31.03.2009
Je crois qu'entre Jean-François et moi, il y a quelque chose!!!
Zabou est une fille exquise: sur le chemin de son week-end, la voilà qui passe par hasard
par la ville natale de Jean-François Millet (Gréville Hague, elle me l'apprend, qu'est ce que
vous croyez! je n'en avais pas la moindre idée!) et que voit-elle? la statue du grand homme!
Et que fait-elle, bien que roulant à vive allure à bord d'une torpédo filant comme le vent et
pleine de jeunes gens chantant à tue-tête (enfin, c'est ce que j'imagine!) elle prend
spécialement pour moi une photo de Jean-François et quand elle revient de week-end hop
elle me l'envoie!
Ah je sens que je craque, JF! Tout ça, ça fait trop de signes du destin, entre toi et moi!
21:55 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
A nouveau Péguy
"... Mais je vous connais, vous êtes toujours les mêmes.
Vous voulez bien me faire de grands sacrifices,
pourvu que vous les choisissiez.
Vous aimez mieux me faire de grands sacrifices,
pourvu que ce ne soit pas ceux que je vous demande
Que de m'en faire de petits que je vous demanderais.
Vous êtes ainsi, je vous connais.
Vous ferez tout pour moi, excepté ce peu d'abandonnement
Qui est tout pour moi.
Soyez donc enfin, soyez comme un homme
Qui est dans un bateau sur la rivière
Et qui ne rame pas tout le temps
Et qui quelquefois se laisse aller au fil de l'eau.(...) "
Le mystère des Saints innocents
19:30 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : charles péguy, le mystère des saints innocents
30.03.2009
Haïku de la mère de famille
14:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
"J'ai vu la profonde mer et la forêt profonde et le coeur profond de l'homme..."
"Comme une branche de mimosa..." dit Solko
"....Rien n'est beau comme un enfant qui s'endort en faisant sa prière, dit Dieu.
Je vous le dis, rien n'est aussi beau dans le monde.
Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau dans le monde.
Et pourtant j'en ai vu des beautés dans le monde
Et je m'y connais. Ma création regorge de beautés,
Ma création regorge de merveilles.
Il y en a tant qu'on ne sait pas où les mettre.
J'ai vu des millions et des millions d'astres rouler
sous mes pieds comme le sable de la mer.
J'ai vu des journées ardentes comme des flammes.
Des jours d'été de juin, de juillet et d'aôut.
J'ai vu des soirs d'hiver posés comme un manteau.
J'ai vu des soirs d'été calmes et doux comme une
tombée de paradis
Tout constellés d'étoiles.
Et Paris et Reims et Rouen et les cathédrales qui
sont mes propres palais et mes propres châteaux.
Si beaux que je les garderai dans le ciel.
J'ai vu la capitale du royaume et Rome capitale de
la chrétienté.
J'ai entendu chanter le messe et les triomphantes
vêpres.
Et j'ai vu ces plaines et ces vallonnements de France.
Qui sont plus beaux que tout.
J'ai vu la profonde mer, et la forêt profonde, et le
coeur profond de l'homme.
J'ai vu des coeurs dévorés d'amour
Pendant des vies entières
Perdus de charité.
Brûlant comme des flammes.
J'ai vu des martyrs si animés de la foi
tenir comme un roc sur le chevalet
Sous les dents de fer.
(Comme un soldat qui tiendrait bon tout seul toute
une vie
Par foi
Pour son général (apparemment) absent).
J'ai vu des martyrs flamber comme des torches
Se préparant ainsi les palmes toujours vertes.
Et j'ai vu perler sous les griffes de fer
Des gouttes de sang qui resplendissaient comme des
diamants.
Et j'ai vu perler des larmes d'amoour
Qui dureront plus longtemps que les étoiles du ciel.
Et j'ai vu des regards de prière, des regards de
tendresse,
Perdus de charité,
Qui brilleront éternellment dans les nuits et les
nuits.
et j'ai vu des vies tout entières de la naissance à la
mort,
Du baptême au viatique
Se dérouler comme un bel cheveau de laine.
