09.11.2008
Ce qui rend heureux
Albert, Alfred, Alphonse, Fénelon et George, discutent sous la tonnelle un soir d'été, c'est la fin du diner.
- Mais qu'est-ce qui vous rend heureux, vous? demande Albert
- Et toi? demande George
- Oh moi, vous ici, le vent dans les bambous,vos assiettes vides, nos verres pleins, les chauve-souris qui passent,
les cheveux noués de George, le rire de Fénelon, la moue d'Alfred,et la tête que tu fais en ce moment Alphonse!
- Le bruit de ce qui tombe sur la route du genre humain, répond Alphonse
- Charrie pas! dit Alfred
- Si! Les robes, les toges, les turbans, les tuniques, les spectres, les glaives, les faisceaux, les symboles vermoulus qui
fondent sous nos mains!
- Les champignons, les fleurs, les pierres, les papillons...euh non, une poëlée de cèpes tous ensemble cet automne à Nohant,
propose George.
- Etre vivant ici avec vous, répond Fénelon ému (une larme coule sur sa joue)
- Et toi Alfred, tu n'as rien dit? demandent-ils tous en se tournant vers Musset
- Heureux, dit Alfred, mais comment vous répondre? Ayant été atteint jeune encore, d'une maladie morale abominable, je vais
vous raconter à quelle occasion je fus pris de la maladie du siècle...J'étais à table...
- Oh Alfred tu nous l'as déjà fait! s'impatiente George.
- Laisse-le, dit Albert. C'est quand il se confesse que cet enfant est heureux...
15:21 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : musset, fénelon, george sand



Commentaires
Belle formule d'Albert !!. Beau texte que cette première partie de la Confession. On n'en retient trop que des généralités. C'est une brillante analyse sur du très long terme. Je cite : "Mais si le pauvre, ayant bien compris une fois que les prêtres le trompent, que les riches le dérobent, que tous les hommes ont le même droit, et que sa misère est impie: si le pauvre, croyant à lui et à ses deux bras pour toute croyance s'est dit un beau jour : Guerre au riche ! à moi aussi la jouissance ici-bas, puisqu'il n'y en a pas d'autres ! à moi la terre, puisque le ciel est vide ! à moi et à tous, puisque tous sont égaux ! ô raisonneurs sublimes qui l'avez mené là, que lui direz-vous, s'il est vaincu ?"
Bravo Musset et merci Sophie.
Ecrit par : solko | 09.11.2008
PS : J'étais passé chez vous ce matin, il me semble y avoir vu un sentier et un forêt. Avais-je bu du soma ?
Ecrit par : solko | 09.11.2008
@ Solko: beaucoup trop de soma pour un dimanche! jamais eu ici de sentier, ni de forêt! Ben si, bien sûr, il y avait ça, et puis pulsion de la soustraction, hop envolé, et d'autres billets aussi en même temps...Toujours la crainte qui récidive, de l'exposition...Vite, vite, au secours la théorie! mais j'ignore laquelle, comment, tout ça....
Ecrit par : Sophie L.L | 10.11.2008
J'avais quelques idées mais je pense à ces gens des îles lointaines qui ne travaillaient que pour manger sans avoir d'autres soucis de pouvoir ou de richesse. Il s'agit des îles du Pacifique, décimées en à peine 50 ans d'occupation.
JMG Le Clezio en parle très bien dans un de ses récents livrs "Rana".
Ecrit par : Jo | 10.11.2008
Pulsion de soustraction ! Ca alors... Vous avez trop invité Jacques chez vous ces derniers temps, c'est pour ça...
Ecrit par : solko | 10.11.2008
@ Solko: oui, peut-être:même quand j'essaie d'espacer ses visites, c'est toujours le retour du refoulé!
Ecrit par : Sophie L.L | 11.11.2008
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