30.11.2008

Sous la nappe

 

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Comment dire cela? Comment exprimer mon malaise?

Je crois que c'est dans les mac do pourris que je me sens le mieux,

là où je pourrais passer la serpillière au milieu de ceux qui mangent

et où ceux qui passent la serpillière rient et parlent exactement

comme tous ceux qui sont là, qui eux-même parlent à la fille ou

au gars qui passe la serpillière entre les chaises.

Ils honnissent les mac do (comme si leur haine était productive de quelque

chose !) ceux qui  mourraient d'y mettre les pieds, pauvres petits qui n'aiment

pas la pauvreté. (Ou le ketchup, moi non plus d'ailleurs !)

Dégueu en général ce qu'on y mange, d'accord. (Quoique les frites...même si

elles ne valent pas les miennes!). Mais ailleurs, trop de choses, vraiment

trop de choses,  me restent sur l'estomac.

Ainsi, manger avec un homme vers qui tout (ou rien d'ailleurs, or le désir mystérieux),

vous pousse, tue l'amour - je trouve- dans un restaurant aux chandelles, aussi sûrement

que si cet homme était pourvu d' une voix de crécelle, d' une american express, ou d'un

coeur en sac poubelle. (ou les trois!)

Bien sûr  je mange souvent dans des restaurants "normaux"; mais de plus en plus j'y

éprouve ma lâcheté. Et cette lâcheté je l'espère, va bientôt me lacher.

C'est que "Mac Do, quelle horreur,  c'est l'usine" dit-on. Ben justement: dans les usines, la

force syndicale a arraché des conventions d'entreprise beaucoup plus favorables que dans les

petits établissements où, protégés par personne, les employés soumis aux heures supplémentaires

obligatoires non déclarées et... non payées, font le bonheur du patron et de la patronne si

sympathiques aux aveugles.

Hypocrisie, ou  angélisme, que ces louanges aux "indépendants" et au "made in france" !

Enfin donc voilà, j'ai un problème: sous la nappe, damassée et immaculée ou à carreaux rouges

et blancs , il y a toujours un patron, et pour prendre la commande quelqu'un qui travaille pour enrichir

ce patron.

C'est terriblement embêtant.

Car j'adore aller au restaurant.

 

 

 

 

Commentaires

Vous avez "cleané" même le titre, depuis hier...

Ecrit par : Pascal Adam | 30.11.2008

@ Pascal Adam: bon sang, vous l'avez vu? je ne croyais pas avoir fait apparaitre ce billet; -dont je suis très mécontente, que je n'arrive pas à écrire, et que je me suis prise à changer en effet plusieurs fois. Je me maudis. Je suis très mal à l'aise avec ce billet!. Pourquoi je veux écrire sur ce sujet? pourquoi j'ai comme vous dites "cleané" le titre, pourquoi avoir abandonné cette serpillière qui était la seule idée que je voulais vraiment dire alors que j'y ai associé d'autres choses, je m'en veux, je vais le refaire, je ne suis pas du contente de moi.

Ecrit par : Sophie L.L | 30.11.2008

Pourquoi ne pas être contente de vous? Vos textes, abondants, vont et viennent et parfois, il est important d'être moins satisfait d'un car cela met en relief les autres. Pour ma part, j'apprécie ce texte, cette idée assez paradoxale mais pourtant infiniment vrai d'un "malaise". Que peut-on faire au resto à part manger et attendre l'addition? On parle, on est mal vu, on est épié en permanence etc Dans les trucs plus rapides, ou certes, c'est dégeulasse, la fonction sociale est beaucoup plus importante. Après si on "s'invite" au resto, est-ce pour prouver à l'autre que notre american express a la classe? ou est-ce pour communiquer? Rien ne vaut un bon repas préparé à DOMICILE! (voir livré :)

Ecrit par : Léopold | 01.12.2008

@Léopold: merci d'avoir commenté ce billet qui malgré votre gentillesse me met toujours aussi mal à l'aise! en tous cas, sur le repas à la maison j'aime trop faire la cuisine pour vous dire le contraire!

Ecrit par : Sophie L.L | 01.12.2008

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