31.08.2008
Un cavalier qui surgit de la nuit
C'est indéniable: j'offre un spectacle pitoyable aux paparazzi.
Ils sont cachés dans le jardin. Ils guettent qui passera ma porte.
Qui viendra donc me consoler, Fénelon? Alphonse?
Alfred? Gustave? Ophélie Winter?
Ah, pitoyables, les boules de kleenex pleines de larmes semées partout
dans le champ de haricots.
-bientôt, un champ de coton...
Pitoyables, hautement pitoyables, les textos lamentables que j'envoie,
contre toute raison, à l'impétrant, l' ex-galant, qui j'en suis sûre pendant ce temps
regarde le foot vautré sur son divan.
Pitoyables, mes espoirs ridicules:il me regrette sûrement!/ il prépare une surprise,
"Marquise, fais tes valises, on s'en va à venise"!, il m'appellera demain, après ce beau
lapin....
Je le vois manger la moquette tant le remords l'étouffe, se tordre de douleur, vomir tout son
diner, avoir une grosse diarrhée, mourir aux cabinets, moi courir aux urgences, mes rubans
dans le vent, arriver juste à temps pour son dernier soupir, enfin lui pardonner, et surtout
l'embrasser.
Et puis l'instant d'après, c'est moi qui veux mourir. Si seulement j'étais sûre qu'il vienne à mon
enterrement, avec ses belles chaussures!
"Du cran, du cran" m'enjoint Madame Ducran, frasbizienne en diable.
" Musique, musique" lance Monsieur Aux-Bois, un brin je crois narquois.
C'est alors qu'il arrive, tel un cavalier surgi de la nuit. Par où est-il entré? Nul ne l'a vu venir.
Au début il murmure:"Il t'est donc permis de cesser de vivre? Je voudrais bien savoir si tu as
commençé. Quoi, fus-tu plaçée sur terre pour n'y rien faire?", puis il insiste. Il a jeté tous les kleenex
à la poubelle, il a sorti une bière du frigidaire.Il s'approche très près de moi.
-"Je souffre", me dis-tu, dit-il.
- Ah oui, il m'a poignardée, il m'a tuée cet homard.
- "Ecoute- moi jeune insensée: tu m'es chère, j'ai pitié de tes erreurs. Viens que je t'apprenne
à aimer la vie"
- Monsieur, monsieur quoi?
- Jean-Jacques, Madame, votre promeneur solitaire ,s'incline-t-il.
(Il a les tempes argentées, est-il un peu argenté? Il a l'air délicat, mais comme tout le monde il fait caca.
Vous le voyez: quelques pensées profondes m'agitent).
- Jean-Jacques, vous êtes un chou (j'ai des tics de langage)
- Diantre, écoute-moi jeune fille; permets-tu que je t'appelle "ma nouvelle Héloïse"?
(il est trop gentil çui-ci!)
- Ecoute-moi bien:" Chaque fois que tu seras tentée de mourir(...) va chercher quelque indigent
à secourir, quelque infortuné à consoler, quelque opprimé à défendre. Si cette considération
te retient aujourd'hui, elle te retiendra encore demain, après demain, toute ta vie.
Si elle ne te retient pas, meurs; tu n'es qu'une méchante"
- Oh! Jean-Jacques, d'accord, partons diner ensemble, c'est que depuis hier j'ai faim.
- En route, me dit Jean-Jacques.Si on voit une boîte à lettres faites-moi juste penser à poster
un courrier.Une lettre à d'Alembert.N'oubliez pas vos clés. Et bordel du ciel, arrêtez 2
minutes de renifler.
(Je crois que ça y est, je suis pas fan des prénoms composés, mais je l'aime, je l'aime, je l'aime)
22:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
30.08.2008
L'auberge de l'ange gardien
Marguerite! Fénelon! William! Vincent Paul et les autres!
Alphonse! Alfred! Gustave! et tous mes chous...,
....il n'est pas venu.