Or je le dis, dit Dieu, je ne connais rien d'aussi beau
dans tout le monde
Qu'un petit enfant qui s'endort en faisant sa prière
Sous l'aile de son ange gardien
Et qui rit aux anges en commneçant de s'endormir.
Et qui déjà mêle tout ça ensemble et qui n'y comprend
plus rien
Et qui fourre les paroles du Notre Père à tort et à
travers pêle-mêle dans les paroles du Je vous salue Marie
Pendant qu'un voile déjà descend sur ses paupières
Le voile de la nuit sur son regard et sur sa voix.
J'ai vu les plus grands saints, dit Dieu. Eh bien je vous le dis.
Je n'ai jamais rien vu de si drôle et par conséquent
je ne connais rien de si beau dans le monde
Que cet enfant qui s'endort en faisant sa prière
(Que ce petit être qui s'endort de confiance)
Et qui mélange son Notre Père avec son Je vous salue Marie;
Rien n'est aussi beau et c'est même un point
Où la Sainte Vierge est de mon avis.
Là-dessus.
Et je peux bien dire que c'est le seul point où nous
soyons du même avis. Car généralement nous sommes d'un avis contraire.
Parce qu'elle est pour la miséricorde.
Et moi il faut bien que je sois pour la justice.(...)"
Charles Péguy
Le mystère des Saints Innocents.
08:44 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : charles péguy, le mystère des saints innocents
29.03.2009
Coup de foudre absolu
C'est un coup de foudre absolu, tout neuf, et qui me transporte
(il date de cet après-midi: par le plus grand des hasards, ou plutôt par
celui souvent qui fait prendre au hasard un livre sur une étagère de
bibliothèque qui n'est pas la sienne).
Je n'avais jamais lu une ligne de Péguy. Voici quelques pages parmi
celles que j'ai lues aujourd'hui. Elles me bouleversent et en même temps
elles me font rire. Mais pas d'un rire moqueur. D'un rire qui relève
plus du ravissement à cause du rythme et du panache et de l'obstination.
Comme dans la vie: on peut très bien être bouleversé par quelqu'un, qui
en même temps vous fait vraiment rire.Ou à cause de ça. Ou enfin, bon.
"...Je comprends très bien, dit Dieu, qu'on fasse son examen de conscience.
C'est un excellent exercice. Il ne faut pas en abuser.
C'est même recommandé. C'est très bien.
Tout ce qui est recommandé est très bien.
Et même ce n'est pas seulement recommandé. C'est prescrit.
Par conséquent c'est très bien.
Mais enfin vous êtes dans votre lit. Qu'est ce que vous nommez votre examen de
conscience, faire votre examen de conscience.
Si c'est penser à toutes les bêtises que vous avez faites dans la journée, si c'est
vous rappeler toutes les bêtises que vous avez faites dans la journée
Avec un sentiment de repentance et je ne dirai peut-être pas de contrition,
Mais enfin avec un sentiment de pénitence que vous m'offrez, eh bien c'est bien.
Votre pénitence je l'accepte. Vous êtes des braves gens, des bons garçons.
Mais si c'est que vous voulez ressasser et ruminer la
nuit toutes les ingratitudes du jour,
Toutes les fièvres et toutes les amertumes du jour,
Et si c'est que vous voulez remâcher la nuit tous vos
aigres péchés du jour,
Vos fièvres aigres et vos regrets et vos repentirs
et vos remords plus aigres encore,
Et si c'est que vous voulez tenir un registre parfait
de vos péchés,
de toutes ces bêtises et de toutes ces sottises,
Non, laissez-moi tenir moi-même le livre du Jugement.
Vous y gagnerez peut-être encore;
Et si c'est que vous voulez compter, calculer, supputer comme un notaire
et comme un usurier et comme un publicain,
C'est à dire comme un collecteur d'impôts,
C'est- à dire comme celui qui ramasse les impôts,
laissez moi donc faire mon métier et ne faites pas
Des métiers qui n'ont pas à être faits.
