31.12.2008

Douze coups de minuit

Minuit sous le gui:

- Fénelon: Mes très chers, savez-vous que le réveillon c'est en peinture l'artifice

qui a pour but de rompre la monotonie des coloris par la scintillation de quelque

point brillant de lumière et de couleur?

- Alfred: monotonie? bien dit! ce que je m'emmerde ce soir!

- Albert: c'est que je n'y entends rien moi,  en peinture. En tout cas, bonne année, bonne année!

- Honoré: Fénelon mon gars, sois sympa, arrête deux minutes tes pédanteries

- George: euh, mais...on s'embrasse pas? on s'embrasse pas? (elle trépigne)

- Fénelon (à part): plutôt crever que l'embrasser! hystérique va!

- Alfred (qui a entendu): à qui le dis-tu!

- Gustave:on pourrait ouvrir les fenêtres? j'étouffe...je me sens mal

- Jacques:hé ho tous, prenez-en de la graine! je l'ai déjà dit:l'amour est comique. L'amour,

nous ne le percevons plus qu'à travers toutes sortes de parois qui l'étouffent, de parois

romantiques, alors que l'amour est un ressort essentiellement comique. Les gens ne trouvent

presque plus compatible le comique avec l'expression authentique et submergeante de

l'amour comme tel. Pourtant l'amour est comique quand c'est l'amour le plus authentiquement

amour qui se déclare et se manifeste! C'est là que les douze coups de minuit font sens, mes amis!

Alors alors?

- l'autre Jacques: alors tu nous les casses c'est tout! Circule!

- l'Autre Jacques: ben pour une fois qu'il dit peut-être pas une connerie!

- Marcel: et la poularde demi-deuil on l'attaque?

- George: on l'attaque! A l'attaque!

- Fénelon: quels porcs! Je sors (il sort)

Il est sorti. Et il a sonné, le douzième coup de minuit.

"ephémère masculin" (rectificatif)

Il s'agit:

1/ d'une expression - charmante - appartenant à Pascal Adam

2/ d'un brouillon de billet que j'avais l'intention d'écrire, mais le billet a surgi sur l'écran à mon insu tandis que mon ordinateur expirait

3/ je ne peux plus pour l'instant écrire ce billet

4/ je présente mes excuses à Pascal Adam, pour ce qui a été une usurpation involontaire d'expression

(ça existe ça?) j'espère qu'il s'en fout. Je pense. Mais j'en sais rien.

Oups

Aïe, je finis l'année de l'éventail d'une façon confarfe avec + de conf que de farf: je pose

en effet mes mains (diaphanes) sur un clavier autre que le mien -n'ayant pas encore de

remplaçant à feu mon ordinateur- et je m'aperçois avec horreur que les brouillons de

billets etc, que j'avais "rangés" au 31 décembre, le 31 me semblant loin, et n'ayant

bien sûr pas pensé que mon ordinateur allait partir aux îles marquises acheter des

cigarettes, ont sauté s'installer sans se gêner sur l'écran!

Bref, ces billets sont apparus et en plus, commentés!  arg, l'éventail m'échappe, l'éventail se

venge, l'éventail fait comme le petit bonhomme de pain d'épice de roule galette posé sur le

rebord de la fenêtre. Bon, je vais voir ça de plus près. En attendant, je suis toute rouge!

 

Dédié à Jeanne d'Arc

Plus sur l'écran les voix, celles que je ne connais pas, se font singulières, se différencient,

plus je reconnais une syntaxe, une tournure de phrase, un ton, plus je devine une réaction,

ou d'ailleurs plus je me trompe, plus je suis aussi surprise parfois, mais pour être surpris il

faut ne pas l'être toujours!, plus donc les voix de ceux -et celles- soit qui commentent ici,

soit qui écrivent ailleurs, ou les deux, s'entendent à mes oreilles de façon plus fine, plus douce,

plus précise, comme des silhouettes sortant peu à peu de l'ombre, et plus...