Je sais, vous vous en doutiez.
Je sais, vous pensez que c'est mieux comme ça.
Moi je sais pas.
J'ai attendu une heure dans la rue devant le restaurant.
Il faisait pourtant un temps sublime, un temps à bonheur.
J'ai vu une dame, très vieille, qui tirait un grosse poussette de marché.
Et une du même âge sortant de la pharmacie à côté, mais très maquillée,
avec une ceinture dorée, et qui a apostrophé l'autre, qui revenait du marché..
L'une a dit qu'elle était rentrée hier de vacances.
L'autre que "ça faisait déjà une semaine".
J'ai vu les garçons du restaurant, ceints de leur tablier blanc, sortir tous un à un,
plusieurs fois sur le trottoir, comme s'ils venaient guetter et attendre avec moi.
Mais ils venaient plutôt goûter le soleil.
J'ai vu un jeune homme de 20 ans, à tout casser, très beau, sortir d'un taxi,
qui le déposait juste devant, et rester là un long moment.
J'ai vu un couple arriver, dont, de loin, lui, l'homme, aurait pû être lui,
(je suis myope) mais ce n'était pas lui.
J'ai vu à l'angle de la rue un homme avec une chemise blanche avancer, reculer,
qui aurait aussi pu être lui, mais il a disparu.
J'ai vu à l'intérieur du restaurant un homme très séduisant, attablé seul (et qui n'était pas lui).
Il m'a fait un sourire, et s'est remis à manger. Comme quoi la vie n'est pas un roman:
il ne m'a pas parlé.
L'heure était passée.
C'était trop tard pour qu'il vienne, c'était plié.
J'ai vu aussi le menu qui était alléchant.
Je lui ai envoyé un texto romantique: "Viens, j'ai faim".
Son téléphone était et reste, soigneusement fermé.
17:58 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Pronostic?
Samedi matin 30 août, Poissons:
" Amour: prenez avec humour une situation désavantageuse que
vous n'avez pas pu éviter.
Soyez bon perdant.
"Celui qui accepte avec le sourire d'être volé vole lui-même quelque chose
à son voleur" (Shakespeare)
Dont acte: ça sent le roussi ! A plus tard, je mets mes bigoudis.
09:04 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
29.08.2008
Etat passager, j'espère.
Ce soir je lis les titres du Monde et cela m'indiffére, je ne ressens plus rien.
"Obama promet le renouveau à l'Amérique" ? mais seigneur je m'en fiche.
"Duran, patron de Carrefour explique sa stratégie" ? mais ça m'est bien égal.
" Malgré un plan ambitieux, Londres a peu réduit la pauvreté" ? mais qui pouvait en douter?
" Nancy expose ses multiples talents"? je m'en tape vraiment.
23:53 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Le dénouement
" Mon ami je ne vous verrai pas, et vous me direz que ce n'est pas votre faute!
mais si vous aviez eu la millième partie du désir que j'ai de vous voir, vous seriez là;
je serais heureuse." (Julie de Lespinasse, Lettre 6)
Le dénouement est proche. Je le sens proche. C'est une affaire d'heures.Je le sais.
Mais je ne sais pas quelle en sera la forme.
Sera-t-il là? Ou ne viendra-t-il pas? Le plus probable, c'est qu'il ne viendra pas,
mais comment en être sûre, sans aller là-bas?
J'ignore d'ailleurs s'il a eu mon message.
J'ai pensé aussi qu'il pouvait être possible qu'il me regarde de loin, sans se manifester, qu'il
regarde simplement si je suis venue.(Ainsi, même pas là, j'imagine possible qu'il y soit!)
Je ne sais rien de ce qui se passera.
Je ne sais pas, s'il n'est pas là, ce qui m'arrivera.
Est-ce que je pleurerai?
Mes jambes trembleront?
Je me sentirai faible? Encore abandonnée?