Vos péchés sont-ils si précieux qu'il faille les cataloguer et les classer
Et les enregistrer et les aligner sur des tables de pierre
Et les graver et les compter et les calculer et les compulser
Et les compiler et les revoir et les repasser
Et les supputer et vous les imputer éternellement
Et les commémorer avec on ne sait quelle sorte de pièté.
Comme nous dans le ciel nous lions les gerbes éternelles,
Et les sacs de prière et les sacs de mérite
Et les sacs de vertu et les sacs de grâce dans nos impérissables greniers
Pauvres imitateurs, allez-vous à présent vous mêler, -
et imitateurs contraires, imitateurs à l'envers,-
Allez vous vous mettre à lier tous les soirs
Les misérables gerbes de vos affreux péchés de chaque jour.
Quand ce ne serait que pour les brûler, c'est encore trop.
Ils n'en valent même pas la peine.
Pas même de cela même.
Vous n'y pensez que trop, à vos péchés.
Vous feriez mieux d'y penser pour ne point les commetttre.
Pendant qu'il en est encore temps mon garçon,
pendant qu'ils ne sont point encore commis.
Vous feriez mieux d'y penser un peu plus alors.
Mais le soir ne liez point ces gerbes vaines. Depuis quand le laboureur
Fait-il des gerbes d'ivraie et de chiendent. On fait des gerbes de blé mon ami.
Ne dressez point ces comptes et ces nomenclatures.
C'est beaucoup d'orgueil.
C'est aussi beaucoup de traînasserie. et de paperasserie. Quand le pélérin,
quand l'hôte, quand le voyageur
A longtemps traîné dans la boue des chemins,
Avant de passer le seuil de l'église il s'essuie soigneusement les pieds,
avant d'entrer,
Parce qu'il est très propre.
Et il ne faut pas que la boue des chemins souille les dalles de l'église.
Mais une fois que c'est fait, une fois qu'il s'est essuyé les pieds avant d'entrer,
Une fois qu'il est entré il ne pense plus toujours à ses pieds,
Il ne regarde plus toujours si ses pieds sont bien essuyés.
Il n'a plus de coeur, il n'a plus de regard, il n'a plus de voix
Que pour cet autel où le corps de Jésus
Et le souvenir et l'attente du corps de Jésus
Brille éternellement.
Il suffit que la boue des chemins n'ait point passé le seuil du temple.
Bien soigneusement, bien proprement et n'en parlons plus.
On ne parle pas toujours de la boue. Ce n'est pas propre.
Transporter dans le temple la mémoire même et le souci de la boue
C'est encore transporter de la boue dans le temple.
Or il ne faut point que la boue passe le seuil de la porte.
Quand l'hôte arrive chez l'hôte qu'il s'essuie simplement les pieds avant
d'entrer
Qu'il entre propre et les pieds propres et qu'ensuite
Il ne pense pas toujours à ses pieds et à la boue de ses pieds.
Or vous êtes mes hôtes dit Dieu, et je vaux bien ce Dieu qui était le Dieu des hôtes.
Vous êtes mes hôtes et mes enfants qui venez dans mon temple
Vous êtes mes hôtes et mes enfants qui venez dans ma nuit.
Au seuil de mon temple, au seuil de ma nuit, essuyez-vous les pieds et qu'on
n'en parle plus.
Faites votre examen de conscience, mais que ce soit de vous essuyer les pieds.
Et nullement au contraire que ce ne soit pas
De transporter dans le temple les boues et le souvenir des boues du chemin
Et que ce ne soit pas de faire traîner sur le seuil auguste de ma nuit
Les traces, les marques des boues
De vos sales chemins de la journée.
Débarbouillez-vous le soir. C'est ça, faire votre examen de conscience. On
ne se débarbouille pas tout le temps.
Soyez comme ce pélerin qui prend de l'eau bénite en entrant dans l'église
et qui fait le signe de la croix. Ensuite il entre dans l'église.
Et il ne prend pas tout le temps de l'eau bénite...(...)"