 

...et plus vos vraies voix à tous, vous dans l'obscurité derrière les écrans, me manquent terriblement,

voilà. Pourtant au début,  parler -sans corps- à ceux qu'on ne connait pas est très attirant.

Ensuite, ensuite, maintenant, c'est quand même pas très catholique! Le corps revient,

le mien en tous cas, ou le diable?! qui ne cesse pas d'appeler yeux, bras, jambes, et

surtout voix, voix, voix.

Même fin d'année 1852

Lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet (lettre 173)

19 décembre 1852

 

...Je te renvoie les Lamartine. Qu'est-ce-que tu veux que je fasse de toutes ces

ordures-là, je n'ai pas le temps de lire les grands, à plus forte raison les petits.

Qu'apprend-on dans ce ramassis de publications quotidiennes? - C'est comme les

feuilletons de l'ami Théo, je ne le croyais pas tombé si bas. Il ne se gênerait pas,

lui, pour mettre des douleurs d'airain qui marchent et des ennivrements qui haussent.

J'ai jeté les yeux sur ses deux feuilletons, j'y ai vu des échantillons qui fourmillent,

une quantité de pittoresques, d'admirablement, etc. Il râle, ce pauvre garçon. Personne

ne peut résister à l'exutoire de la publication quotidienne. Toute force s'épuise quand

on ne la ménage pas. Pour faire du beurre on bat la crème à tour de bras, et pour

avoir la crème, on laisse au lait le temps de se prendre.-

Alors, pas de chagrin, pas de découragement, ma vieille. Tu es dans notre compagnie.

Il faut se soumettre à notre régime. C'est-à-dire avoir une rage froide et permanente.

Je ne t'envoie pas mon voyage.- Pense plutôt à l'Acropole, il en est temps. Tu ne mets pas

assez d'intervalles entre ta conception et ta plume. Je t'enverrai ton buvard la première

fois que j'irai à Rouen. - Soigne-toi bien, attends pour travailler que tu sois complètement

guérie. Mais tu ferais bien de consulter quelqu'un, voilà longtemps que tu te plains de

douleur au coeur. As-tu encore des vomissements?

Adieu, je t'embrasse bien.

Ton Gustave

 

Ah Jacques! quand j'y pense, des fois

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"La vie dans une boîte d'allumettes"

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"La vie dans une boîte d'allumettes" c'est  le 7eme ou 8eme roman de Fatos Kongoli, un écrivain

albanais (paru il y a un an à Tirana, ce nouveau titre vient d'être traduit aux éditions Rivages)

" Dans notre petit pays, dit-il, nous avons vécu un demi-siècle oubliés et rangés comme des

allumettes. Les appartements eux-même étaient grands comme des boîtes d'allumettes.

Quand est venue l'interminable transition économique et démocratique de l'après- Hoxha, tout

s'est dilaté. Mais il n'y avait pas plus de principes dans la transition que dans le communisme:

une allumette a vite fait de s'enflammer, de charboner, se racornir. En plus, nous conservons

toujours dans la tête notre vieille petite boîte, même après avoir fait long feu (...)

Avant la fin de la dictature en 1992, nous n'avions tous qu'à boire et bavarder de projets fumeux

(...) Que faire d'autre que lire, lire et encore lire, prendre des pots ou se perdre dans la désolation

brumeuse des amours? (...) Dostoievski a écrit "Souvenirs de la maison des morts". Je ne vais pas

me hausser du col.

"Souvenirs de la boîte d'allumettes", ça me convient mieux".

30.12.2008

Je vous embrasse tous

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 Je n'écris pas sur mon ordinateur, le mien a

rendu l'âme hier, il ne connaîtra pas

le prometteur (je rigole!) 2009. J'espère

trouver un remplaçant rapido presto.

Je vous embrasse, tous, tous.