Ou enfin délivrée?
En tous cas, qu'il soit là, qu'il n'y soit pas, des noeuds seront enfin dénoués.
Le dénouement est maintenant tout près.
12:37 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.08.2008
Lamartine/Fénelon: le match
Dans le métro aujourd'hui (suite).
Un jeune homme charmant se leve de son strapontin pour me laisser sa place,
-Je ne suis pas enceinte, je ne suis pas si vieille, vous êtes bien aimable
- Je vous en prie madame
Un mot, un autre, vous savez ce que c'est: quelques stations plus loin la glace était brisée.
Il s'appelle Alphonse et m'a invitée à faire un tour en barque dimanche. Il connait un lac.
S'il pleut, m'a-t-il dit, c'est pas grave, on ira chez Ikéa.
Nous nous séparons. Ah que dimanche est loin. ..
Mais il vient d e m'envoyer un texto.
Je vous le recopie.Je suis assez émue.
"Le livre de la vie est le livre suprême,
Qu'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix;
Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois,
Mais le feuillet fatal s'y tourne de lui-même:
On voudrait revenir à la page où l'on aime
Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts".
Voilà un joyeux drille comme je les aime!
( wow! ça va être dur d'attendre dimanche. Je crois que je vais l'inviter à déjeuner.
Tiens, samedi midi:Fénelon est à Cambrai sur ses terres. "J'y fais le bien" dit-il.
Seigneur, qu'il y fasse des bêtises si ça lui chante!)
19:08 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Art abstrait
Dans le métro, il y a quelques heures, un jeune type parle dans son portable:
- "Tu vois , moi les meufs j'aime quand elles savent faire abstraction".
Un silence qui correspond sans doute à la question "de quoi?" de son interlocuteur
- "Ben, de tout.
17:16 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
27.08.2008
Assez ri
4
19:00 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
A Jean Eustache
A Jean Eustache, auquel je pense depuis 3 jours...
A ma jeunesse envolée...
A tous ceux qui ont 20 ans aujourd'hui...
(enfin, pas juste aujourd'hui mercredi, mais ces temps-ci)
( Merci d'excuser Fénelon, il a un petit coup de vague à l'âme; cela ne saurait durer,
n'est-ce-pas)
17:27 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.08.2008
Fenelon est un chou (5)
Hier soir donc, j'étais couchée avec Fénelon (oui, j'y suis revenue,c'est ainsi :
mille fois dans une journée mon coeur change d'avis, je peux aimer un homme
à la folie et cinq minutes après en avoir assez, puis à nouveau l'aimer, c'est fatigant?
mais qu'y puis-je ,c'est mon tempérament).
Foin de transports: Fénelon faisait des mots fléchés (comme il dit: "je suis à l'Académie
Française depuis des lustres, faut que ça serve à quelque chose, diantre, ma mie")et moi je lisais
Le Monde.
Fénelon prétend toujours: "Tu ne lis pas Le Monde, tu le déplies, ma mie" (Il est un peu
psychorigide je l'avoue, mais il n'est pas le seul), et donc je froissais avec moult bruit
le quotidien de feu la rue des italiens,
quand une terrible page attira mon regard
: " Gagner 400kms2 sur la mer Jaune" disait le titre.
(édition du 26 aôut)
Un polder géant en Corée du Sud, une folie écologique,
un coût dément, j'hallucinai (au passé simple).
" Lis, lis" exigeai-je de Fénelon.
Alors Fénelon : "Ma mie, je vous ai emmenée chez SFR, je vous emmenerai
là-bas. Partons. Dés demain à l'heure où blanchit la campagne.S'il vous agrée naturellement"
C'est pourquoi je vous écris en chemin.
Les secousses de la caléche sont rudes.Mais Fénelon me sourit.
Nous voilà donc partis.
Qu'ajouter? Fénelon est un chou.
09:07 Publié dans Sentiments | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note