Charles Péguy
Le mystère des Saints Innocents
pp25-30, édit. Gallimard de 1929, portant en exergue ces mots:
"Dilectissimis in intimo corde" et je ne sais pas traduire "dilectissimis", si quelqu'un sait?
= peut-être: le plus délicieux au plus profond du coeur?
"Le mystère des Saints Innocents" date de 1912, Péguy est mort au combat en 1914
19:47 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : charles péguy
"A la douce amie"
A la douce amie
Ca: badinons - J'ai ma cravache -
Prends ce mors, bijou d'acier gris;
- Tiens: ta dent joueuse le mâche...
En serrant un peu: tu souris...
- Han! ...C'est pour te faire la bouche...
- V'lan!...C'est pour chasser une mouche...
Veux-tu sentir te chatouiller
L'éperon, honneur de ma botte?...
- Et la Folle du logis trotte...-
Jouons à l'Amour-cavalier!
Porte-beau ta tête altière,
Laisse mes doigts dans ta crinière...
J'aime voir ton beau col ployer!...
Demain: je te donne un collier.
- Pourquoi regarder en arrière?...
Ce n'est rien: c'est une étrivière...
Une étrivière...et - je te tiens!
Et tu m'as aimé...- rosse, tiens!
Tristan Corbière
Raccrocs. Les Amours jaunes
11:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tristan corbière, à la douce amie
28.03.2009
"Vous y êtes attachés, vous n'en descendrez pas..."
"...Rancé a beaucoup écrit; ce qui domine chez lui est une haine passionnée de la vie; ce
qu'il y a d'inexplicable, ce qui serait horrible si ce n'était admirable, c'est la barrière
infranchissable qu'il a placée entre lui et ses lecteurs. Jamais un aveu; jamais il ne parle de
ce qu'il a fait, de ses erreurs, de son repentir. Il arrive devant le public sans daigner lui
apprendre qui il est; la créature ne vaut pas la peine qu'on s'explique devant elle: il
renferme en lui-même son histoire, qui lui retombe sur le coeur. Il enseigne aux hommes
une brutalité de conduite à garder envers les hommes: nulle pitié de leurs maux. Ne vous
plaignez pas, vous êtes faits pour les croix, vous y êtes attachés, vous n'en descendrez pas;
allez à la mort, tâchez seulement que votre patience vous fasse trouver quelque grâce aux
yeux de l' Eternel. Rien de plus désespérant que cette doctrine, mélange de stoïcisme et de
fatalité, qui n'est attendrie que par quelques accents de miséricorde qui s'échappent de la religion
chrétienne. On sent comment Rancé vit mourir tant de ses frères sans être ému, comment il
regardait le moindre soulagement offert aux souffarnces comme une insigne faiblesse et presque
comme un crime. Un évêque avait écrit à Rancé sur une abbesse qui avait besoin d'aller aux eaux,
l'abbé lui répond:
" Le mieux que nous puissions faire, quand nous voyons mourir les autres est de nous persuader qu'ils
ont fait un pas qu'il nous faut faire dans peu, qu'ils ont ouvert une porte qu'ils n'ont point refermée.
Les hommes partent de la main de Dieu, il les confie au monde pour peu de moments; lorsque
ces moments sont expirés, le monde n'a plus le droit de les retenir, il faut qu'il les rende. La mort
s'avance et l'on touche à l'éternité dans tous les instants de la vie. On vit pour mourir. Le dessein
de Dieu lorsqu'il nous donne la jouissance de la lumière est de nous en priver. On ne meurt qu'une fois,
on ne répare point par une seconde vie les égarements de la première: ce que l'on est à l'instant
de la mort, on l'est pour toujours".
Cette langue du XVIIeme siècle mettait à la disposition de l'écrivain, sans effort et sans recherche,
la force, la précisoin et la clarté, en laissant à l'écrivain la liberté du tour et le caractère de son
génie (...)"