 

 

29.12.2008

2008: quelle belle année! (l'heure des bilans a sonné)

Janvier: le 7, Fénelon est mort à Cambrai, je ne porte pas le deuil longtemps, dès le 10

il sonne chez moi, et m'apporte délicatement un  boa en cygne rose que je suis un peu

obligée de porter autour du cou (il gratte) quand nous dinons en ville. Jacques, toujours

gracieux, qui a fondé l'Ecole de la Cause Freudienne ce même mois de janvier m'a dit:

"Et en plus, il est moche" (le boa)

 

Février: le 12, Alfred a été élu à l'Académie Française; il adore, sauf "supporter ce raseur

d'Erik Orsenna". Ah ben tant pis pour lui! Donc je lui ai dit: "Alfred, tu l'as bien cherché,

maintenant faut assumer!" Sa hantise c'est aussi que Noël Mamère le repère, à cause de

l'habit vert. C'est que du souci, d'être à l'Académie.

 

Mars: le 14, Honoré a épousé Madame Hanska, je suis ravie, enfin l'amour triomphe.

Chut, laissons-les s'aimer.

 

Avril: le 1er, exquis poisson, Albert, sacré farceur,  est né. Le 8, François-René a embarqué

pour l'Amérique, ce snob ne prend jamais l'avion depuis que le Concorde ne vole plus. Il prétend

qu'il n'a aucune chance de rencontrer Naomi Campbell sur un vol ordinaire, seulement des Atala

ou des René en tong et survêtements marqués I love New York ou Yes we can , donc ça l'intéresse

pas. François-René mon grand, fais attention, le monde a changé.

 

Mai: chic, Gustave est rentré de son voyage en Orient.On va pouvoir reprendre nos parties de

scrabble (endiablées)

 

Juin: le 16, Jacques qui participe au Veme symposium international sur Joyce, a prononcé

une  célèbre (et courte!) et très inspirée  allocution "Joyce le symptôme", en hommage à

celui qu'il considère comme un génie. Depuis, il estime acquis de se resservir 3 fois

de charlotte au chocolat et se montre exécrable avec ses camarades. Un bien mauvais exemple.

A méditer.

 

Juillet: tout le monde part en colonie de vacances

 

Août: l'éventail a vu le jour, le sort de l'humanité en sera changé. Mais pas celui de "l'Humanité"

( 532ème souscription). Ceci dit, c'est aussi un peu la fin des haricots. On sait pas. C'est brouillon

tout ça.

 

Septembre: comme tous les écoliers, Victor reprend le chemin de l'école et écrit quelques

sublimes Contemplations respectant le programme, maths, grammaire, etc:

"Marquis, je m'en souviens, vous veniez chez ma mère.

Vous me faisiez parfois réciter ma grammaire;

Vous m'apportiez toujours quelque bonbon exquis;

Et nous étions cousins quand on était marquis.

Vous étiez vieux j'étais enfant;...."

 

Octobre: le 7, Bob, le cousin de Robert Louis Stevenson vient habiter chez sa famille et devient

un merveilleux compagnon de jeux pour lui. Ensemble ils inventent mille histoires, portent des

lanternes, chassent des trésors, montent sur un âne, font les foufous.

 

Novembre: le 9, Jacques-Bénigne écrit son "Sermon sur l'Unité de l'Eglise". L'impact est immédiat:

numéro 1 des ventes à la fnac et chez virgin. Ce succés tapageur lui monte à la tête, ça ne lui

suffit pas, il cherche querelle à Fénelon, il se conduit comme un con. (je ne lui pardonnerai jamais

de toute façon)

 

Décembre: le 12, George est partie avec Alfred à Venise, je leur ai dit: "c'est ballot: à Noël tous les

hôtels vont être complets". "Bah, a dit George, n'importe quoi plutôt que se farcir le réveillon avec

mes beaux-parents" .Encore un bel exemple pour la jeunesse, tiens.

 

(tous les jours de l'année sont exacts.Dingue, non?  L'éventail montre ainsi son indiscutable sérieux

scientifique. A l'heure où tous les repères s'effondrent)

En exclusivité mondiale

 

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" Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières,
Grossissant les ruisseaux en ont fait des rivières" (Boileau)

J'aime cette rivière, celle qui coule "en bas". Ici, vue du moulin à roue qui appartenait

au grand-père du mien.

Mais j'ai aussi une passion pour les gouttières.                                                                                                                            '

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