12.01.2009
Plat
C'est pour moi l'absolu de ce que mon regard peut voir, la seule chose que je peux voir vraiment,
la ville me rend dingue, je n'ai aucune envie de voyager nulle part, je ne veux pas partir au loin,
je me moque des lagons et l'idée d "escapades" me dégôute ,je voudrais trouver des mots qui
seraient comme ce qu'on voit sur cette photo, qui est nu, et ancestral et exactement ce que je
ressens. Tout serait enfin dans le bon sens des choses si quelqu'un comprenait ça, que ce que
j'espère c'est, sans discussion, sans baratin, ce plat là. Ce marron, ce beige, ce vert, ce ciel .
Quelqu'un qui ressentirait ça. Juste ça et ça en entier. Et enfin il n'y aurait plus besoin de parler.


Commentaires
Dans le coeur de Roland rendant l'âme à Roncevaux, c'était la "douce France". Et le parfum des blés lointains, consolant sa narine de la mort, j'imagine cela très bien. Moi, sans rire, à chaque fois que je vois un champ comme cela, je pense à tous ceux qui l'ont labouré de siècle en siècle, et dont je suis le rejeton décérébré, survolté et tragiquement replié sur lui-même dans ces non-lieux que sont les villes. Mais cela porte, un champ. Le souvenir d'un champ. Je pense au mot "sillon", au mot "ancêtres".
Ecrit par : solko | 12.01.2009
C'est cela ... cette image est déjà le silence ( mais un silence de pleine vie) . On aimerait y vivre en apesanteur. Merci , l'image est belle et ressourçante.
Ecrit par : Frasby | 12.01.2009
je vous ai comprise Sophie. Voilà ce que je ressens lorsque je rends visite à un ami dans l'Oise, exactement cela, cette platitude et cette solitude des champs. Et Solko évoquant Roncevaux associe vraiment l'image même de cette quiétude qui apprivoise déjà la mort.
La photo en même temps est étonnante, ces couleurs si dissemblables qui trouvent une harmonie loin des chartes de couleurs de nos pauvres feuilles de style...
Enfin désolé de m'étendre sur ce qui se suffit. Merci.
Ecrit par : Tang | 12.01.2009
J'aime beaucoup ce billet.
Ecrit par : Pascal Adam | 12.01.2009
A propos, mes gages ! mes gages !
Ecrit par : Jacques l'éventé | 13.01.2009
- Solko: un champ; des haies aussi; j'aime à la folie les haies
- Tanguy: oui; la quiétude qui précède la mort; mais moi je n'y vois pas la mort, la mort est partout ailleurs; les couleurs, oui
- Pascal: j'aime beaucoup que vous aimiez ce billet si c'est vrai que vous l'aimez beaucoup
- Jacques l'éventé: deux tours du pâté de maison à cloche-pied?
Ecrit par : La cantatrice chauve | 13.01.2009
Et merde! j'ai signé la cantatrice chauve! tout ça c'est de la faute de Solko! Bon, j'ai la flemme d'aller corriger,tant pis, de toutes façons on s'en contrefout non? Oui.
Ecrit par : La cantatrice chauve | 13.01.2009
Ma formulation était malheureuse Sophie, je n'y vois pas non plus la mort, disons que cela rend la perspective de disparaitre bien plus douce... C'est une chose qui m'intéresse déjà beaucoup, vieillir bien, dignement. Enfin je m'enfonce dans la confarfitude, pardonnez-moi à votre tour - permettez, je m'en vais ramasser un peu de bois dans le bosquet prochain...
Ecrit par : Tang | 13.01.2009
Tang: Mais qu'est-ce-que c'est que ce thème qui revient chez vous? De mourir dignement, tout ça...Vous êtes beaucoup trop jeune pour penser à ça! Allez donc ramasser du bois, oui, ou boire quelques bières! ça sera beaucoup mieux!
Ecrit par : Sophie L.L | 13.01.2009
Oh, je n'y pense pas pour moi, juste pour ce que j'écris ou veux écrire. On ne choisit pas vraiment les thèmes qui nous travaillent, en ce moment je ne peux pas imaginer écrire sans envisager le terme, parce que, enfin il y a toujours des raisons...
Mais je vais chercher un décapsuleur et je reviens...
Ecrit par : Tang | 13.01.2009
J'aime aussi beaucoup la cantatrice chauve.
Je parle de la pièce d'Ionesco, bien sûr.
Rien à voir avec vous.
Non mais.
