche. Il est peut-être marocain.

Il a peut-être 60 ans, 65. A côté de lui, une femme. Ils se parlent, calme-

ment. Elle a retiré ses chaussures. Elle a les pieds nus. Elle a à peu près

son âge.

C'est un bonheur de voir des papillons qui courent dans tous les sens, comme

des fous, comme des chauve-souris en plein été, le soir, quand c'est l'heure

que les enfants petits se couchent, mais on les laisse jouer, on pense "c'est quand

 même les vacances" et les enfants rient dans la poussière , ivres de ne pas se coucher,

zigzaguant partout. Comme les chauve-souris folles, comme les papillons ici.

C'est un bonheur de voir de loin en loin sur l'herbe un jeune homme, une jeune fille,

qui rient, ou là-bas une jeune femme en maillot de bain allongée sur le ventre, très jolie,

et qui, à l'ombre, lit tranquillement.

C'est un bonheur de les voir tous, ici et là, simplement, dans le calme, sous les arbres,

dans la fraicheur des arbres...C'est un bonheur de les voir un des premiers soirs de l'été,

c'est un bonheur d'être ici, d'être vivants , c'est un bonheur d'être ici simplement des

humains dans le soir de l'été.

 

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