28.12.2008
Saintes
Pour Tanguy, qui aujourd'hui ici dans un commentaire, a parlé de Saintes,
"où est son coeur, mais ailleurs aussi" !
De Saintes je ne connais que l'été, les jardins des petites maisons basses,
pleins de roses trémières, l'abbaye aux Dames, les concerts qui y sont donnés
au début de juillet - écouter Bach à Saintes dans cette église-là, celle juste à côté
de l'abbaye aux Dames, qui s'appelle et c'est si beau: Sainte- Eutrope, au tout début
du mois de juillet - relève du bonheur et de la douceur sur terre, l'arc de
triomphe, la charente incroyablement large, l'idée des inondations, la petite gare
très loin de la ville, qui permet d'arriver tranquillement en mettant un peu de temps,
à pied, dans la ville.
Et pas loin, l'amphithéâtre immense qui pouvait accueillir je crois au moins dix mille
personnes -dix mille personnes! - car Saintes c'est Rome ! avec même des thermes
romains, et aussi des rues calmes, la pensée que la mer n'est pas loin, la blancheur
de cette pierre.
De Saintes la première fois, je garde le souvenir d' une jeune femme très belle, brune,
qui chantait "Le lendemain, elle était souriante", une chanson du répertoire des
années 30 -je crois- avec des amis à elle, dans le grenier, aux poutres magnifiques,
d'un bâtiment qui se trouvait dans la cour de l'abbaye.
Elle s'est avancée dans la cour de l'abbaye aux Dames et je lui ai présenté mes enfants,
qui étaient alors encore petits.
Elle était - elle est toujours- très belle et c'est pour l'écouter chanter que nous étions venus
à Saintes.
On a tous remarqué ça: quand on vit certains instants, on ne sait pas sur le moment qu'on ne
les oubliera jamais, ces instants, sans d'ailleurs bien savoir pourquoi. Mais c'est comme ça, on
en oublie tant, et certains restent là. A jamais.
Et à jamais, ça aussi on l'a tous remarqué, ils restent attachés à un lieu précis, transformés en
une fraction de seconde: l'instant se condense hop exactement.
Et là, c'est le crissement du gravier blanc sous les pieds de cette femme splendide qui s'avance vers
moi, ses cheveux noirs brillants, son sourire éblouissant, et la chair de la main de chacun de mes
enfants dans chacune de mes mains.
02:10 Publié dans Je sais pas quoi | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : saintes, clementine, rome


Commentaires
Merci beaucoup Sophie, du coeur... de Saintes. Et d'ailleurs. J'espère être plus loquace d'ici peu. Du moins plus présent. Mais déjà: oui c'est Saintes, comme je l'aime en été... Je l'aime aussi à l'automne, beaucoup: c'est sa saison, avec l'été brûlant et doux à la fois, lumineux et la Charente profonde malgré toute cette lumire...
Mer-ci!
J'aurais aimé écouté votre chanteuse brune... Oui beaucoup.
Écrit par : Tang | 28.12.2008
- Tang, j'espère qu'elle va lire ce billet, je ne sais pas bien comment lui dire combien elle compte pour moi, elle m'intimide!
Écrit par : Sophie L.L | 29.12.2008
Ah mon Dieu: j'aurais aimé écouteR bien sûr...
J'espère qu'elle le lira car c'est un beau billet (mais enfin la timidité je ne trouve rarement cela malvenu...)
Écrit par : Tang | 29.12.2008
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