03.07.2009

Descente des tours

misfits_voiture.jpgDans la chaleur écrasante, toutes elles courent

hier sur la grande dalle de La Défense.

Elles y zigzaguent à toute vitesse, elles sont en robes,

on voit leurs bras, leurs jambes, leurs seins, leurs

épaules, leurs cous, leurs genoux. Beaucoup de robes

 dos nus. De robes à bretelles.

Il est 18 heures. C'est hier.

Elles sont sorties de leurs bureaux climatisés pour rentrer

chez elles, prendre le métro, le RER, elles courent

presque maintenant sur la dalle immense.

Elles passent si vite. Elles sont souvent très jeunes, très minces.

Il fait très chaud.

Elles se dépêchent. Les tours n'offrent aucune ombre. Elles traversent

la dalle, sans aucun sens, dans tous les sens. C'est l'heure de la descente des tours.

 

 

 

02.07.2009

Ligne 13

Photo 675.jpgSur la ligne 13 du métro, mais il y en a d'autres, la RATP emploie des hommes, des femmes, jeunes, pour... comment  dire, je ne sais pas comment dire exactement, contenir, non  ce n'est pas ça, mettre de l'ordre, non ce n'est pas ça non plus, enfin bon pour je sais pas quoi mais quand on y est on voit bien quoi, pour que les passagers arrivent à monter dans les rames tellement elles sont bondées.

Et aussi ne se fassent pas écraser.

Ce ne sont pas des pousseurs, je ne les ai jamais vus pousser les passagers et même quand ils touchent les voyageurs c'est doucement, sans brutalité.

Il faut dire aussi que désormais le matin la foule est si dense qu'on ne peut pas monter dans le métro quand il arrive. Il faut attendre le deuxième si on a de la chance, mais c'est plutôt dans le troisième qu'on  arrivera à monter, et à s'entasser, dans un incroyable agglomérat de corps humains que personne ne devrait pouvoir supporter.

Avant même de commencer la journée c'est comme ça qu'elle commence, dans cet enchevêtrement physique complétement incroyable.

Et je me dis à chaque fois que l'être humain a quand même une démentielle capacité à supporter ce qu'il ne devrait pas supporter, à plier au lieu de se révolter,  mais qu' aussi nous avons une bouleversante capacité, quoiqu'on en dise, à, les uns les autres, nous supporter.

01.07.2009

18 heures dans un parc dans la ville au début de l'été

C'est un bonheur de voir les ombres des feuilles sur les troncs

des arbres. Sur celui-là devant. Sur le tronc rouge de ce pin aussi.

C'est un bonheur de voir le ciel bleu entre les feuilles si vertes des

arbres au-dessus quand on renverse la tête.

C'est un bonheur aussi de s'allonger complètement dans l'herbe ici,

où on n'entend plus le bruit de la ville.

C'est un bonheur de voir derrière, pas loin de nous, assis, un homme.

 Il a un pantalon noir, une chemise blanche. Il est peut-être marocain.

Il a peut-être 60 ans, 65. A côté de lui, une femme. Ils se parlent, calme-

ment. Elle a retiré ses chaussures. Elle a les pieds nus. Elle a à peu près

son âge.

C'est un bonheur de voir des papillons qui courent dans tous les sens, comme

des fous, comme des chauve-souris en plein été, le soir, quand c'est l'heure

que les enfants petits se couchent, mais on les laisse jouer, on pense "c'est quand

 même les vacances" et les enfants rient dans la poussière , ivres de ne pas se coucher,

zigzaguant partout. Comme les chauve-souris folles, comme les papillons ici.

C'est un bonheur de voir de loin en loin sur l'herbe un jeune homme, une jeune fille,

qui rient, ou là-bas une jeune femme en maillot de bain allongée sur le ventre, très jolie,

et qui, à l'ombre, lit tranquillement.

C'est un bonheur de les voir tous, ici et là, simplement, dans le calme, sous les arbres,

dans la fraicheur des arbres...C'est un bonheur de les voir un des premiers soirs de l'été,

c'est un bonheur d'être ici, d'être vivants , c'est un bonheur d'être ici simplement des

humains dans le soir de l'été.

 

30.06.2009

Robes d'étés

L'été, même  dans le métro, l'été c'est beau: on peut vraiment passer le temps

à regarder simplement les femmes et la variété de leurs robes d'été. Je

pensais à ça hier en fin d'après-midi dans un couloir du métro. Une femme

 très belle qui n'était plus très jeune et qui aussi ne semblait pas savoir à quel

point elle était belle, sévère, occupée d'autre chose que de l'image qu'elle donnait,

marchait devant moi. Elle avait une robe merveilleuse, très démodée, blanche,

avec des légères fleurs rouges, et quand elle marchait le tissu qui semblait très

doux de cette robe, montrait à peine, sans qu'elle le sache, j'en suis sûre, la forme

 de ses fesses, en indiquant juste quelques millièmes de secondes à chaque pas,

le petit creux en haut juste avant que les fesses soient séparées, et au pas suivant

on avait l'impression d'avoir rêvé on voyait rien, puis hop ça revenait.

Elle portait délicieusement cette robe qu'elle avait du porter déjà beaucoup d'étés,

d'étés qu'on pouvait imaginer. Une robe d'étés.