12.12.2008

Genre de petite marchande aux allumettes

matriochka.jpg

Bon, j'ai déjà parlé de mon amour, ô combien coupable ! des mac do, - à

condition qu'ils soient bien minables-, je n'aime pas les mac do clinquants,

parlé hier de cette grande roue à Lille, et tout à l'heure il s'est passé le même

truc à la tombée de la nuit avec ce marché de noël saugrenu, en plein parvis

glacial de La Défense.

Je sortais d'un gratte-ciel, je tombe sur ce marché avec des gaufres dans

le froid, des marchands frigorifiés.

Il y a de la douceur maintenant dans ces endroits que je fuyais.

Il y a de la grâce qui me tombe dessus, va savoir pourquoi, dans ces endroits-là.

C'est comme quand on a le mal de mer et on arrête à un moment de lutter contre les vagues

et on n'a plus le mal de mer.

Comme si j'avais besoin d'aller quand je suis très fatiguée, seule, dans la fatigue des autres.

De mélanger mon épuisement aux autres épuisements- comme ce jour il y a quelques mois sur

un banc à Vincennes.

Un jeune homme est sorti de son stand, est venu vers moi, et a mis dans ma main glacée une

minuscule matriochka rouge, il avait un accent russe, peut-être plutôt polonais,  à couper au couteau.

Il a dit que c'était pour moi.

Je serais partie au bout du monde avec lui.

Si on referme ma main sur une noix, ou une toute petite matriochka, ou un escargot vivant,

ou une plume, ou n'importe quoi, ça me fait cet effet-là.

 

 

Commentaires

1001ème post sur mon blog que je t'invite à venir voir!

Écrit par : eelsoliver | 12.12.2008

Vous devenez rimbaldienne !

Écrit par : solko | 12.12.2008

Je l'aimais mieux tout à l'heure, votre billet. Surtout sa fin, pas sa toute fin, quand vous ne disiez pas "être illico tombée amoureuse" du gars russe ou polak... mais quand vous causiez de "partir" ou quelque chose comme ça. Mais bon. C'est très touchant quand même, quoique peu confarfe.

Écrit par : Pascal Adam | 12.12.2008

- Pascal: ouais, je corrige toujours connement, ça m'énerve, moi aussi je préférais "partir au bout du monde". A tous égards en plus.

Écrit par : Sophie L.L | 12.12.2008

- Eelsoliver: j'ai lu ton 1001ème billet, merci pour ton gentil mot; dis donc t'as de la chance car d'habitude quand on me demande les choses en me forçant un peu la main, ça me fait fuir!Ah la la c'est bien parce que c'est toi! mais que je ne t'y reprenne plus!!! Allez je t'embrasse!

Écrit par : Sophie L.L | 12.12.2008

- Solko: hum hum kesskisskache là-dessous???!!! qu'est ce que vous voulez dire? Je sens un truc qui va pas me faire plaisir! bah je le sais qu'il est neuneu ce billet. J'ai eu envie de l'enlever comme tant d'autres mais pfff, "pulsion de soustraction" vous aviez rigolé! j'essaie de pas m'occuper d'elle (la pulsion! enfin, celle-là!)

Écrit par : Sophie L.L | 13.12.2008

Vous, on vous dit: Rimbaud, vous comprenez: neuneu. Soit dit sans vouloir répondre à la place de Solko...
Du coup, vous avez retiré la photo avec le titre sur malentendu et malentendant. C'est pas mal. Beau score.
Alors qu'il a tout de même écrit deux ou trois trucs pas mal, Rimbaud, même si l'ensemble est surévalué, comme dit mon antiquaire.

Écrit par : Pascal Adam | 13.12.2008

Pourquoi voulez vous que les choses soient toujours pensées en terme de vacheries ou de compliments ? votre goût pour les mac do, les marchés de noel, votre envie de vous laisser aller dans la fatigue des autres, de dériver parmi des formes à présent populaires m'a donc fait, de loin, penser à ça, très exactement : "J'aimais les peintures idiotes, dessus des portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires" A quoi on pourrait rajouter la suite : " la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs. " Mais c'est à la première phrase que votre texte m'a confusément (confarfement) fait penser. Voilà tout.

Écrit par : solko | 13.12.2008

Pourquoi? Mais pardi, parce que je suis trop attachée au jugement d'autrui. Parce que tout se voit de mes faiblesses quand l'éventail se déplie. Parce que j'ai besoin qu'on m'aime. Parce que je ne suis pas une dissimulatrice et laisse donc ces faiblesses se voir.Parce que je ne me sens pas à la hauteur.Parce que ce n'est pas un secret. Mais ça serait bien que je change d'angle en effet: ça serait reposant pour les autres. Merci en vrai.

Écrit par : Sophie L.L | 13.12.2008

J'aime beaucoup quand vous allez seule dans la fatigue des autres, et ces voyages que vous nous faites partager , vous auriez eu tort de nous priver de ce billet
Quant à la fin elle est subtilement sereine délicatement érotique ... Cette main refermée sur une noix ...

Écrit par : frasby | 15.12.2008

Très joli.

Écrit par : tanguy (insomniaque) | 02.08.2009

- Tanguy: merci pour ce retour au 12 décembre, et au parvis de La Défense...que j'aime en effet beaucoup!

Écrit par : Sophie L.L | 03.08.2009

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