Ecrit par : L'autre Eugène (dit l'oeuf) | 13.01.2009
- Tang: je vous ai répondu chez vous !!! !! (c'est pas comme chez d'autres où je n'ose plus mettre les pieds, suivez mon regard) Bonne nuit, mille baisers à votre décapsuleur. (PS: on ne "s'enfonce pas dans la confarfitude" comme on s'enfonce dans le péché, mince alors! la confarfitude n'est pas une faute! Ce que vous êtes judéo-chrétien, ma parole! La confarfitude c'est ..euh...je sais pas!
Ecrit par : Sophie L.L | 13.01.2009
- L'Autre Eugène: me feriez-vous "La leçon"?
Ecrit par : Sophie L.L | 13.01.2009
Tang, vous allez voir qu'elle va nous inventer je ne sais quelle "confarfitude positive".
Ecrit par : Pascal Adam | 13.01.2009
Si vous avez des "Chaises".
Ecrit par : L'autre Eugène | 13.01.2009
La Reine se meurt (d'amour, de rire, de sommeil etc). Je vous embrasse. Bonne nuit!
Ecrit par : Sophie L.L | 13.01.2009
Cela devient labyrinthique (là ça va je ne suis pas trop judéo-chrétien, je fais attention où je mets mes pieds, après on va encore dire que je m'enfonce dans le péché de gourmandise avec tous ces gâteaux, cette cuisine rêvée...
La confarfitude peut-elle se caresser? Ce serait beuacoup mieux, je m'en vais caresser la confarfitude un peu plus loin.
Mon ami décapsuleur vous salue bien - je l'ai vu rougir, il prétend que c'est l'effort tandis qu'il décapsulait ma karmeliett triple. Nous n'en saurons rien.
Ecrit par : Le tire-bouchon | 13.01.2009
@ Sophie L.L : Je voudrais bien ne rien dire, pourtant j'essaie de comprendre ce qui se passe dans ce champ et il me faut parler avec vous un moment. Dans cette photo. Il y a le plat, bien sûr. La paille brune et puis derrière la trace blonde que fait le soleil avant d'atteindre le bosquet. Il y a un orage qui passe là-haut. Rapidement. Les arbres sont penchés aussi, ce sont des abords d'une forêt un peu effrayants. Non pas qu'on puisse s'y perdre vraiment. Mais ils sont hostiles et impénétrables ces jeunes feuillus. Le plat, que ce soit dans les champs ou dans les forêts, ne me dit rien qui vaille. On marche, on marche, on avance et jamais on ne dispose d'un point de vue. Pas un promontoire, ni un petit escarpement qui soudain nous permettrait de voir d'où l'on est venu, où l'on va. C'est vrai. Le plat m'effraie. Et les humains qui vivent dans le plat ont l'habitude, ici du moins, de raser tout autour, tout ce qui bouche la vue. Peut-être pour voir plus loin. Peut-être par désœuvrement. Peut-être parce que c'est facile de faire avancer la machine quand il n'y a pas d'autres obstacles que des arbres, des ronces et des cailloux.
Là-bas, dans les collines qu'on ne voit pas ici, mais d'où l'on peut voir ce plat, je serais calmement en train d'observer l'orage qui passe au loin.
Ecrit par : Marc | 13.01.2009
Alors là oui ! Tout à fait ! C'est là que je me sens, que je vis. Etrangement, c'est quelque chose que je n'ai jamais su partager, il faut que je sois seul pour ressentir tout ça, toute cette vie qui coule là-dedans. Une présence autre parasite invariablement ce calme intérieur... Allez comprendre !
Ecrit par : uhsn | 13.01.2009
-Tire-bouchon (c'est la première fois que je parle à un tire-bouchon! ça vaut le coup de vivre!): la confarfitude peut-elle se caresser? Voilà une question majeure! je vous remercie de l'avoir posée!!!
- Marc: je comprends ce que vous voulez dire. mais comme je connais comme ma poche cet endroit photographié, je sais que derrière ces haies il n'y a pas de forêt effrayante mais un petit bois de rien du tout, avec juste des biches qu'on peut voir tôt le matin, et des mûres! En fait, ce n'était pas tant ce qu'on voit dont je voulais parler, que des mots, et de la platitude dans le sens beau ..de la platitude. Mais je n'ai pas bien su l'expliquer, je re-essaierai un de ces quatre.
Ecrit par : Sophie L.L | 13.01.2009
- Uhsn:merci beaucoup d'être venu jusqu'ici, merci aussi pour votre commentaire. C'est exactement ça: "toute la vie qui coule dedans". A bientôt.
Ecrit par : Sophie L.L | 13.01.2009
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