Chateaubriand. La vie de Rancé. (folio, pp 225-216)
23:22 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, la vie de rancé, rancé, langue du xviieme siècle
De eventaillibus (2)
Eve, gênée dit-on, mais est-ce si sûr?!, par l'insistance du regard d'Adam après sa création,
coupa un rameau et s'éventa gracieusement, cette petite menteuse astucieuse, tout en
observant avec une vive curiosité les merveilles innombrables du paradis: le premier éventail
était né.
A ce moment- là du récit, les historiens chenus (je ne sais pas ce que ça veut dire? Vieux?)
disent d'un ton sans réplique, comme si la vérité sortait davantage de leur bouche que de celle
d'Eve ( ridicule prétention!) que cette histoire, charmante n'est ce pas, atteste (ils aiment le mot
"atteste") de l'ancienneté des éventails, et en parlant ils mettent "ancienneté des éventails" en
gras.
Eventails fixes, éventails pliants, il en existe tant!
Presqu'autant que de sujets d'indignation dans un billet de Solko! C'est dire!
Savez-vous qu'ils ont souvent été créés par des grands maîtres évantaillistes?
( Ah Jacques L. disait que les femmes cherchent un maître sur lequel régner, mais un
maître éventailliste, hein, quel must!)
Eventail du XVIIIeme aux peintures et aux inscriptions sur le thème de l'amour (Amour
conteur, Amour fidèle, Amour volage), éventail montrant Cléopâtre en promenade sur
le Nil, éventail décoré d' une partition de La Bohême, éventail Belle Epoque aux sirènes et
aux cygnes.....et même - le roi n'est pas mon cousin!- disent les plus avançés de nos grands
historiens un petit éventail ..."Cassandre des haricots" qu'ils l'ont appelé! oh non j'vous jure,
y en a qui ont de ces mots!
16:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
"Décourageux"
"Ce fut un vrai poète: Il n'avait pas de chant.
Mort, il aimait le jour et dédaigna de geindre.
Peintre: il aimait son art- Il oublia de peindre...
Il voyait trop- et voir est un aveuglement.
- Songe-creux: bien profond il resta dans son rêve;
Sans lui donnner la forme en baudruche qui crève,
Sans ouvrir le bonhomme et se chercher dedans.
- Pur héros de roman: il adorait la brune,
Sans voir s'elle était blonde...Il adorait la lune;
Mais il n'aima jamais- il n'avait pas le temps.-
- Chercheur infatigable: ici-bas où l'on rame,
Il regardait ramer, du haut de sa grande âme,
Fatigué de pitié pour ceux qui ramaient bien...
Mineur de la pensée: il touchait son front blême,
Pour gratter un bouton ou gratter le problème
Qui travaillait là- Faire rien.-
- Il parlait:" Oui, la Muse est stérile! elle est fille
D'amour, d'oisiveté, de prostitution;
Ne la déformez pas en ventre de famille
Que couvre un étalon pour la production!
"O vous tous qui gâchez, maçons de la pensée!
Vous tous que son caprice a touchés en amants,
Vanité, vanité- la folle nuit passée,
Vous l'affichez en charge aux yeux ronds des manants!
"Elle vous effleurait vous commme chats qu'on noie,
Vous avez accroché son aile ou son réseau,
Fiers d'avoir dans vos mains un bout de plume d'oie,
Ou des poils à gratter en forme de pinceau !"
- Il disait: "O naïf Océan!O fleurettes,
Ne sommes-nous pas là, sans peintres, ni poètes!...
Quel vitrier a peint! quel aveugle a chanté!...
Et quel vitrier chante en raclant sa palette,
"Ou quel aveugle a peint avec sa clarinette!
- Est-ce l'art?..."
- Lui resta dans le Sublime Bête
Noyer son orgueil vide et sa virginité.
Tristan Corbière
Raccrocs (Les Amours jaunes)
09:06 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27.03.2009
Le texto de la bergère
"Solko, Solko, t'es où?" (Solko, jâââââmais je ne me permettrais de vous tutoyer, c'est elle,la bergère qui vous envoie un texto, qui vous tutoie, l'effrontée)
13:59 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



